Dans la peau de ses patients

Elle-même diabétique de type 1, l'endo­crinologue au Centre... (René Marquis, Spectre Média)

Agrandir

Elle-même diabétique de type 1, l'endo­crinologue au Centre universitaire de Sherbrooke (CHUS) Chantal Godin comprend mieux que quiconque ce que traversent ses patients.

René Marquis, Spectre Média

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

ZONE Médecins spécialistes

Actualité

ZONE Médecins spécialistes

ZONE Médecins spécialistes description »

«Vous, vous ne savez pas ce que c'est d'avoir à se piquer quatre fois par jour!» a déjà lancé un patient diabétique à la Dre Chantal Godin, endocrinologue au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS).

Pourtant, s'il y a bien quelqu'un qui comprend comment le diabète peut bouleverser une vie, c'est la Dre Godin, elle-même atteinte du diabète de type 1 depuis l'âge de 17 ans. C'est d'ailleurs son diagnostic qui l'a poussée à se spécialiser en endocrinologie.

«J'ai appris que j'étais diabétique à ma première année de cégep, raconte-t-elle. À ce moment-là, je voulais déjà aller en médecine, mais ça, ç'a allumé quelque chose en moi. Soudainement, je voulais être au courant de tout ce qui se passait entourant cette maladie-là, connaître toutes les nouveautés.»

«L'endocrinologie, j'aime ça au complet, mais c'est sûr que je suis toujours restée avec mon petit dada, le diabète, avoue-t-elle. Je consacre beaucoup de temps à participer aux congrès internationaux qui traitent de cette maladie. Celui que je préfère, c'est celui d'Europe, parce que là-bas ils sont souvent en avance sur nous, que ce soit au niveau des médicaments, de l'insuline, des gadgets, etc.»

Quand la Dre Chantal Godin a appris qu'elle devrait fort probablement se piquer le bout des doigts jusqu'à la fin de ses jours - à moins d'une greffe ou de la venue d'un pancréas artificiel, une technologie attendue depuis un bon moment déjà -, c'est la colère qui l'a d'abord envahie. Plusieurs années ont dû s'écouler avant que cette rage ne laisse place à l'acceptation.

«Je faisais ce qu'il fallait, mais rien de plus», indique celle qui a obtenu son diplôme de médecine en 1986 et terminé sa spécialité en 1991. «J'étais vraiment en révolte. Mais à un moment donné, je me suis rendu compte que ça m'empêchait de faire des choses dans la vie. J'ai compris que si je ne m'occupais pas bien de mon corps, c'est dommage, mais il ne me le remettrait pas! Comme je voulais faire plein de choses dans la vie, j'ai décidé de commencer à prendre soin de moi.»

Le diabète, «une job à temps plein»

Aujourd'hui, non seulement l'endocrinologue gère son diabète avec une attention soutenue, mais elle se sert de son vécu pour mieux se glisser dans la peau de ses patients.

«Quand mes patients apprennent que je sais ce qu'ils vivent, que l'hypoglycémie n'est pas juste un mot pour moi, mais que je connais la façon dont ça nous fait sentir, c'est sûr qu'ils sont plus en confiance, ils ont le sentiment d'être compris. On n'est pas obligés d'être plus malades que nos patients, mais c'est quand même bien de pouvoir savoir exactement de quoi on parle!» souligne-t-elle.

«Lorsque je dois annoncer à quelqu'un qu'il souffre de diabète, j'y mets du coeur, parce que je sais à quel point c'est difficile de se faire dire ça. Surtout, je veux que les gens comprennent que c'est normal de passer par toutes sortes d'émotions, y compris le déni et la frustration. J'essaie d'expliquer qu'il faut vivre ces étapes-là, parce que les patients qui m'inquiètent le plus, ce sont ceux qui n'ont pas de réaction; souvent, ils finissent par tout laisser tomber un peu plus tard. J'explique aussi aux gens que même avec le diabète, si tu veux faire quelque chose, tu peux y arriver.»

La Sherbrookoise est la preuve vivante de cette affirmation : en plus d'être endocrinologue au CHUS - Hôtel-Dieu, professeure d'enseignement clinique à la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke et endocrinologue itinérante à Lac-Mégantic, elle court les congrès médicaux à travers le monde, donne des conférences sur le diabète et trouve le temps de s'entraîner une heure et demie par jour.

«Faire attention à soi et à son diabète, c'est une job à temps plein, mais d'un autre côté je suis super en forme! J'en fais plus maintenant que j'en faisais quand j'étais plus jeune. J'ai un horaire de fou et j'arrive à faire tout ce que je veux.»

Et à part la médecine?

La Dre Chantal Godin met parfois son « horaire de fou » sur pause pour sauter dans un avion et partir au loin avec les siens.

« On aime beaucoup voyager. Je dis «on» avec une pointe de nostalgie, parce qu'avant, on voyageait toujours en famille, mon conjoint, mes deux garçons et moi. Mais là, les gars sont rendus à 19 et 21 ans, alors l'été passé, comme ils avaient chacun un emploi, c'était la première fois qu'on partait tout seuls, mon chum et moi. On s'est ennuyés d'eux! », dit-elle en rigolant.

« L'hiver, on va se reposer dans le Sud, et l'été, on fait de grandes villes européennes. On se prend des hôtels pas trop loin des gares, et on visite plusieurs villes en se déplaçant en train. »

De retour au bercail, la Sherbrookoise s'oblige à consacrer, quotidiennement, au moins une heure à l'activité physique. La Dr Godin n'irait peut-être pas jusqu'à qualifier ses sessions d'entraînement de « passion », mais au fil du temps, elle a appris à transformer cette tâche en moment de plaisir.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer