Robert Sauvé au milieu d'une «tempête parfaite»

Robert Sauvé, président de l'Ordre des ingénieurs... (Photo La Presse, David Boily)

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Robert Sauvé, président de l'Ordre des ingénieurs

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L'Ordre et le Réseau des ingénieurs cherchent à rebâtir la confiance du public envers cette profession malmenée par la Commission Charbonneau. Comment ? Et le point sur la formation des ingénieurs et les défis de l'avenir. »

<p>Gabrielle Thibault-Delorme</p>
Gabrielle Thibault-Delorme

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) «Notre histoire est peuplée de génie, de gens qui se sont démarqués», évoque M. Robert Sauvé, président de l'Ordre des ingénieurs du Québec, qui explique que les ingénieurs ont la volonté de regagner leur crédibilité au sein du public, entachée récemment, par les révélations à la commission Charbonneau.

Au moment de notre entrevue téléphonique, le président de l'Ordre des ingénieurs du Québec, Robert Sauvé, poursuivait sa tournée des régions, un exercice qui, selon ses dires, n'avait pas été réalisée, dans cette ampleur, depuis 95 ans.

«Il est important de rencontrer nos membres, quand on fait des changements, il faut qu'ils le comprennent. Ce sont des gens qui ont de bonnes idées », explique M. Sauvé qui avait, au moment de l'entrevue, rencontrer les membres de l'Ordre en Outaouais et à Rouyn-Noranda.

Ces changements, ce sont ce qu'il qualifie de «tempête parfaite». Suivant la Commission Charbonneau, un mouvement de grogne s'est soulevé au sein de l'Ordre, au même moment où l'organisation vivait une situation financière précaire. De plus, de 2012 à 2014, près de 3400 ingénieurs ont quitté ou ont été radiés de l'Ordre des ingénieurs, en lien avec la formation obligatoire de 30 heures sur deux ans.

Pour «nettoyer» l'image de la profession, le président mise beaucoup sur l'inspection et la prévention, plutôt que sur la répression. «On va passer de 1700 inspections à 2000, on veut mieux cibler et mieux identifier les risques», explique M. Sauvé. Selon lui, l'inspection est un pilier en matière de préventions des problèmes éthiques qui peuvent survenir dans la profession.

Pas au-dessus des tentations

«Je pense qu'on a appris avec stupéfaction, que c'est pas parce que tu deviens professionnel, qu'automatiquement, tu es au-dessus des tentations et que tu deviens nécessairement éthique», admet Robert Sauvé, à la lumière de sa tournée régionale.

Outre l'enjeu éthique, l'Ordre se concentrera sur ses finances, en réalisant des compressions de près de 4,5 millions $, soit environ 20% de leur budget. Des coupures qui risquent de faire des mécontents prévoit le président, mais qui ne devrait pas toucher à la protection du public selon lui, étant donné que les inspections et le syndic ne seront pas affectés. «Nous allons revoir les façons de faire», précise-t-il.

«On est à revoir actuellement toute notre gouvernance ; la composition du conseil, du comité exécutif... », explique M. Sauvé, qui ajoute que chaque action se fera dans un souci de transparence, en informant les membres au fur et à mesure.

D'où la tournée régionale, une initiative qui a permis à l'Ordre de discerner des besoins qu'il n'imaginait pas. «En régions éloignés, les gens vont travailler un an, deux ans... Les employeurs ont un taux de roulement très grand. Ils se retrouvent tout le temps en formation. On a appris cela avec la tournée.»

Elle se poursuit jusqu'à fin avril, avant l'assemblée annuelle en juin.

Femmes minoritaires

Les femmes sont minoritaires dans la grande majorité des métiers d'ingénierie. À l'École de technologie supérieure (ÉTS), on trouve 8 % de femmes, «et ça ne bouge pas beaucoup depuis 9, 10 ans», explique Pierre Rivest, directeur de l'enseignement corporatif à l'ÉTS, qui ajoute que, puisque l'école demande un DEC technique et que ces programmes attirent environ 3 ou 4 % de filles, le pourcentage ne pourrait pas être beaucoup plus élevé.

Peu nombreuses à fréquenter les facultés, les femmes devront affronter des obstacles une fois sur le marché du travail. Selon un sondage téléphonique mené en novembre 2013 auprès de 200 des 500 plus grands employeurs d'ingénieurs par le Réseau des ingénieurs du Québec, elles rencontreront plusieurs freins à leur carrière, soit:

- la conciliation travail-famille (56 %)

- la mentalité masculine, les préjugés et la culture d'entreprise (24 %)

- les compétences, la personnalité et les dispositions personnelles (16 %)

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