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Dr Simon Jacob, pathologiste à Québec: le chercheur des moindres indices

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Le Dr Simon Jacob est un pathologiste spécialisé dans les cancers du sein. Au cours des 38 dernières années, il a vu par la lentille de son microscope des milliers et des milliers de cas.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Les pathologistes sont une race à part parmi les médecins spécialistes. Ils ne voient que de petites parties des patients, quelques centimètres tout au plus. Des bouts de tumeurs qu'ils découpent en tranches de quelques microns pour mieux voir les lésions bénignes ou malignes, ou parfois rien du tout.

Ils ont une génétique qui pourrait s'apparenter aux grands détectives Sherlock Holmes ou Hercule Poirot. Mais au lieu de la fameuse loupe, l'outil de prédilection, c'est le microscope et les images qui donneront les indices nécessaires pour traiter ou rassurer le patient quant à sa condition.

Le Dr Simon Jacob fait partie de ce groupe que les patients ne verront jamais en cabinet ou dans un bloc opératoire. Ce sont des travailleurs de l'ombre qui traquent la maladie dans ses derniers retranchements pour que le chirurgien ou l'oncologue puisse compléter la chirurgie et donner le meilleur traitement possible.

À l'époque où il étudiait au Petit Séminaire Sacré-Coeur-de-Marie (devenu l'Externat Saint-Jean-Eudes), le Dr Jacob n'envisageait pas la médecine, même si un cousin qu'il voyait de temps à autre, David Jacob, était pédiatre. «Je n'aimais pas tellement les sciences humaines, raconte-t-il en entrevue. Je préférais les sciences pures et j'ai choisi les options qui pouvaient m'ouvrir les portes à la médecine.»

La plupart de ses stages se sont déroulés à l'Hôpital Saint-Sacrement où il exerce toujours aujourd'hui. Il s'est d'abord formé en médecine générale, mais lors d'un passage à Cacouna pendant sa quatrième année de médecine, il réalise qu'il n'aime pas tellement la pratique en bureau. Il décide de choisir la médecine interne avant d'avoir la révélation que son chemin bifurquerait plutôt vers la pathologie.

«J'ai assisté à des séances anatomato-cliniques des Drs Robert Comeau et Luc Audet où ils expliquaient les problèmes avec des exemples concrets. Je trouvais très passionnant d'étudier les pathologies. C'est à la suite de cela que je suis devenu pathologiste, en 1978, précise-t-il. Saint-Sacrement avait besoin d'un pathologiste, je suis donc revenu dans cet hôpital pour de bon.»

Il a participé à la mise sur pied d'une section de cytogénétique pour l'analyse des chromosomes avec les moyens du bord. «La technologie s'est grandement développée. Au début, dans les années 80, nous devions effectuer des agrandissements des images au microscope et découper les images sur du carton pour faire nos analyses.»

Aujourd'hui, le Dr Jacob est le pathologiste spécialisé dans les cancers du sein. Au cours des 38 dernières années, il a vu par la lentille de son microscope des milliers et des milliers de cas. «Je suis probablement l'un de ceux qui en ont vu le plus dans la région», ose-t-il.

Discipline complexe

Si la pathologie mammaire semble simple à première vue, elle s'avère pas mal complexe. Dans chaque cas, la différence entre une lésion bénigne et une maligne est parfois très mince. Il faut des analyses poussées et précises, et surtout une grande expérience. Les éléments découverts peuvent être précancéreux et ne demanderont pas une mastectomie complète. Dans d'autres cas, ce sera un cancer limité ou un autre agressif.

«Il faut avoir de nombreux paramètres quant à la dimension de la tumeur, sa position, les rebords. Je dois confirmer au chirurgien qu'il a tout enlevé ou pas assez. Et parfois, le marqueur métallique se déplace. Placé lors de la mammographie pendant que le sein est écrasé, il change de position lorsque le sein reprend sa forme. Pour une biopsie, il faut examiner des centaines de couches.»

Le pathologiste, lors de la découverte d'un cancer traitable, doit déterminer quelles sont les substances à la surface des cellules pour déterminer le type de traitement en chimiothérapie adapté pour cette patiente. Et, en même temps, préciser si la tumeur est sensible aux hormones féminines, ce qui modifiera aussi le type de traitement.

«Mon travail est très minutieux, affirme-t-il. J'ai hâte de voir les développements en imagerie médicale pour que nous puissions analyser des échantillons en 3D. Ce sera plus facile pour le référencement spatial des tumeurs. En 2D comme actuellement, nous devons tout imaginer. Ça s'en vient, mais ce n'est pas aussi perfectionné qu'en radiologie.»

Et à part la médecine?

S'il dit lui-même qu'il n'a jamais eu de grandes ambitions pour les sports ou les loisirs, le Dr Simon Jacob adore malgré tout le golf qu'il pratique le plus souvent possible avec sa conjointe. 

«J'ai une grande patience sur un terrain de golf, avoue-t-il. Je jouerais tous les jours si c'était possible. Je le fais au moins une fois par semaine lorsque nous sommes à notre chalet près de Rivière-du-Loup.»

Il adore aussi la musique, l'opéra notamment. Il ne manque jamais une présentation. «Nous sommes membres du Club musical de Québec. Nous avions même une loge au début pour amener les enfants. La loge leur donnait plus de place pour bouger.»

Et l'opéra, le couple y assiste aussi au cinéma depuis que les salles présentent en direct les prestations du Metropolitan de New York.

Dans la vie de tous les jours, il fait la cuisine. «Selon ma femme, j'avais la critique trop facile sur la nourriture. Elle m'a dit de le faire. Je me suis lancé dans la préparation des repas et la recherche d'épices.»

Et comme il veut probablement continuer de développer ses talents d'enquêteur, il lit des romans policiers et historiques.

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