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Dr Yves Tardif, urgentologue à Québec: 40 ans dans les urgences

Le Dr Yves Tardif, médecin à l'urgence de... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le Dr Yves Tardif, médecin à l'urgence de l'hôpital de l'Enfant-Jésus, à Québec, détient probablement un record dans le domaine, tous hôpitaux confondus.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) S'il a choisi la médecine, Yves Tardif raconte que c'est à cause de son parrain qui était médecin de village à Saint-Côme, près de Saint-Georges de Beauce. «Il faisait tout comme médecin. Je le voyais travailler et je trouvais qu'il faisait un travail intéressant. À 10 ans, je me voyais en train de sauver le monde.»

C'était presque prémonitoire puisqu'il oeuvre depuis 40 ans comme médecin à l'urgence de l'hôpital de l'Enfant-Jésus, à Québec. Il détient probablement un record dans le domaine, tous hôpitaux confondus, car la moyenne de service varie de 5 à 10 ans maximum.

Toutefois, ce n'est pas identique partout. Comme le dit l'urgentologue de carrière, la durée de carrière des médecins à l'urgence de l'Enfant-Jésus atteint une moyenne de 19 ans.

Pourquoi? «Parce que l'équipe des médecins de l'urgence s'est donné un mode de fonctionnement qui limitait les irritants et permettait un mode de fonctionnement plus efficace avec une structure des horaires de garde sur six mois, une autre pour les vacances et une répartition des heures de nuit de manière à ne pas épuiser les médecins plus âgés ou surcharger les plus jeunes au point de les décourager.»

Même s'il pratique la médecine d'urgence depuis 1976, le Dr Tardif rappelle que la spécialité d'urgentologue a été reconnue très tard au Québec. Alors que c'était fait depuis le milieu des années 60 aux États-Unis, les médecins québécois ont dû patienter. Les discussions ont duré de 1983 jusqu'en 1999 pour que la spécialité soit enfin attestée.

Au début de sa carrière, il avait un bureau de pratique privée à Saint-Nicolas, sur la Rive-Sud de Québec, en même temps qu'il effectuait deux jours de garde par semaine à l'urgence de l'Hôpital d'Alma. Il a eu la piqûre à ce moment-là. À l'automne de cette année-là, il assiste à Montréal à une rencontre des médecins pratiquant dans les urgences où l'on discute des difficultés de recrutement. Il fera le saut dans l'équipe de l'urgence de l'Enfant-Jésus le 7 février 1977, se souvient-il.

«L'urgence, c'est tout un contraste avec la médecine de bureau, précise-t-il. Il faut prendre des décisions immédiates, mais les résultats sont aussi immédiats. On voit de tout dans les urgences, des cas les plus banals aux crises graves demandant des interventions hors de l'ordinaire. Il n'y a jamais un cas pareil, mais on ne peut malheureusement pas sauver tout le monde.»

Le plus difficile, avoue-t-il, c'est d'avoir une approche empathique tout en ayant une bonne carapace pour demeurer de glace face à la charge émotive du patient. «Au début, je déplorais le certain cynisme des gens des urgences, mais j'ai rapidement compris qu'il faut un mécanisme de défense pour passer au travers de tous les cas. Quand je quitte l'hôpital, j'oublie tout. Je n'essaie pas de me souvenir de telle ou telle intervention. C'est ce qu'il faut faire pour passer au travers.»

En théorie, les horaires sont de 8 heures, mais la réalité varie plus de 9 à 10 heures par quart de travail. S'il y a des cas qui peuvent être transférés sans problème à l'équipe suivante, ça va; parfois ce n'est pas possible, mieux vaut terminer l'intervention.

Évacuations médicales

Le Dr Tardif a fait partie des débuts du programme national d'évacuations médicales du Québec (EVAQ) fondé par le Dr Pierre Fréchette. Il a même été directeur par intérim en 2009 alors qu'il coordonne encore les évacuations actuellement tout en participant parfois à l'équipe de transport des cas urgents. «C'est un programme extrêmement important, souligne-t-il, car il permet aux gens hors des grands centres d'avoir accès à des soins de pointe dans des centres spécialisés en étant transportés de façon sécuritaire. Nous sauvons des vies avec ce programme. Nous empêchons que des gens de 40 ou 50 ans demeurent handicapés le reste de leur vie. Il a fallu convaincre le gouvernement, même si les transferts coûtent très cher. Je suis toujours aussi convaincu que l'investissement en vaut la peine.»

En arrivant à l'entrevue, le Dr Tardif s'est excusé de son léger retard car quelques minutes plus tôt, il avait eu à coordonner le transfert d'une femme enceinte ayant des complications, du Grand Nord jusqu'à un centre capable de prendre soin de l'enfant à naître. «Le taux de survie est plus élevé si nous transportons la mère et l'enfant en elle que de transporter un prématuré qu'il faut ventiler manuellement dans l'incubateur», assure-t-il.

Et à part la médecine?

En dehors de l'urgence, le Dr Yves Tardif aime bien faire du ski. Il a aussi hâte de pouvoir se remettre au tennis, lui qui a pratiqué ce sport au début du Club Avantage. Les horaires atypiques des urgences ont coupé son plaisir puisqu'il avait de la difficulté à respecter les rendez-vous pour le jeu.

La famille prend aussi beaucoup d'importance dans sa vie. Il a trouvé un moyen original de jumeler voyages et famille. «Lorsque chacun de mes quatre enfants a eu terminé les études au cégep, je partais trois semaines en Amérique du Sud, raconte l'urgentologue. Il s'agissait de passer un bon temps ensemble avec l'un d'eux tout en m'assurant que chacun puisse apprendre une troisième langue. Avec le français, l'anglais et l'espagnol, ça donne un avantage pour n'importe quel emploi.»

Après les trois semaines avec l'un de ses enfants, il revenait au Québec pendant que son fils ou sa fille continuait son périple et son apprentissage d'une nouvelle langue. «J'espère pouvoir faire la même chose avec mes petits-enfants», avoue-t-il.

La retraite ne semble pas faire partie des projets à court terme. «J'aurais pu prendre ma retraite à 63 ans, mais la passion du métier est toujours présente. J'aime les contacts avec les résidents, le partage des informations et des connaissances. C'est stimulant à une époque où je suis à l'étape de la transmission de l'expertise.» 

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