Dre Isabelle Houde, néphrologue: la santé globale du greffé avant tout

La néphrologue de L'Hôtel-Dieu de Québec Isabelle Houde...... (Le Soleil, Yan Doublet)

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La néphrologue de L'Hôtel-Dieu de Québec Isabelle Houde... et sa montagne de dossiers à consulter.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) «La greffe de rein, ce n'est pas un miracle. C'est la meilleure solution de rechange à la dialyse, car la dialyse ne fait pas tout ce qu'un rein peut faire, même un rein greffé», affirme la néphrologue de L'Hôtel-Dieu de Québec Isabelle Houde, rappelant que l'organe n'est pas un simple filtre, mais une usine de traitement des déchets.

Fille d'un médecin de Jonquière, elle avait un modèle à la maison qui l'a influencée par l'exemple dans son choix de carrière. Pourtant, son premier choix était de devenir médecin de famille «pour prendre soin de la santé globale de ses patients».

Déjà, à ses premiers stages en externat, la néphrologie l'attire à cause du côté intellectuel. Elle découvre par la suite, notamment à cause des patients greffés, que le rôle du néphrologue est vraiment tourné vers la santé globale de la personne. «Comme néphrologue, je verrai les patients pendant de nombreuses années. Certains d'entre eux, je les suis depuis mes années de résidence. C'est une relation à long terme comme ce que je recherchais avec la médecine familiale, car je travaille vraiment la prise en charge de la santé globale de la personne», confie-t-elle.

Avec ses patients de longue date, elle connaît non seulement l'histoire médicale, mais l'histoire sociale et familiale de la personne. La relation est fort différente de celle du chirurgien qui procédera à la greffe du rein. Il ne reverra probablement jamais ce patient.

Si elle admet volontiers que la spécialité de néphrologue est cérébrale parce qu'il faut gérer la physiologie du patient, lorsqu'elle a fait sa surspécialisation en immunologie de la transplantation pendant trois ans à Nantes, en France, elle a découvert que sa nature la portait davantage à prendre soin des patients qu'à oeuvrer dans la recherche fondamentale.

Sa pratique se situe autour de la greffe du rein, avant et après l'opération, car elle ne fait pas de chirurgie. Le tiers de son temps se passe lors de l'hospitalisation et les deux tiers lors des consultations externes.

«Lorsque le rein fonctionne mal, le meilleur traitement sera toujours la greffe. Je dois évaluer la condition du patient. Déterminer s'il est capable de suivre un traitement chronique avec tout ce que cela comporte comme prise de médicaments, prise de sang et suivi régulier à l'hôpital. Il n'y a pas assez de donneurs pour tous les patients. Il faut donner le nouveau rein à quelqu'un qui en prendra soin. Le patient devra prendre soin de sa santé et de la santé du rein qui lui a été donné, car s'il n'en prend pas soin, le suivant sur la liste ne serait pas heureux de l'apprendre», expose-t-elle pour illustrer une partie de son travail.

Elle raconte que les patients tiennent beaucoup à leur nouveau rein, car il améliore leur condition de vie et allonge leur espérance de vie. «Lorsqu'ils me rencontrent, ils me demandent pratiquement tous : "Comment va mon rein?" Car il est très précieux. D'autres s'en souviennent plus le jour anniversaire de leur greffe. Ils savent que ce jour est un grand jour pour eux, mais qu'ailleurs une personne a perdu un être cher qui leur a donné ce rein.»

Il est rare qu'un greffé perde son rein, mais cela se produit parfois dans les heures suivant la greffe ou peu de temps après. Généralement, le rein greffé continuera de faire son travail de traitement des déchets pendant 15, 20 ou 25 ans.

Le meilleur traitement

Lorsque la docteure Houde parle des greffes, elle rappelle à plusieurs reprises que la greffe est le meilleur traitement pour remplacer la dialyse. Elle rappelle que la greffe avec un donneur vivant offre la meilleure solution, non pas que la greffe provenant d'un donneur mort ne soit pas excellente elle aussi, mais il est préférable d'avoir un donneur sur pied lorsque cela s'avère possible.

Comme elle fait partie des gens qui coordonnent les greffes au Canada, lorsqu'un donneur vivant est incompatible avec le receveur, il est possible que l'opération ait lieu avec un transfert, car si un receveur est compatible ailleurs au pays, il y aura échange entre les deux hôpitaux. De plus, elle fait partie des six spécialistes au Québec consultés par Transplant Québec lorsqu'une personne meurt et qu'elle a fait don de ses organes. Elle évaluera ce qui pourra être prélevé selon la condition de la personne morte et vers où seront dirigés ses organes.

Les heures de garde

Alors qu'elle a une montagne de dossiers à consulter, la néphrologue Isabelle Houde est de garde au moment de l'entrevue.

Un premier message texte arrive sur son téléphone. Elle doit y répondre. Au même moment, un collègue frappe à la porte du bureau : «Donne-moi quelques minutes et je te reviens.»

Nouveau message texte. Cette fois, elle doit appeler un autre collègue, car un patient, avec un problème hépatique en plus du dysfonctionnement des reins, présente une complication. On soupçonne une infection. Elle prend des notes en même temps qu'elle prodigue des conseils et des options d'intervention. Elle devra aller voir le patient un peu plus tard dans la soirée.

Autre message texte, autre téléphone. Il y a des difficultés pour installer un soluté à l'un des patients. Elle suggère l'intervention d'un anesthésiste pour éviter de faire souffrir la personne.

Un troisième patient s'ajoute à la liste. La docteure Houde devra faire une évaluation après l'entrevue. «C'est toujours comme cela lors des jours de garde», explique-t-elle. «Parfois, il y a des cas complexes qui demandent une bonne analyse et une intervention immédiate.»

Et il y aura les dossiers à voir et les documents à signer.

Elle rappelle que la greffe rénale est assez jeune. La première a eu lieu en 1954 entre deux jumeaux. Au Québec, la première intervention au Canada a été pratiquée en 1969 alors que ce fut en 1972 à Québec. À L'Hôtel-Dieu de Québec, les chirurgiens en font entre 60 et 70 par année.

Elle prend une pause... une respiration. Et l'entrevue reprend pour quelques minutes. Puis ce sera la tournée des patients. La journée est loin d'être terminée bien qu'il soit déjà 18h.

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