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Dr Yvan Douville, chirurgien vasculaire à Québec: la circulation sanguine sans bouchon

En 1983, le  Dr Yvan Douville était le premier diplômé en... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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En 1983, le  Dr Yvan Douville était le premier diplômé en chirurgie vasculaire à Québec et parmi les tout premiers diplômés au Canada.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Le chirurgien vasculaire, «c'est le plombier dans le bloc opératoire. Il s'occupe de toute la tuyauterie, sauf de la pompe, qu'on laisse au chirurgien cardiaque», illustre le Dr Yvan Douville, mi-sérieux mi-moqueur.

Le chirurgien prend son travail très au sérieux, car en redonnant la circulation dans un membre, en réparant un anévrisme aortique, il peut redonner au patient non seulement du temps pour vivre, mais surtout une qualité de vie.

Son père était médecin anesthésiste. À l'adolescence, le Dr Douville l'accompagnait souvent à l'hôpital. De cette manière, il a développé son intérêt pour la médecine. «Je ne l'ai jamais regretté», avoue-t-il.

Au moment des stages, il a choisi la chirurgie générale comme spécialité. Il exerçait à l'Hôpital Saint-Sacrement lorsque l'un des deux chirurgiens vasculaires a pris six semaines de vacances. «Durant ce mois et demi, par un concours de circonstances, il y a eu une quantité incroyable de chirurgies vasculaires. J'en ai fait comme jamais. C'est là que j'ai eu la piqûre.»

Pourtant, la spécialité n'existait pas encore tout à fait. Les premières chirurgies vasculaires reconstructives avaient vu le jour dans les années 60. Au début des années 80, peu d'endroits formaient les chirurgiens. Le Dr Douville a fait des demandes à New York, en Virginie, à Chicago et à Toronto. Toronto lui a répondu en premier. Il a terminé sa surspécialisation en 1983 et est devenu le premier diplômé en chirurgie vasculaire à Québec et parmi les tout premiers diplômés de la discipline au Canada.

Anévrisme, veine ou artère bouchée, insuffisances à cause du diabète, du tabac ou du cholestérol, les autres traumatismes et maladies vasculaires font partie de son lot quotidien depuis 33 ans à Québec. D'abord à Saint-Sacrement, puis à Saint-François d'Assise lorsque la fusion des hôpitaux l'amène dans Limoilou en 1996.

«Cette nuit, j'étais au bloc opératoire de minuit à deux heures du matin pour sauver la jambe d'une patiente», raconte-t-il pendant que son téléavertisseur sonne. Une deuxième série de bips du téléavertisseur, et le téléphone se met à sonner. C'est un appel du bloc opératoire.

«Je dois répondre. Il faut prendre une décision avec un patient.» Il se branche à l'ordinateur, consulte en direct une angiographie des deux jambes d'un patient. Un pontage a déjà été réalisé sur une jambe pour remplacer une artère bouchée par une autre artificielle. «Pour la deuxième jambe, explique-t-il à la fin de sa conversation, il faudra utiliser une veine du patient pour ramener la circulation dans le bas de la jambe. On ne peut pas prendre une artère artificielle cette fois pour faire le pont de l'artère fémorale de l'aine jusqu'au milieu du mollet à cause du petit diamètre du branchement final.»

Parfois, il est possible de déboucher une veine ou une artère avec un ballon. Si ça ne fonctionne pas ou si le bouchon est trop étendu, il faudra reconstruire le circuit sanguin. 

Que se passera-t-il si ces deux techniques ne fonctionnent pas? «Ça, c'est plus compliqué», avoue-t-il juste après son analyse de cas pendant l'entrevue. «Dans certains cas, il faut amputer le membre, mais nous faisons tout pour éviter une telle éventualité. Avec des personnes âgées, l'amputation diminuera de beaucoup leur qualité de vie. La prothèse, le fauteuil roulant et le traumatisme peuvent même mener à l'institutionnalisation de la personne. C'est ce que nous voulons éviter à tout prix. Si la personne est plus jeune, plus en forme, elle pourra certainement mieux s'adapter à une prothèse et conserver son autonomie. Mais chez les gens âgés, vous n'avez pas d'idée à quel point ils tiennent à leurs membres.»

Veine de remplacement

Pourtant, souligne-t-il, la recherche est sur le point de pouvoir faire pousser une veine de remplacement, comme on le fait avec la peau. C'est ce sur quoi travaille le Centre de recherche en organogénèse expérimentale de l'Université Laval (LOEX) dans ses locaux à l'hôpital de l'Enfant-Jésus.

Professeur en chirurgie vasculaire à l'Université Laval, le Dr Douville vient tout juste de terminer un mandat de huit ans comme chef de ce département à la Faculté de médecine. Mais ce dont il est le plus fier, c'est la création avec un collègue du Centre de maladie vasculaire à Saint-François d'Assise. La demande pour être un centre d'excellence a été faite. C'est important, car le bassin de patients potentiels compte 1,5 million de patients pour tout l'Est-du-Québec.

Et à part la médecine?

En dehors de la chirurgie, Yvan Douville aime bien le golf, mais ce n'est pas toujours évident avec les horaires, bien qu'il se réserve du temps sur un terrain avec sa femme et ses fils.

Pour se détendre, il s'est mis à l'horticulture en faisant pousser toutes sortes de plantes et d'arbres à partir des graines dans une serre qu'il a aménagée chez lui.

Il a fait pousser dans sa cour un catalpa de Chine, des métaséquoias et bien d'autres arbres à fleurs. Pourquoi l'horticulture? «Parce que c'est simple de tout laisser sur le plan de travail - les graines et la terre - pour le reprendre plus tard lorsqu'il y a une urgence. Ça ne dérange rien. L'horticulture, c'est un loisir plus flexible. Ça ne se fait pas de quitter une partie de golf en plein milieu de la partie.»

Et il y a aussi le vin. Une passion survenue lorsqu'il a gagné le premier prix d'une loterie du Festival d'été de Québec : une cave à vin de 54 bouteilles valant plus de 8000 $. Il a donc pris le temps de construire une vraie cave à vin dans la maison avant de se faire livrer son prix. Et sa cave a pris un peu d'expansion.

Il se lance dans une petite envolée sur les propriétés des procyanidines, ces molécules du vin rouge, dont le réservatol, qui ont de bons effets sur la santé vasculaire. «La région où le vin rouge en contient le plus, c'est dans le sud-ouest de la France, le Madiran», conclut-il.

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