Épargner dans la trentaine

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Le rôle du conseiller financier en est un d'éducation, mais qu'il se doit de respecter le niveau de tolérance au risque propre à chacun.

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Parvenir à épargner peut dépendre de ses conditions de travail, de santé, de ses responsabilités familiales. Et ces conditions peuvent varier selon que vous êtes dans la trentaine, à la mi-quarantaine, ou dans la soixantaine avec la perspective d'une retraite. C'est en souhaitant répondre à quelques-unes des questions que se posent ces trois groupes d'âge que Le Soleil aborde cette année ses cahiers REER. »

Jean-Michel Genois Gagnon, Raphaëlle Plante

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Parvenir à épargner peut dépendre de ses conditions de travail, de santé, de ses responsabilités familiales. Et ces conditions peuvent varier selon que vous êtes dans la trentaine, à la mi-quarantaine, ou dans la soixantaine avec la perspective d'une retraite. C'est en souhaitant répondre à quelques-unes des questions que se posent ces trois groupes d'âge que Le Soleil aborde cette année ses cahiers REER. Quatre experts ont généreusement accepté de répondre à nos questions et nous les en remercions.

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Marc-Antoine Reid, directeur régional pour le Groupe Investors dans Lebourgneuf

Carl Yergeau, analyste en planification financière avancée chez... - image 1.1

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Carl Yergeau, analyste en planification financière avancée chez Industrielle Alliance

Q Le régime enregistré d'épargne-études (REEE) est-il une stratégie intéressante à adopter si j'ai des enfants?

R Certainement!  Et plus les contributions au régime se font tôt dans la vie de l'enfant - voire dès sa naissance -, plus elles seront optimisées. «Il ne faut pas négliger le REEE [...] Pour une jeune famille avec une capacité d'épargne restreinte, il y a une fenêtre d'opportunité réduite pour l'utiliser, soit avant que les enfants aient 18 ans. Avec les avantages que ce régime procure, soit les subventions gouvernementales, il serait dommage de passer à côté», signale Sophie Sylvain. «Le REEE est sous-estimé et sous-utilisé. Les contributions au régime sont récupérables, puisque le capital investi appartient au souscripteur. Il peut donc réinvestir ces sommes par la suite, par exemple pour l'épargne-études d'un autre enfant ou dans son REER», explique Marc-Antoine Reid. Les subventions des gouvernements fédéral et québécois totalisent au minimum 30 % du montant investi annuellement. S'ajoutent à cela les revenus des placements effectués.

Q Pourquoi épargner quand les taux d'intérêt sont si bas?

R Au début de la trentaine, alors que la majorité des gens sont sur le marché du travail et commencent à avoir des revenus plus stables, il peut sembler peu attrayant de mettre de l'argent de côté avec des taux d'intérêt qui laissent présager des rendements faméliques. Toutefois, de jeunes épargnants peuvent se permettre d'effectuer des placements plus risqués qui offrent de meilleurs rendements, puisque leur horizon de placement s'échelonne sur des dizaines d'années en ce qui concerne la retraite. «Il faut éduquer le client à cette prise de risque bénéfique si elle est bien faite, mais il ne faut pas aller à l'encontre de la nature de la personne pour ne pas perdre sa confiance», indique Marc-Antoine Reid. Celui-ci souligne que le rôle du conseiller financier en est un d'éducation, mais qu'il se doit de respecter le niveau de tolérance au risque propre à chacun. 

Q Peut-il être bénéfique d'emprunter pour épargner?

R Dans certaines circonstances, cela peut être avantageux. Toutefois, il importe de faire preuve de «rigueur et discipline», martèle Sophie Sylvain. Une stratégie simple de rattrapage pour une personne qui n'a pas optimisé son épargne-retraite dans les années précédentes consiste à aller chercher un «prêt REER» pour compléter ce qu'elle avait prévu cotiser. Par exemple, en cotisant 3000 $ de sa poche et en allant chercher 2000 $ de prêt REER, ce sont 5000 $ qui fructifieront à l'abri de l'impôt. «Avec un taux marginal d'imposition moyen d'environ 40 %, le retour d'impôt engendré par la cotisation au REER devrait être autour de 2000$, qui servira à rembourser le prêt», indique Mme Sylvain. Si ce retour sert à autre chose, l'endettement de la personne pourrait en souffrir. Toutefois, si l'épargnant a déjà des dettes à des taux d'intérêt plus élevés que celui d'un prêt REER, il serait alors stratégiquement intéressant de prendre le remboursement d'impôt pour se débarrasser de ces dettes, ce qui améliorerait la situation d'endettement, note Marc-Antoine Reid.

Q Doit-on épargner quand même si on a un régime de retraite avec son employeur?

R Le régime de retraite - communément appelé fonds de pension- «est un bon élément de départ, qu'on va prendre en considération quand on va faire une projection de retraite», signale Sophie Sylvain, ajoutant toutefois «qu'il y aura un coût à changer d'emploi au cours de sa carrière». Comme les travailleurs d'aujourd'hui sont plus mobiles et changent plus souvent d'emploi au cours de leur carrière, il devient encore plus important de garder le contrôle sur la planification de leur retraite. «Au Québec, 47 % des travailleurs ne participent à aucun régime de retraite. Ce ne sont pas seulement des travailleurs autonomes, il y a beaucoup de salariés à l'emploi d'entreprises qui n'offrent pas de fonds de pension.» En faisant un plan de retraite, qui prend en considération la présence ou non d'un fonds de pension, les REER et CELI accumulés, les montants des rentes gouvernementales qu'on s'attend à recevoir, l'âge souhaité de la prise de la retraite, etc., l'épargnant aura l'heure juste sur l'effort qu'il aura à faire.

Q Le REER au conjoint est-il une option intéressante s'il y a une grande différence entre les revenus des conjoints?

R Par REER au conjoint, on entend que la personne dans le couple qui a les revenus les plus élevés fait des cotisations au REER de son conjoint qui a moins de revenus. «Il y a un élément à ne pas négliger pour prendre une décision : le statut matrimonial. Quand on est marié ou uni civilement, la notion de partage du patrimoine familial va rentrer en ligne de compte. Comme les régimes enregistrés en font partie, le conjoint qui a contribué ne perd pas tout nécessairement [s'il y a séparation]», explique Sophie Sylvain. «Pour les conjoints de fait, s'il y a séparation, le contributeur n'a plus droit à l'argent donné au conjoint, cela ne rentre pas dans le partage du patrimoine familial. Comme on sait qu'il y a beaucoup de conjoints de fait [au Québec], et que beaucoup se séparent... c'est à prendre en considération», ajoute Mme Sylvain. Selon le plus récent Bilan démographique publié par l'Institut de la statistique du Québec en décembre, pas même le tiers des Québécois convolent en justes noces avant leur 50e anniversaire. «Au début de la trentaine, les gens sont encore jeunes et leurs revenus peuvent évoluer de plein de façons. Il peut être plus avantageux pour un couple d'attendre et de fractionner leurs revenus à la retraite, ce qui est désormais possible», souligne Marc-Antoine Reid.

Q Une personne avec des dettes d'études doit-elle d'abord les rembourser avant de penser à épargner?

R Cela dépend avant tout du profil d'investisseur de cette personne, soutient Marc-Antoine Reid. S'il s'agit de quelqu'un qui est très conservateur, il sera sans doute préférable de rembourser d'abord ses dettes avant de commencer à épargner. Toutefois, pour quelqu'un qui est plus tolérant au risque, il peut s'avérer plus intéressant de placer son argent dans un REER, pour ensuite prendre le remboursement d'impôt ainsi engendré pour rembourser ses dettes, signale M. Reid. Une façon de faire d'une pierre deux coups, puisque la dette s'amenuise pendant que le placement REER fructifie.

Q Pour un adulte de 25 à 35 ans, est-il préférable d'épargner dans un régime enregistré d'épargne-retraite (REER) ou dans un compte d'épargne libre d'impôt (CELI)?

