Épargner dans la soixantaine

Chacun des grands groupes d'âge a ses préoccupations par rapport à l'épargne.... (Infographie Le Soleil)

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Parvenir à épargner peut dépendre de ses conditions de travail, de santé, de ses responsabilités familiales. Et ces conditions peuvent varier selon que vous êtes dans la trentaine, à la mi-quarantaine, ou dans la soixantaine avec la perspective d'une retraite. C'est en souhaitant répondre à quelques-unes des questions que se posent ces trois groupes d'âge que Le Soleil aborde cette année ses cahiers REER. »

Raphaëlle Plante, Jean-Michel Genois Gagnon

Collaborations spéciales

Le Soleil

(Québec) Chacun des grands groupes d'âge a ses préoccupations par rapport à l'épargne. Dans notre série, Le Soleil s'arrête aujourd'hui sur les questions que soulèvent les personnes dans la soixantaine. Tout comme ils l'ont fait pour les trentenaires (le 24 janvier) et ceux de la mi-quarantaine (le 31 janvier), nos experts s'attardent aujourd'hui à la génération qui pense à la retraite à venir.

Q Est-ce une bonne idée de cotiser à un fonds de travailleurs (FTQ, CSN) quelques années avant la retraite?

R En fait, c'est à ce moment que c'est le plus intéressant, signale Marc-Antoine Reid. Les fonds de travailleurs rassemblent de petites entreprises, qui ont de petites capitalisations, et le rendement est moins intéressant à long terme. Cotiser sur une longue période représente donc un sacrifice plus long. Avec le crédit d'impôt qui est rajouté, on a un avantage fiscal supplémentaire, indique pour sa part Sophie Sylvain. Mais ça demeure du capital de risque, et il ne faut pas avoir une aversion au risque. En le détenant moins longtemps, on minimise le risque tout en maximisant le rendement. Le crédit d'impôt au provincial est de 15 %, tandis que celui au fédéral était aussi de 15 % jusqu'en 2014, mais il est maintenant appelé à disparaître progressivement d'ici 2017. Il est de 10 % en 2015 et sera de 5 % en 2016. Mme Sylvain rappelle aussi que les contributions faites aux fonds de travailleurs doivent rester placées pour au moins deux ans avant le retrait - qui ne peut pas, en règle générale, être effectué avant la retraite.

Q À l'aube de la retraite, faut-il sécuriser tous ses placements?

R A priori, oui, mais... Comme l'indique Pierre Payeur, il est effectivement approprié d'opter pour une stratégie de placements plus conservatrice et sécuritaire au début de la soixantaine. Toutefois, l'horizon de placement peut être encore long en raison de l'espérance de vie. Selon Le bilan démographique du Québec 2014 de l'Institut de la statistique du Québec, l'espérance de vie actuelle pour les Québécois de 65ans est de 19ans pour les hommes et de 22 ans pour les femmes. Si une personne de 60ans prévoit commencer à décaisser pour sa retraite dans cinq ou six ans, cela peut donc se poursuivre sur une quinzaine, voire une vingtaine d'années. Avec un portefeuille trop sécuritaire, il y a un risque de survivre à son patrimoine, de ne plus avoir d'argent à la fin. À 80 ans, peut-être que les soins de santé vont avoir augmenté alors que le retraité fera moins de voyages. Il doit être capable de maintenir son pouvoir d'achat, ce qui n'est pas possible avec seulement de l'épargne à terme.

Q Qu'advient-il des placements d'une personne si elle décède?

R Tout dépend si la personne est mariée ou non, si elle a des enfants et - point fondamental - si elle a un testament. Il est faux de croire que tout le monde en a un à 60ans, soulève Mme Sylvain. En fait, moins de la moitié des gens de cet âge en ont un, et la moitié de ceux qui détiennent un testament en ont un qui n'est pas à jour. De quoi causer bien des maux de tête aux proches survivants... En vertu du Code civil, si la personne décédée a un conjoint de fait, ce dernier n'obtiendra rien des actifs du défunt en l'absence de testament; ce sont les enfants du couple qui hériteront ou, s'il n'y en a pas, la famille immédiate du défunt (parents, frères, soeurs). En ce qui a trait précisément au REER, il y aura roulement au conjoint survivant si cela est inscrit dans le testament. Le roulement au conjoint est non imposable, mais il l'est pour quelqu'un d'autre (sauf exception, comme pour des enfants mineurs ou encore une personne handicapée à charge). Le CELI peut également être transféré au conjoint survivant, mais pas les droits inutilisés, indique Marc-Antoine Reid. Par exemple, une personne dont le conjoint décède en 2015 et qui avait accumulé 26 000 $ dans un CELI sur un maximum de 36 500 $ pourra récupérer l'argent, mais pas les droits inutilisés de 10 500 $.

Q Est-ce préférable de cotiser avant tout dans son REER ou dans son CELI peu de temps avant la retraite?

R La réponse dépendra du taux marginal d'imposition que la personne s'attend à avoir à la retraite, dit Marc-Antoine Reid. Si on anticipe un taux d'imposition moins élevé, ce qui est souvent le cas, on privilégiera alors de cotiser avant tout à son REER. Mais si on s'attend à un taux égal ou plus élevé à la retraite que lors des dernières années sur le marché du travail, on optera dans ce cas pour le CELI. Puisque c'est souvent avant la retraite que les revenus sont les plus élevés, ça peut être très payant d'utiliser les droits de cotisation inutilisés au REER pour maximiser les remboursements d'impôt, ajoute Mme Sylvain. Toutefois, il peut être aussi fort intéressant de maximiser les cotisations au CELI pour pouvoir laisser le REER à l'abri de l'impôt jusqu'à 71 ans - année de transfert dans un FERR. Il est avantageux de retarder ce transfert le plus possible puisqu'il y aura un impact fiscal : le retrait sera imposable. Les premiers décaissements à la retraite se feraient donc à partir du CELI.

Q Est-ce que c'est une bonne idée d'utiliser l'argent de la vente de sa maison pour financer sa retraite?

R Ça peut être une solution.  Cependant, il faut considérer que vous allez avoir besoin d'un autre logement. Si on vend sa maison et on achète une autre maison de la même grosseur, il y a de fortes chances que le prix soit le même. Il n'y aura alors aucun gain monétaire pour financer sa retraite. Il faut plutôt se tourner vers quelque chose de plus petit ou aller en loyer, indique Martin Bédard, de SSQ Groupe financier. Oui, on peut utiliser l'argent de la vente de sa maison pour planifier sa retraite, mais il faut bien le planifier.

Q Est-il important que les parents discutent d'épargne avec leurs enfants?

R Oui, ils ont une influence importante, assure Jocelyne Houle-LeSarge, de Question Retraite. Un sondage de Question Retraite indique que les parents ont un rôle important dans la gestion des finances personnelles de leurs enfants. En effet, les deux tiers des travailleurs québécois de 25 à 44ans jugent que leurs parents ont joué un rôle très ou assez important sur la gestion de leurs finances personnelles. Ils ont influencé leurs enfants de deux manières : par leur réussite lorsqu'ils arrivent à la retraite; financièrement solide, ou lorsqu'ils arrivent à 60 ans et disent qu'ils ne pourront jamais arrêter de travailler. Souvent, ils disent alors à leur enfant : «Ne fais pas comme moi et économise avant.» Selon le sondage, 56 % des personnes de 45 à 64 ans estiment avoir eu une influence en matière d'épargne sur leurs enfants. Il faut parler d'argent. Nous ne demandons pas aux proches des 25 à 44 ans d'agir à titre de conseillers en finances personnelles, mais plutôt d'encourager les personnes qui leur sont chères à se renseigner auprès de professionnels.

Q Où placer son épargne en 2015?

R J'ai toujours tendance à privilégier la Bourse américaine pour deux raisons. Premièrement, si le dollar canadien baisse, lorsque vous êtes aux États-Unis, vous êtes un bénéficiaire si vous êtes en dollars américains. Deuxièmement, la Bourse américaine est une vraie Bourse, souligne l'économiste en chef d'Industrielle Alliance, Clément Gignac. Au Canada, si vous ramassez les ressources naturelles et les banques, vous avez les deux tiers du marché. Aux États-Unis, les banques et les ressources naturelles ne représentent que 25 % du marché. Ma première recommandation est toujours de favoriser le marché boursier américain qui se transige à des niveaux de valorisation très acceptables et qui n'est pas à sa cinquième année d'expansion. L'an dernier, nous avons récupéré les emplois que nous avions perdus durant la récession financière. L'économie américaine est dans sa première année d'expansion du marché du travail.

Q Quel est le meilleur moment pour convertir vos REER en FERR?

R Quand vous en avez besoin! Pas un besoin ponctuel, pour lequel un simple retrait du REER fait très bien l'affaire, mais un besoin récurrent, soutient Christian Dufour, vice-président exécutif à La Capitale. Il est beaucoup plus souple, et moins coûteux, de le faire à partir d'un FERR que d'un REER. Pour bien des gens, cela veut dire dès le début de la retraite.

> LES EXPERTS CONSULTÉS

Pierre Payeur: conseiller principal en gestion du patrimoine et assurances de personnes chez Desjardins

Marc-Antoine Reid: directeur régional pour le Groupe Investors dans Lebourgneuf

Sophie Sylvain: planificatrice financière chez Desjardins

Martin Bédard: vice-président régional, institutionnel et gestion privée chez SSQ Groupe financier

Christian Dufour: vice-président exécutif, assurance individuelle et services financiers à La Capitale

Clément Gignac: vice- président principal et économiste en chef de l'Industrielle Alliance

Jocelyne Houle-LeSarge: présidente de Question Retraite

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