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Dr Pierre Blondeau, ophtalmologiste à Sherbrooke: le plus beau cadeau

Le Dr Pierre Blondeau a choisi l'ophtalmologie parmi tous les... (La Tribune, René Marquis)

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Le Dr Pierre Blondeau a choisi l'ophtalmologie parmi tous les champs de pratique un peu parce que la vue est «le sens le plus précieux».

La Tribune, René Marquis

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) Le Dr Pierre Blondeau a consacré la plus grande partie de sa carrière à mieux comprendre le glaucome, et à faire connaître les dégâts que cette maladie des yeux peut causer bien sournoisement.

«C'est un peu comme le diabète et l'hypertension artérielle, vulgarise-t-il. Ça ne fait pas trop mal, on pense que ça ne fait pas de dommages, jusqu'à ce qu'il soit trop tard.»

Et trop tard, dans le cas du glaucome, ça veut dire la cécité. Une hérésie pour le médecin spécialiste qui a choisi l'ophtalmologie parmi tous les champs de pratique un peu parce que la vue est «le sens le plus précieux».

«Je suis toujours aussi fasciné par les yeux», confie-t-il, au bout de plus de 35 ans de carrière. «Comme ophtalmologiste, on redonne la vue aux gens. Sauf les accoucheurs, n'est-ce pas le plus cadeau à donner?»

Après 10 années d'études, dont une en Iowa pour se surspécialiser en glaucome, le Dr Blondeau commence sa pratique à Sherbrooke. Bien vite, il influencera l'enseignement et la recherche.

Outre de nombreuses publications qui lui ont valu plusieurs reconnaissances, dont cette année celle de l'Association des médecins ophtalmologistes du Québec pour l'ensemble de sa carrière, il est un conférencier couru à l'échelle internationale. 

Et un pédagogue visiblement attentif aux besoins de ses patients. Entre autres projets pour faire reculer le glaucome, il a eu l'idée de mettre sur pied une clinique d'information qui a été fréquentée par plus de 1100 patients à Sherbrooke seulement, et dont la formule a été imitée au Canada et aux États-Unis.

L'initiative n'est pas négligeable quand on sait que le glaucome touche environ 2 % des 40 ans et plus, qu'il est héréditaire et qu'il se soigne le plus souvent par l'instillation de gouttes, que les patients ont malheureusement tendance à négliger. Or, non traitée, cette maladie dégénérative qui affecte le nerf optique entraîne graduellement une réduction du champ de vision jusqu'à la cécité complète, dans un processus irréversible.

«En 1995, explique le Dr Blondeau, j'avais lu un papier qui montrait que 70 % des gens atteints du glaucome ne mettaient pas leurs gouttes ou n'allaient pas à leurs rendez-vous. J'ai regardé mes dossiers et je me suis aperçu qu'effectivement, beaucoup de monde ne revenait pas. Ça m'a inquiété pas mal.»

La clinique du glaucome s'est tenue pendant huit ans à l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke. Puis, comme elle nécessitait passablement d'énergie, elle a été remplacée par un volume coécrit avec le Dr Paul Harasymowycz et remis aux patients en clinique. «Ils ont ainsi l'information. C'est difficile de faire plus», constate aujourd'hui le Dr Blondeau en se montrant satisfait du chemin parcouru, lui qui soigne maintenant les enfants de ses premiers patients.

«Plus conscients»

«Les gens sont plus conscients de la maladie, c'est certain. Ils sont dépistés plus vite et ont plus de chance de garder leur vision. Malheureusement, on va encore en perdre quelques-uns qui vont trouver que ce n'est pas quelque chose de sérieux. Un moment donné, on va les revoir et ils auront perdu leur vision.»

Trente-cinq ans plus tard, Pierre Blondeau n'a donc pas fini de prêcher sur le glaucome. Ni de rendre la vue aux gens, même si ce travail exige de lui qu'il reste à la fine pointe. «Je ne fais rien de ce que j'ai appris à l'université. Tout a changé et il faut se tenir à date», témoigne-t-il, en racontant par exemple que l'opération de la cataracte dure aujourd'hui de 15 à 20 minutes et que le patient voit dans la journée, alors qu'il y a 30 ans, on parlait au bas mot de quatre mois de rétablissement.

Le professeur Blondeau, pour sa part, dit sa fierté d'avoir contribué à améliorer de façon notable le programme de résidence en ophtalmologie, entre autres avec la Dre Anne Faucher, une de ses étudiantes, qui a pris sa succession à la direction du service depuis 2009.

À la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke, souligne-t-il sur la même lancée, il a enseigné à 63 résidents. «Ils sont en pratique un peu partout et donnent des soins à la population. Je n'ai pas été le seul à les former, on est une équipe, mais c'est une de mes grandes fiertés.»

Cela n'est pas sans rappeler les deux années qu'il a passées au Cameroun, responsable de 42 centres de santé ruraux dans un programme du gouvernement canadien. «Le gouvernement avait également mis en place une école de médecine à Yaoundé et quand je suis parti, le premier diplômé de cette école est venu me remplacer», glisse-t-il fièrement.

S'il n'est pas prêt pour la retraite, le soixantenaire a toutefois réussi à délaisser l'administration et la recherche depuis quelques années pour s'en tenir à la clinique et à l'enseignement.

«Je fais ce que j'aime, répétera-t-il à quelques occasions. Mais si je pouvais me sauver de la garde, j'en serais bien heureux!»

Et à part la médecine?

L'après-midi est magnifique. La lumière d'automne réjouit l'oeil et fait miroiter le lac qui borde la propriété aux grandes fenêtres. 

Pierre Blondeau et sa femme, Claire - qui travaille avec lui en clinique depuis 1998 -, gardent leur petit-fils pour la fin de semaine, joyeux bambin au sourire enjôleur. La famille de trois enfants et de deux petits-enfants occupe visiblement une grande place dans les jours de congé du Dr Blondeau. 

La famille ainsi que toutes ces activités qu'il n'a pu faire à son goût durant les 30 dernières années, trop pris par les exigences de sa carrière. Et il énumère d'une traite le pédalo et la voile, le bois de chauffage sur sa terre, la raquette et le VTT. 

Dans la maison, un cheval à bascule et une petite table d'enfant fabriqués par grand-papa laissent deviner un autre loisir d'hiver. «J'ai trop de loisirs, lance-t-il en souriant, j'ai de la misère à tout faire!»

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