Épargner dans la mi-quarantaine

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Parvenir à épargner peut dépendre de ses conditions de travail, de santé, de ses responsabilités familiales. Et ces conditions peuvent varier selon que vous êtes dans la trentaine, à la mi-quarantaine, ou dans la soixantaine avec la perspective d'une retraite. C'est en souhaitant répondre à quelques-unes des questions que se posent ces trois groupes d'âge que Le Soleil aborde cette année ses cahiers REER. »

Raphaëlle Plante, Jean-Michel Genois Gagnon

Collaborations spéciales

Le Soleil

(Québec) Les priorités à l'épargne peuvent évoluer selon l'âge de chacun. Après les questions des trentenaires
la semaine dernière, qu'en est-il pour les personnes qui sont dans la mi-quarantaine? Nos experts répondent à quelques questions. Samedi prochain: les questions que se posent les personnes dans la soixantaine.

Q Si j'ai du rattrapage à faire, est-ce envisageable de refinancer mon hypothèque pour me permettre de cotiser à mon REER?

R En effet, il s'agit d'une stratégie à envisager, indique Marc-Antoine Reid. Si une personne a les moyens de payer une hypothèque plus élevée, le fait de refinancer son hypothèque pour faire des placements dans son REER lui permettra de contribuer davantage à sa retraite, et les cotisations engendreront un retour d'impôt puisqu'elles sont déductibles du revenu imposé. Toutefois, il importe de faire preuve de prudence afin de ne pas se mettre dans une situation d'endettement problématique. Aussi, le remboursement de l'hypothèque ainsi refinancée sera-t-il terminé au moment de la retraite? Si ce n'est pas le cas, ce sera une dépense importante à considérer au moment d'établir son budget de retraite.

Q Qu'advient-il de mes placements si je fais une faillite personnelle?

R Les comptes immobilisés, comme les comptes de retraite immobilisés (CRI), sont non saisissables, signale M. Reid. Il en va de même pour les régimes de pension agréés (RPA) ainsi que pour les REER, sauf pour les cotisations effectuées au cours des 12 derniers mois précédant la faillite. Toutefois, le CELI peut être saisi.

Q Pourquoi devrais-je me faire faire un plan de retraite, si je n'en ai pas déjà un?

R Il s'agit du point le plus important à la mi-quarantaine, ça fait tellement de sens à cet âge-là! insiste Pierre Payeur. Malheureusement, les gens ont tendance à se présenter en caisse vers 50, 55ans, quelques années plus tard, alors qu'à 45 ans, il faut s'asseoir et là les changements de comportement seront beaucoup moins «violents» que plus tard. Il s'agit, selon M. Payeur, soit de se rassurer par rapport à ce qui a déjà été fait, soit de se retrousser les manches pour agir sur ce dont on a le contrôle, puisqu'il est encore possible de faire du rattrapage en vue de la retraite.

Q En quoi est-ce bénéfique pour mes placements d'avoir recours à un conseiller financier?

R Selon le plus récent sondage de l'organisme Question Retraite effectué auprès des Québécois en avril 2014, seulement deux répondants sur cinq (41 %) affirment consulter régulièrement un professionnel de la planification financière pour faire le point sur leur épargne-retraite. Pourtant, le recours à un conseiller financier engendre des avantages indéniables à long terme, signale Pierre Payeur. Selon une étude du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) parue en 2012, la croissance des actifs d'une personne qui consulte un conseiller sera de 1,58fois plus élevée qu'une personne sans conseiller après quatre à six ans. Après 15 ans, la croissance des actifs du client ayant recours au conseil sera 2,73 fois plus élevée que la personne qui gère elle-même ses placements. De plus, les ménages qui ont un service de conseil ont un taux d'épargne deux fois plus élevé que celui des ménages qui n'ont pas recours à un conseiller (8,6 % contre 4,3 %). Enfin, la présence d'un conseiller financier se traduit par un écart positif de plus de 13 % quant à la probabilité qu'un répondant indique avoir confiance qu'il vivra confortablement à la retraite.

Q De plus en plus de gens continuent de travailler à la

retraite. Pourquoi?

R Historiquement, les gens travaillaient 40 ans pour un même employeur, ils avaient un fonds de pension et ils prenaient leur retraite. Par la suite, ils en profitaient trois ou quatre ans avant de mourir. Maintenant, il y a environ 50 % de la population qui ne possède pas de fonds de retraite. L'économie a changé, la société a changé; cela fait que l'emploi est beaucoup plus précaire, signale Jocelyne Houle-LeSarge. Il est important de se prendre en main jeune et d'économiser! Un autre phénomène est l'espérance de vie qui a allongé. Les gens s'aperçoivent qu'ils vont être plus longtemps à la retraite, que ça va prendre plus d'argent. Il y a aussi le fait que certaines personnes ne veulent tout simplement pas arrêter de travailler, ce n'est pas toujours une question financière.

Q Est-il trop tard pour commencer à économiser à la mi-quarantaine?

R Jamais. Cependant, on va devoir mettre les bouchées doubles. Il y a des gens qui commencent à épargner seulement dans la cinquantaine parce qu'ils ont terminé de payer la maison, les études des enfants...  Au lieu de 100 $ par mois à 25 ans, on peut mettre 3000$ par mois, car il y a moins de dettes. Il est toutefois préférable de commencer le plus jeune possible et savoir où on s'en va, affirme MmeHoule-LeSarge.

Q Est-il mieux de finir de payer son hypothèque ou d'investir dans des REER?

R La réponse qu'on donne est de faire annuellement sa contribution au REER. Naturellement, il va y avoir un retour d'impôt et avec celui-ci, vous pouvez vous en servir pour diminuer votre hypothèque. On va faire travailler un peu plus d'argent. Il faut faire une combinaison des deux.

Q Combien je dois épargner chaque année si j'ai entre 35et 45 ans?

R Le montant annuel à mettre de côté est propre à chacun, selon sa situation personnelle. Il faut faire un budget, c'est la base. Des outils existent sur le Web pour aider les Québécois à simuler ces épargnes nécessaires annuellement, notamment le calculateur Mon plan, je le fais maintenant! disponible sur le site Web de Question Retraite. Il est aussi bon de contacter un professionnel pour y voir plus clair sur sa situation.

Q Est-ce préférable de cotiser à un REER ou un CELI à 40 ans et est-il encore important d'avoir un fonds d'urgence?

R Ça dépend, chaque cas est individuel et doit être analysé. On doit tenir compte de l'incidence que les retraits auront, une fois à la retraite, sur votre admissibilité aux programmes sociaux. Une combinaison des deux peut être bonne. Ça dépend de la situation personnelle de la personne. Pour le fonds d'urgence, il n'a pas d'âge. On ne sait jamais quand on peut perdre son emploi ou que la maison passe au feu et que ça prend plusieurs mois avant que les assurances règlent le dossier, explique la présidente de Question Retraite.

LES TROIS EXPERTS CONSULTÉS :

Pierre Payeur : conseiller principal en gestion du patrimoine et assurances de personnes chez Desjardins

Marc-Antoine Reid : directeur régional pour le Groupe Investors dans Lebourgneuf

Jocelyne Houle-LeSarge : présidente de Question Retraite

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