FAB 3R:  histoire d'un sauvetage

Un trio d'actionnaires qui ne regrettent pas leur... (Photo le nouvelliste, François Gervais)

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Un trio d'actionnaires qui ne regrettent pas leur aventure dans la création de FAB 3R : Yves Lacroix, président-directeur général, Chantal Rochette, directrice au développement des affaires, et Martin Magny, directeur des opérations.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À l'automne 2012, le directeur de l'usine GLV à Trois-Rivières, Yves Lacroix, apprend que les installations centenaires ne font plus partie des plans de la société mère et qu'une fermeture définitive est prévue pour le mois de mars 2013. Spontanément, il offre à d'autres collègues d'acquérir l'entreprise. Résultat? En novembre 2013, on procède à l'inauguration de FAB 3R.

«C'était inacceptable de perdre 150 emplois avec toutes les fermetures qu'on avait connues. On a saisi l'opportunité, car on croit au potentiel manufacturier», explique celui qui occupe maintenant la fonction de président-directeur général de la nouvelle entité.

En septembre 2013, le président et chef de la direction de GLV, Richard Verreault, avait profité de l'assemblée générale annuelle pour annoncer la vente de l'usine à des actionnaires locaux. «C'est la meilleure décision pour le futur de l'entreprise», avait déclaré le fils de Laurent Verreault, originaire de La Tuque. D'ailleurs, cet attachement envers la région n'est pas étranger au fait que le cédant «ait facilité les choses» pour la transaction. Le Groupe Laperrière & Verreault avait mis la main sur l'ancienne usine Canron en 1989.

Après avoir rassuré clients et employés, Yves Lacroix et ses partenaires, Chantal Rochette et Martin Magny, ont réussi à maintenir les activités de l'atelier de 200 000 pieds carrés, demeurant ainsi l'un des plus importants manufacturiers nord-américains spécialisés dans l'usinage, la fabrication et le montage mécanique d'équipements lourds et de pièces de grandes dimensions. Si le secteur des pâtes et papiers alimente toujours la moitié du chiffre d'affaires, le reste du carnet de commandes est partagé entre les mines, l'énergie, l'hydroélectricité et l'industriel.

pavé de défis

Il n'en demeure pas moins que de l'aveu même du président-directeur général de FAB 3R, le cheminement du management buy-out était pavé de défis. Évidemment, fallait-il discuter avec les sources de financement. Entre autres, le trio d'actionnaires a pu bénéficier d'un coup de pouce de près de 700 000 dollars de la part du Fonds de diversification économique mis en place en Mauricie et au Centre-du-Québec par le gouvernement du Québec  à la suite de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2. Mais le montage financier se complique, dit-il, quand le contexte est marqué d'une crise économique et que le secteur manufacturier «n'est pas sexy» aux yeux des prêteurs. 

Si l'avenue d'un partenariat stratégique s'est avérée davantage un piège qu'un atout, la paix industrielle de six ans obtenue du syndicat aura constitué un élément clé à la concrétisation du transfert d'entreprise. Alors que la convention collective devait venir à échéance en mai 2014, le contrat de travail a été prolongé jusqu'en mai 2020. D'ailleurs, parmi les leçons qu'il tire de son expérience, Yves Lacroix aborderait davantage cette question sous l'angle des conditions de relance plutôt que celle des négociations. «On sous-estime le temps que ça va prendre pour finaliser la transaction et tourner la page», avoue-t-il.

Celui-ci suggère à tout repreneur de «prendre le temps de bien faire le plan d'affaires». «C'est la pierre angulaire du projet», soutient-il avec conviction.

Le président du nouveau créneau d'excellence pour la conception et la fabrication des machines admet qu'il doit apprendre à vivre avec les rôles simultanés d'entrepreneur, d'actionnaire et de dirigeant. Et à l'interne, un changement de mentalité doit s'opérer alors que l'usine relevait auparavant d'une multinationale.

Et si c'était à refaire? «On le ferait encore, mais avec de la formation et de l'information au préalable. On établirait un plan de match pour mieux gérer notre temps. On ferait une meilleure diligence raisonnable et on ferait appel aux experts pour un meilleur accompagnement au niveau légal, fiscal et du financement», conclut celui qui dit avoir sauté dans l'aventure avec «la naïveté du débutant».

FICHE

Nom de l'entreprise : FAB 3R

Date de naissance de l'entreprise : 15 novembre 2013

Secteur d'activité :

pâtes et papiers, hydroélectricité, mines

Nombre d'employés : 140

Propriétaire cédant : GLV

Repreneurs : Yves lacroix, Chantal rochette

et Martin Magny




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