R Tout d'abord, il est important d'avoir un fonds d'urgence ou un CELI, pour avoir accès à de la liquidité en cas d'imprévu, explique Carl Yergeau. La personne s'installe dans la vie. Souvent, nous avons de petites surprises au niveau des frais liés à une nouvelle résidence. Au niveau des jeunes familles, il y a toujours aussi des imprévus en cours de route. Pour établir un bon fonds d'urgence, il faut calculer environ trois mois de salaire net. Pour le CELI, il faut avoir des placements plus sécuritaires; quelque chose qui n'est pas trop volatil; sans afficher trop de rendement. Avec le CELI, ce qui est aussi intéressant, c'est le fait qu'on n'est pas trop pénalisé quant aux frais de sortie. Du moment qu'un bon fonds d'urgence est installé, par la suite on regarde pour une stratégie de cotisation au REER, conclut le spécialiste de l'Industrielle Alliance.

Q Comment bien choisir son conseiller en finance?

R Il faut en rencontrer plusieurs, ça se magasine comme autre chose. Il faut se renseigner auprès de l'AMF (Autorité des marchés financiers) pour s'assurer que le conseiller est bien inscrit, conseille Carl Yergeau. Quels permis ce dernier possède, quelles sont ses compétences, son expérience? Est-il un représentant d'épargne collective, un conseiller en sécurité financière, un planificateur financier, un comptable ou même un fiscaliste? Un autre élément important est qu'il faut que la chimie passe bien entre les deux personnes. Il faut que la confiance soit là. Il faut être à l'aise avec la personne pour pouvoir lui exposer sa vie financière. Pour le conseiller, il doit bien connaître son client. Il doit dresser un bon portrait de la personne et connaître son vécu par rapport à ses placements, sa relation par rapport à l'argent. Connaître aussi son profil d'investisseur.

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Charles E. Martin, vice-président et gestionnaire de portefeuille, Gestion de patrimoine TD

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Sophie Sylvain, planificatrice financière au Mouvement Desjardins

Q Comment connaître le profil d'un investisseur?

R Un questionnaire est exigé aujourd'hui par l'AMF. Peu importe si on achète des fonds distincts, des fonds mutuels, des valeurs immobilières, des titres... Peu importe le type de placement, il faut maintenant passer un questionnaire où on va établir la tolérance au risque de la personne. On va valider l'horizon de placement, combien de temps on dispose pour faire capitaliser les placements. Ça va dicter un peu la composition du portefeuille. On va s'enquérir sur le degré de sensibilité de l'investisseur quant à son degré d'acceptation aux fluctuations boursières. Avec les réponses, on en vient à établir une note. Est-il un investisseur prudent ou encore quelqu'un qui est davantage un investisseur à risque. Au niveau des jeunes, on dispose d'un très long horizon de placement. Souvent, ils ont une bonne compréhension des outils financiers; ça va donner des profils ouverts à 100 % actions, répond M. Yergeau, de l'Industrielle Alliance.

Q Peut-on faire affaire avec plusieurs conseillers?

R Oui, ce n'est pas un mariage à vie, répond M. Yergeau. C'est fréquent de voir pour des gros portefeuilles plus d'un conseiller. Avoir plus d'une façon de voir nos finances, nos placements est une bonne chose. Il faut être transparent avec un conseiller, pas avoir de petites cachettes. Il faut qu'il puisse avoir une vision d'ensemble.

Q Comment fait-on pour connaître le montant qu'on peut épargner par année?

R Au lieu de regarder toutes ses dépenses et de voir combien il me reste, il faut plutôt se dire que je dois épargner 10 % de mon salaire. Si je gagne 50 000 $, j'ai 5000 $ que je dois épargner par année, explique Charles-E. Martin, de la Banque TD. Je dois m'arranger pour que mes dépenses me permettent de pouvoir économiser ce montant. Ce n'est pas une pratique facile. Si ça implique que je ne peux pas acheter le condo ou la maison de mes rêves, il faut le faire... Si on commence par se payer en premier, c'est certain que cela va fonctionner. Il faut se mettre des priorités.

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