À votre santé, mesdames!

Marc Brisson, professeur d'épidémiologie à la Faculté de... (Photo Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Marc Brisson, professeur d'épidémiologie à la Faculté de médecine de l'Université Laval, aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la modélisation mathématique et l'économie de la santé liée aux maladies infectieuses, rappelle que Santé Canada a jugé le profil de sécurité du vaccin contre le VPH très bon, tout comme d'autres pays.

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À l'occasion de la fête des Mères, Le Soleil s'arrête sur l'état de santé des Québécoises. Présentation de quelques unes des principales maladies, les plus récentes statistiques disponibles, et un rappel des rendez-vous d'une vie pour une meilleure santé. »

Sophie Gall

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Le Soleil

(Québec) Mamans du Québec, bonne fête!À l'occasion de la fête des Mères, jetons un coup d'oeil sur la santé des Québécoises, jeunes et moins jeunes, mères, grands-mères, amantes, aimantes, ainsi que toutes les autres.

Le virus du papillome humain (VPH) est à l'origine du cancer de l'utérus. Avant de se transformer en cancer, il y a de fortes chances qu'une femme atteinte élimine naturellement le VPH. Pourquoi se faire vacciner contre ce virus si on guérit naturellement? C'est comme la grippe, on peut en guérir. Mais on se fait vacciner parce que le jeu des probabilités est hasardeux : oui, il y a des grippettes de rien du tout, ou des «grippes d'homme» qui nous clouent au lit. Et il y a des grippes qui finissent mal.

C'est un peu la même chose avec le VPH : souvent, tout se termine bien. Plus rarement, ça vire au cauchemar. Alors, pourquoi pas un vaccin contre le cauchemar?

Il existe deux vaccins contre le VPH. Le Cervarix, un vaccin bivalent qui protège contre les souches 16 et 18 du VPH, «les souches qui causent 70 % des cancers du col de l'utérus», explique Marc Brisson, professeur d'épidémiologie à la Faculté de médecine de l'Université Laval. Le Gardasil, quant à lui, est quadrivalent et protège donc contre les souches 6, 11, 16 et 18. Les souches 6 et 11 «causent de 85 à 90 % des verrues génitales, une maladie sexuellement transmissible», rappelle le professeur Brisson. Femmes et hommes sont donc concernés. «Au Québec, en 2002 et en 2006, on a dénombré 420 cancers chez les femmes reliés au VPH, et 140 chez les hommes», mentionne Marc Brisson, qui est aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la modélisation mathématique et l'économie de la santé liée aux maladies infectieuses.

Outre le cancer du col de l'utérus, le VPH peut être à l'origine des cancers de l'oropharynx, de l'anus et du pénis.

Polémique

La vaccination contre le VPH est controversée : en plus de l'argument de la guérison naturelle, on entend aussi dire que l'argent investi devrait être alloué au dépistage, qui se fait grâce au test de Papanicolaou (Pap test), un examen gynécologique désormais routinier. Le fait que ce ne soit pas une épidémie est aussi invoqué, ou qu'il n'y aurait pas eu assez de gens vaccinés lors des essais cliniques.

Marc Brisson rappelle que Santé Canada a jugé le profil de sécurité du vaccin très bon, tout comme d'autres pays. Certes, le VPH n'est pas une épidémie et de nombreuses femmes vont en guérir naturellement. Mais c'est souvent le propre des vaccins : on vaccine un grand nombre de personnes, alors qu'un petit nombre de gens aurait contracté la maladie. Parce que la maladie, quelle qu'elle soit, «ça n'arrive pas qu'aux autres».

«Le but de la vaccination, c'est de protéger toute la population», insiste l'expert en la matière. «Pour 324 filles vaccinées, on évite un cancer du col de l'utérus», indique-t-il, en ajoutant que «pour 8 à 10 filles vaccinées, on empêche une lésion précancéreuse».

«Si on n'implante pas un vaccin, ça suscite une controverse, et si on l'implante, ça suscite une controverse aussi», dit Marc Brisson. Et la polémique se décline de différentes façons. «En Grande-Bretagne, quand les autorités ont implanté le vaccin, la controverse portait sur le fait que c'était le vaccin bivalent et non pas le quadrivalent, se souvient-il. Ici, comme ailleurs, il y a aussi eu controverse parce qu'on ne vaccine pas les garçons...»

Statistiques et données sur les femmes

83,8 ans est l'espérance de vie (données de 2012), 81,9 ans en 2000

Cancer: principale cause de décès, comme il y a 10 ans. Le cancer des poumons est le plus meurtrier.

23 000 nouveaux cas par année de cancers du sein, au Canada, et 5000 décès sur la même période

54,8 %: taux de Québécoises qui ont des problèmes de santé de longue durée (données de 2010-2011)

Maladies les plus répandues : arthrite et rhumatisme, hypertension, maux de dos

Sources : ISQ, INSPQ et Collège des médecins du Québec

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