30 000 entreprises à reprendre d'ici 10 ans

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Vincent Lecorne, président du Centre de transfert d'entreprise du Québec (CTEQ)

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(Québec) La relève et le transfert d'entreprise sont au coeur du développement économique du Québec avec la préparation à la retraite d'un grand nombre de baby-boomers.

La relève et le transfert d'entreprise sont au coeur du développement économique du Québec avec la préparation à la retraite d'un grand nombre de baby-boomers

Les statistiques conservatrices indiquent qu'environ 30 000 chefs d'entreprises pourraient céder ou transférer leur entreprise dans les dix prochaines années. La réalité pourrait même frôler les 60 000, estime Vincent Lecorne, président du Centre de transfert d'entreprise du Québec (CTEQ), la plateforme centrale mise en place pour faciliter les démarches entre les repreneurs et les cédants.

Le CTEQ apparaît comme un révélateur du marché et un catalyseur pour que s'effectue le changement de dirigeants dans les meilleures conditions possible.

«C'est une vague importante et elle va augmenter avec le temps», ajoute M. Lecorne. «L'enjeu de la relève a été déjà été soulevé il y a plusieurs années par de nombreuses instances. Nous constatons que la vague grossit, mais aussi qu'elle s'étire dans le temps. Les propriétaires dirigeants ne quittent pas nécessairement à 65 ans. La moyenne d'âge des départs s'étire elle aussi.»

Bien qu'il y aura un grand volume de départ, tout ne se passera pas du jour au lendemain. Les propriétaires dirigeants restent en poste plus longtemps. Ils ont du mal à partir soit qu'ils ont mal planifié leur sortie, soir qu'ils ne s'y sont pas préparé.

«J'entends de belles histoires de gens qui sont dans le processus de transfert ou qu'ils l'ont réalisé. Ils veulent un montant juste pour leur entreprise, non pas pour faire de l'argent, mais pour assurer un niveau de vie intéressant pour les années à venir. J'entends qu'ils ont à coeur la pérennité de leur entreprise. Ils veulent que les emplois soient conservés et que les valeurs de l'entreprise se poursuivent entre les mains de personnes en amenant l'entreprise à un autre niveau,» assure-t-il.

Par contre, les dirigeants n'ont ni communiqué ni exposé leurs réflexions aux membres de la famille qui pourrait prendre la relève, encore moins aux gens de leur équipe ou aux actionnaires. «Ce qui est compliqué, ce n'est pas comment le faire, mais le «qu'est-ce qu'on veut» en fonction de ses valeurs. C'est pour cela que tous les transferts sont différents et qu'il y a plusieurs formules pour le transfert d'entreprise,» ajoute-t-il.

Pour les dirigeants, il y a plus défi dans la croissance de l'entreprise, le développement de nouveaux marchés ou la mise au point d'un nouveau produit que de planifier sa sortie du monde des affaires. Pourtant, le changement de garde dans l'entreprise est tout un défi. Cela exige du dirigeant de mettre le projet sur la plus haute marche des priorités et dans la planification quotidienne pour que le transfert se fasse dans un délai raisonnable d'une année ou deux au lieu de quatre, cinq ou dix ans.

«En parler, c'est une chose. Passer à l'action c'est le gros défi. C'est difficile, car il faut que ça devienne une priorité», estime M. Lecorne. «Les dirigeants ne veulent pas être un frein pour l'entreprise, mais les jeunes doivent aussi apprendre à faire leur place en tassant en douceur les propriétaires actuels. Ça fait partie des étapes du transfert. Ça demande beaucoup d'humilité et de prise de conscience. C'est une démarche qui touche les émotions. Ce nsEst pas mécanique comme regarder le changement de direction sous les angles comptable, fiscal ou juridique. Tout le côté humain doit être abordé de la bonne manière. Souvent, il faut être accompagné par un professionnel des ressources humaines ou de la médiation, voire un psychologue industriel.»

Souvent, lorsqu'il se met à penser et à parler de transfert, le dirigeant se sent comme dans une pièce noire, sans lumière. «Le mandat du CTEQ, c'est justement de faire un peu de lumière et de montrer le processus qui préparera la relève et la sortie du propriétaire», affirme M. Lecorne.

LE CTEQ

Le CTEQ est un organisme de deuxième ligne avec des séances de sensibilisation et d'information, de la formation pour démystifier le transfert d'entreprises à divers point de vue pour les cédants et les repreneurs et de l'accompagnement pour les deux parties comme entité neutre.

Outre le maillage et les rencontres, le CTEQ a mis en place un outil nommé l'index, un répertoire des gens qui veulent céder, de ceux qui veulent reprendre une compagnie et les professionnels du transfert d'entreprise.

Actuellement, il y a plus de 300 propriétaires dirigeants, 3200 repreneurs et plus de 500 professionnels se sont affichés dans cet index.

Parmi les options, outre la cession à un membre de la famille, le dirigeant peut en parler avec les employés qui peuvent créer une coopérative de travailleurs. Parfois, un fournisseur peut souhaiter à reprendre l'entreprise. D'autres fois, c'est un concurrent. 




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