La passion qui ne s'éteint pas

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Le Dr Ferland adore autant son travail à 62 ans qu'à ses débuts.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) «Je n'ai jamais eu peur du travail», lance le Dr Raynald Ferland, oto-rhino-laryngologiste (ORL) au CHU de Québec. «J'ai appris très jeune à prendre des responsabilités sur la ferme familiale», de sorte que les longues heures de travail ne l'inquiètent pas.

Au bureau, il se présente vers 6h45 pour commencer la rencontre avec ses patients alors qu'il n'y a presque personne ailleurs dans les salles d'attente de l'hôpital. Les rencontres se succéderont jusqu'à 12h45 ou 13h. Il prendra 10 minutes pour le lunch tout au plus, dit-il. Il finira vers 18h. Les patients d'abord. 

Il adore autant son travail à 62 ans qu'à ses débuts. Mais il y a des concours de circonstances dans la vie qui peuvent orienter une carrière. C'est ce qui s'est produit dans sa vie. Fils de cultivateur, il n'avait aucun modèle dans sa famille pour l'inciter à choisir la médecine. Mais, à l'âge de 10 ans, il doit consulter un ORL à cause de problèmes. Son choix est fait, il sera médecin en ORL.

«Je n'ai jamais changé d'idée», ajoute celui qui est connu dans le milieu pour sa détermination. «En commençant ma médecine, je savais que je deviendrais spécialiste. J'ai hésité un peu entre la neurochirurgie et l'ORL, mais j'ai rapidement fait mon choix. En ORL, il y a énormément de possibilités pour faire aussi de la chirurgie. J'avais également besoin du contact avec les patients, ce qui ne me paraissait pas possible en neurochirurgie.» Du moins pas autant qu'il le vit en ORL, une discipline très diversifiée à son avis.

Lorsqu'il a commencé au CHUL, dans Sainte-Foy, le Dr Ferland avait une clientèle composée à 70 % d'adultes et à 30 % d'enfants. Depuis la création du Centre mère-enfant, les pourcentages se sont inversés.

Dès le début de sa pratique en ORL dans les années 80, il avait appris à effectuer les opérations à l'aide du microscope. Outre les problèmes courants oreilles-gorge-nez à traiter, il fait des chirurgies pour éliminer certains types de cancers, dont par endoscopie pour le nez. «Les interventions sont moins invasives avec le développement des technologies, expose-t-il. Certaines demandent une grande minutie, comme le remplacement de l'étrier, un os de l'oreille interne. La pièce fait 4 mm de longueur pour un diamètre de 0,6 mm. Le trou pour passer la prothèse mesure 0,8 mm. Il ne faut pas trembler. Ce qui est fascinant dans ce type d'intervention pour rendre l'ouïe au patient, ce sont les résultats immédiats. Alors que le patient était sourd, dès que la prothèse est en place, il nous entend murmurer. C'est très valorisant pour le patient et aussi pour le médecin.»

Pour les interventions en cancérologie, c'est plus difficile, notamment dans le visage, car la chirurgie laisse des traces. Le patient sera tiré d'affaire, mais les greffes peuvent le défigurer en partie. «C'est la portion la plus difficile, car les gens ont des attentes élevées quand on parle de l'esthétique après la chirurgie. Comme médecin, je dois bien comprendre les attentes des patients, notamment les jeunes hommes ou les jeunes filles pour qui l'apparence est primordiale pour la confiance en soi. Je dois bien expliquer ce qui pourra se produire.»

Boum technologique

Le Dr Ferland souligne que l'ORL a évolué par des «pics de croissance». Dans les années 60, l'otologie a vu apparaître les interventions à l'aide du microscope. Puis, il y a eu les implants cochléaires pour les patients atteints de surdité vers 1985 avec le Dr Pierre Ferron. 

«Il y a eu un boum technologique avec l'implantologie», note-t-il. «Et la sinusologie par endoscopie a fait de grands pas dans les années 80. Mais à chaque pic, il y a eu un effet pendule de sorte qu'avec le temps, le retour au centre du pendule rétablissait les choses.»

Il note aussi le raffinement dans les chirurgies, notamment pour la reconstruction lors d'interventions majeures dans le visage ou à la base du crâne. «Il n'y a plus de trou que nous ne pouvons pas reboucher. On peut prendre des bouts d'os, comme le péroné, et des lambeaux de peau que l'on peut mieux vasculariser pour de meilleurs résultats.»

Quant à sa fille Stéphanie, gastro-entérologue dans le même hôpital et pratiquement dans le même corridor, il ne l'a jamais poussée vers la médecine. «Elle a pris sa décision tardivement pour la médecine. Le fait d'avoir un père médecin a pu l'influencer par la bande», reconnaît l'homme toujours passionné par sa carrière.

La relation de confiance avec les parents

La relation avec le patient est primordiale, répète le Dr Raynald Ferland à plusieurs reprises. Il raconte alors une rencontre récente avec la mère d'un enfant naissant qui a des problèmes respiratoires. L'enfant fait du bruit en respirant parce que tous les «tuyaux» ne sont pas complètement rendus à maturité. Même si le Dr Ferland avait dit à la mère que dans 95 % des cas, le problème se règle sans intervention, elle n'aurait pas été rassurée pour autant. 

Il y avait une autre inquiétude : le dossier n'avait pas encore été informatisé. Le médecin ne pouvait donc pas être certain qu'il avait été le premier à voir le bébé pour ce problème. Il fallait retrouver le dossier papier. Parce que le DFerland a assuré la mère qu'il ferait tout pour retrouver les documents, celle-ci était moins stressée. Il lui a finalement fallu 20 minutes pour mettre la main dessus. «Il faut gérer le problème médical, mais aussi la situation des parents inquiets, dit-il. Il n'était pas question de la renvoyer à la maison pour un autre rendez-vous dans deux ou trois jours. Je devinais qu'il fallait faire quelque chose sur le moment, que je devais attendre.» La mère lui révèle alors qu'elle a eu cinq inséminations avant d'avoir son enfant. Une donnée qui n'est pas au dossier, mais qui permet au médecin de mettre en perspective le stress et le découragement de la mère. «C'est pour cela que j'ai voulu être médecin. Avec une clientèle d'enfants, il n'y a pas que le patient qui se sent mal, il y a la famille aussi. Le délai d'attente a permis à la mère de reprendre confiance pour me parler de sa difficulté d'avoir un enfant. Ça fait partie des exemples que je donne aux médecins résidents dans leur approche avec leur patient.»

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