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Dre Jessika Roy-Desruisseaux, gérontopsychiatre à Sherbrooke: les aînés, ces modèles inspirants

La Dre Jessika Roy-Desruisseaux, gérontopsychiatre à l'Institut universitaire de... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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La Dre Jessika Roy-Desruisseaux, gérontopsychiatre à l'Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke, en apprend chaque jour sur la vie grâce au vécu incroyablement riche de ses patients.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Pour la Dre Jessika Roy-Desruisseaux, gérontopsychiatre à l'Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke, rien n'est plus agréable que de travailler avec les personnes âgées : à la fois attachants et inspirants, les aînés apportent avec eux un bagage dont tous peuvent apprendre. Suffit de tendre l'oreille!

«La clientèle aînée, ce sont des gens super reconnaissants : tu n'as pas besoin de faire beaucoup pour eux pour qu'ils soient contents, constate la gérontopsychiatre. Aussi, ils ont un grand vécu, que je trouve toujours très intéressant. Ils me racontent comment ça se passait dans leur temps, et ils ont même souvent un genre de legs à nous donner, à propos de ce qu'ils ont retenu de leur vie.»

La Dre Roy-Desruisseaux raconte en rigolant qu'un aîné qui n'est pas en avance d'au moins 15 minutes à son rendez-vous considère généralement qu'il est en retard. «Ils sont toujours là, ils prennent leurs médicaments, ils nous écoutent... On peut vraiment compter sur eux!»

Diplômée de médecine en 2008 et de psychiatrie en 2013 à l'Université de Sherbrooke, la Dre Roy-Desruisseaux travaille au quotidien avec une génération complètement différente de la sienne. Néanmoins, elle découvre sans cesse chez ces patients de 65 ans et plus des individus qui l'inspirent par leur résilience, leur force de caractère et leur désir de vivre. 

«Il y a des femmes parmi mes patientes pour qui j'ai une grande admiration, qui ont vraiment dû aller à contre-courant dans leur vie, qui ont réussi à faire des études et des métiers qui n'étaient pas destinés aux femmes de leur génération, mentionne-t-elle. Moi, je peux tenir ça pour acquis que j'avais accès à la médecine, mais pas ces femmes-là, alors c'est en partie grâce à elles que je suis là.»

En suivant des aînés qui souffrent de problèmes de santé mentale, la Sherbrookoise fait également la rencontre de couples qui ont eu à traverser bien des tempêtes, et qui sont véritablement restés ensemble pour le meilleur et pour le pire.

«Aujourd'hui, les gens qui ont des maladies mentales importantes sont souvent célibataires, mais pour cette génération-là, le couple, c'est vraiment un engagement à la vie, à la mort, souligne-t-elle. Parfois, c'est plus difficile, mais je vois aussi des couples qui sont ensemble depuis 60 ans et qui prennent soin l'un de l'autre malgré la maladie, qui respectent les capacités de l'autre malgré que chacun vieillisse à un rythme différent... C'est vraiment beau à voir.»

Quand la vie

tire à sa fin

Travailler avec des personnes du troisième âge, c'est aussi devoir faire face à une réalité inéluctable : la mort. Comment aborde-t-on ce sujet avec ses patients sans les effrayer?

«Mes patients ont 65 ans et plus pour la majorité, alors la mort, c'est quelque chose qui est très présent pour eux. Ce n'est pas toujours nécessairement dans l'imminence, comme quand on parle de l'aide médicale à mourir, mais c'est quand même dans le tableau. Alors ils ont eux-mêmes besoin d'en parler», note la Dre Jessika Roy-Desruisseaux.

«Certains ne veulent pas vieillir, mais cette peur-là est plutôt émergente, je dirais. Pour ceux qui ont 70 ans et plus, la mort, c'est quelque chose de normal. Ils sont très reliés à la religion catholique, alors ils savent que la fin va arriver, et ils ne veulent pas trop se mêler à ça. On attend que le Bon Dieu vienne nous chercher. Mais quand on entre dans la génération des baby-boomers, vieillir, c'est plus difficile. Avec ces patients-là, il faut essayer de voir les choses autrement, pour essayer de donner un sens à tout ça.»

Alors que l'on pourrait croire qu'il est plus difficile pour les aînés de modifier certaines habitudes de vie qui nuisent à leur santé mentale, la Dre Roy-Desruisseaux fait valoir qu'au contraire, comme ces patients sont conscients qu'il leur reste moins d'années devant eux qu'ils en ont derrière, la plupart d'entre eux sont motivés à terminer leur chemin en beauté.

«C'est sûr que c'est plus difficile de changer sa personnalité rendu à un certain âge, parce qu'il y a des choses qui sont très ancrées en nous, dit-elle. Mais ce qui est surprenant, c'est que le fait que la fin approche donne souvent envie aux aînés de faire une sorte de bilan de leur vie, et de faire des changements rapidement. Ils se disent : je ne sais pas trop combien d'années il me reste à vivre, mais il y a des choses que j'aimerais changer avant la fin. Souvent, ça agit comme une sorte de levier pour eux. C'est vraiment impressionnant : ils sont davantage prêts à apporter des changements dans leur vie que bien des adultes.»

Et à part la médecine?

Lorsque la Dre Jessika Roy-Desruisseaux n'est pas en consultation avec des patients souffrant de problèmes de santé mentale tels que la schizophrénie, la bipolarité, la démence ou la dépression, elle aime bien faire de la lecture sur... la psychanalyse!

«C'est sûrement une des choses qui m'intéressent le plus, relire Freud, Françoise Dolto... J'apprends encore plein de choses, et ça me permet, quand je vois un patient et que ça ne va pas trop bien, de me rappeler que ce patient-là, il fait ce qu'il peut et qu'il mérite tout le respect que je peux lui offrir», mentionne-t-elle.

Mais pour véritablement faire le vide dans son esprit, c'est vers les montagnes que se tourne la Sherbrookoise. 

«J'aime beaucoup faire des randonnées, autant en été qu'en hiver, mentionne-t-elle. En Estrie, on est vraiment chanceux pour ça. Avec mon mari, on s'amène ce qu'il faut pour manger une petite soupe ou des hot-dogs en pleine montagne, on aime vraiment ça! En ce moment, j'ai une fille de 15 mois, alors la montagne en hiver, c'est un peu sur la glace pour l'instant, mais avec mon plus grand, on y allait même l'hiver.

«Sinon, j'aime le sport en général. Avant, je faisais beaucoup de course. Maintenant, c'est plus de l'entraînement général et du sport en famille. On a un filet de volleyball à la maison, et on se baigne beaucoup avec les enfants l'été. N'importe quel sport, tant qu'on bouge!»

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