Médecins spécialistes

Dre Marie-Claude Houle, dermatologue à Québec: Un véritable travail de détective

La Dre Marie-Claude Houle montre les allergènes qui... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

La Dre Marie-Claude Houle montre les allergènes qui sont utilisés pour faire les tests avec les patients. À l'arrière, une peinture de son «grand», Louis, quatre ans.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

ZONE Médecins spécialistes

Actualité

ZONE Médecins spécialistes

ZONE Médecins spécialistes description »

28 novembre 2013Bloc photo Raphaelle Plante - Infographie (Focus1 / Jocelyn Bernier)
Raphaelle Plante

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Il était «midi moins une» lorsque la Dre Marie-Claude Houle a découvert la dermatologie, à sa dernière année d'externat, juste avant de faire son choix de spécialité. «Ça a cliqué, la passion était là», indique la jeune femme originaire de Shawinigan.

Celle qui se dirigeait alors vers la médecine générale, faute d'avoir «accroché» sur une spécialité en particulier, s'estime chanceuse d'être tombée sur la dermatologie, qui allie les deux choses qu'elle cherchait dans sa pratique : le volet recherche, plus cérébral, et le côté humain, soit le contact avec les patients. 

Pour travailler à L'Hôtel-Dieu de Québec, un centre universitaire, la Dre Houle a fait une surspécialité en dermatite de contact, qui se penche sur les réactions allergiques cutanées. «C'est un domaine mal connu... Souvent, les réactions allergiques se manifestent à retardement. Par exemple, une personne qui applique de la crème solaire et qui a le visage rouge et enflé deux jours plus tard ne peut pas dire que c'est à cause de ce produit-là», explique-t-elle.

Ce qui passionne le plus la Dre Houle dans sa pratique, c'est justement le travail d'investigation à réaliser pour trouver la cause d'une réaction allergique. Et lorsque celle-ci est trouvée, il y a la satisfaction de savoir que cela fera dans bien des cas une différence dans la vie du patient, dont le bien-être s'en trouvera amélioré.

«C'est un travail de détective. Un exemple : un monsieur vient me voir et a une grosse plaque d'eczéma au niveau du cuir chevelu et des oreilles. Ça fait des mois que ça dure. Il ne sait pas pourquoi, il a mis les bons traitements mais ça ne marche pas. On fait des tests et ça montre qu'il est allergique au caoutchouc. Quel est le lien? Porte-t-il un casque? Finalement, on réalise qu'il utilise une machine pour l'aider à respirer la nuit. C'est pour les gens qui font de l'apnée du sommeil, et les strapes sur la tête pour tenir la machine en place sont en... caoutchouc! Imaginez, il portait ça toutes les nuits depuis 18 mois et ça faisait 10 mois qu'il avait une grosse réaction!»

Intérêt pour la chimie

Le rôle de la Dre Houle est donc de poser beaucoup de questions et signale qu'avec le temps, elle devient meilleure pour poser les bonnes. À cela s'allie un grand intérêt pour la chimie, puisqu'il y a une liste d'allergènes à connaître, qui sont testés sur les patients. «Les tests consistent à coller des patchs dans le dos des patients, avec plusieurs petits carrés qui contiennent chacun un allergène. Ils reviennent nous voir deux jours plus tard pour enlever les patchs. On regarde s'il y a une réaction à un endroit, et on revérifie deux jours plus tard s'il y a eu une réaction à retardement», explique-t-elle.

Et Marie-Claude Houle est parfois sa propre cobaye! «Les allergies de contact changent avec le temps, tout dépendant de ce que l'industrie va utiliser dans les produits [...] En ce moment, j'ai une patiente qui serait peut-être allergique à un produit qui n'a jamais été vraiment décrit encore. Je vais la tester et me tester aussi» pour avoir un comparatif.

Les gens que la dermatologue rencontre peuvent aussi développer une dermatite occupationnelle, au travail, à force d'être exposés à certains produits. «On peut développer une allergie à long terme. À un moment, notre système immunitaire décide qu'il ne tolère plus tel produit. On ne sait pas pourquoi, ce n'est pas génétique. Il n'y a pas de désensibilisation possible, l'évitement est la seule solution.» Un peintre allergique à une peinture, une coiffeuse qui ne supporte plus tel produit capillaire, un médecin qui réagit à ses gants ne sont que quelques exemples cités.

Le défi de vulgariser

Un défi constant pour la Dre Houle demeure de bien expliquer aux patients en quoi consiste leur allergie. «C'est bien beau de leur donner les résultats, de leur dire qu'ils réagissent à tel allergène, mais il faut chercher à leur expliquer de quelle façon ça les affecte dans leur quotidien. Quand on trouve des solutions, c'est très gratifiant.»

OEuvrant dans un centre universitaire, la dermatologue enseigne aussi sa pratique aux étudiants. «Ces temps-ci, on en a six à huit avec nous, de tous les niveaux, donc il faut adapter notre discours au degré de connaissance et à la façon d'apprendre de chacun. C'est l'fun, mais c'est un défi aussi!»

Et à part la médecine?

C'est l'amour qui a amené Marie-Claude Houle à Québec. «Mon conjoint est ophtalmologiste. Il a terminé ses études un an après moi, c'est pour ça que je suis venue travailler à Québec avant qu'on parte faire notre surspécialité.» Le couple reviendra par la suite travailler dans la capitale et y fonder une famille.

D'ailleurs, en dehors du travail, le «passe-temps» de la Dre Houle est d'être... maman à temps plein. Avec un «grand» de quatre ans et une petite de bientôt 18 mois, «ça goale!» dit-elle. Et avec deux parents médecins spécialistes, il faut composer avec des gardes les soirs et les fins de semaine. «Mais ce n'est pas comme d'autres spécialités où il faut partir au milieu de la nuit», convient la dermatologue. Pour joindre l'utile à l'agréable, le couple essaie de combiner des voyages de congrès avec des voyages d'amusement. La famille revient justement d'Angleterre, où la Dre Houle avait un congrès sur la dermatite de contact à la mi-septembre. «Sur 10 jours, j'avais quatre jours de congrès et après, on en a profité pour visiter», indique-t-elle.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer