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Dr Alphonse Roy, chirurgien plastique: d'architecte à chirurgien

À 74 ans, le Dr Alphonse Roy pratique toujours, lui qui... (Le Soleil, Erick Labbé)

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À 74 ans, le Dr Alphonse Roy pratique toujours, lui qui a connu les débuts de la chirurgie plastique et esthétique.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Rencontrer le Dr Alphonse Roy, spécialiste de la chirurgie plastique et esthétique, c'est comme ouvrir un livre d'histoire ou s'installer pour visionner un documentaire. À 74 ans, il pratique toujours, lui qui a connu les débuts de ce type de chirurgie.

Pourtant, lorsqu'il a fini ses études classiques à la fin des années 50, il voulait devenir architecte. «Mon beau-frère ingénieur me dit alors : "Les architectes, ça ne fait que le choix des couleurs, ce sont les ingénieurs qui conçoivent les bâtiments." J'étais découragé», avoue-t-il.

Il choisit la médecine. Après deux ans de cours commencent les stages. Il se retrouve à l'Hôpital Saint-Sacrement de Québec, avec le médecin superviseur dans le dortoir des personnes âgées, pour se faire dire : «Aujourd'hui, tu fais des touchés rectaux.»

«Je me demandais si je voulais faire ça toute ma vie, raconte-t-il. Je me suis dirigé vers la psychiatrie.» Là encore, ce n'était pas sa voie. C'est lors d'un cours qui commençait juste après le dîner, à 12h30, avec le Dr Amyot Jolicoeur qu'il découvrira la chirurgie plastique. «Ça ne s'appelait pas la chirurgie plastique à cette époque, poursuit-il. Mais ça consistait à réparer des visages et des plaies à cause des brûlures.»

Le Dr Amyot, qui avait été chirurgien pendant la Seconde Guerre mondiale, lui conseille d'aller en Europe où certains de ses amis enseignent. Il se rend à Londres pour continuer son apprentissage. La chirurgie plastique a été pratiquée à cause de la guerre, car les médecins devaient soigner des blessures et réparer des visages ou des membres.

«J'ai été chanceux, car j'ai eu une bourse et les portes s'ouvraient devant moi», ajoute-t-il. Si chanceux qu'un 25 décembre, pendant qu'il apporte les repas aux patients, l'un des médecins lui dit qu'il devrait aller parfaire sa pratique aux États-Unis, sur la côte Ouest, où la pratique de la chirurgie plastique prenait de plus en plus d'ampleur.

Un autre chirurgien, un Polonais, lui dit : «Tu devrais aller au Michigan. J'ai un ami là-bas à Ann Harbor, au Michigan.» Pendant qu'Alphonse Roy continue sa distribution, le chirurgien lui dit : «Vient lui parler, il est au téléphone.» Et le voilà en route pour le Michigan pour parfaire ses connaissances.

Il reviendra à Québec au moment où la Régie de l'assurance maladie ouvre les portes des hôpitaux à tous les citoyens. C'est alors la manne pour sa pratique, car bien des parents qui ne pouvaient pas faire opérer leurs enfants ayant des malformations du visage, comme le bec de lièvre, pouvaient maintenant être traités.

Sans compter toutes les réparations de visages qu'il a pu faire les fins de semaine à cause des accidents d'automobile alors que les conducteurs n'étaient pas retenus par les ceintures de sécurité et que les coussins gonflables n'existaient pas.

Puis survient l'incendie majeur à Chibougamau lors du réveillon du 1er janvier 1980. Il n'y a pas de centre pour les grands brûlés à Québec. Avec les pompiers de Québec et l'aide du Dr Jacques Papillon de Montréal, il dotera Québec d'une unité complète pour les soins des grands brûlés. Au début, dit-il, il recueillait la peau sur les personnes venant de mourir pour soigner les patients, jusqu'à ce qu'arrive la culture de la peau. C'est un collègue de l'hôpital Shriners de Boston qui lui donnera le livre de la «recette». Il le rapporte à Québec.

«À l'Enfant-Jésus, il y a un gros laboratoire de recherche sur la culture de la peau. On y fait même la culture de la graisse pour la réinjecter aux patients. C'est ce qui va remplacer le Botox pour les rides», affirme celui qui été témoin de l'évolution de la chirurgie plastique et esthétique tout au long de sa carrière.

«Un chirurgien esthétique ne peut être qu'heureux, car il fait du bien aux gens. Moi, je suis heureux!» conclut-il.

Et à part la médecine?

Dans ses temps libres, le Dr Alphonse Roy lit beaucoup. Et il se tient au courant des dernières avancées en chirurgie esthétique. «Parfois, je rêve la nuit d'une opération que je viens de faire. En me réveillant le matin, je me dis que je devrais changer telle façon de faire ou telle technique», confie-t-il.

Il joue aussi au golf avec un de ses anciens professeurs de 10 ans son aîné. Il aime bien le golf, mais ce qui le passionne vraiment, c'est la pêche au saumon. Comme il se dit chanceux dans sa carrière, il l'est aussi pour attraper le poisson.

Il raconte une aventure récente, alors qu'il pêche dans une fosse à saumons. «Le guide me lance : "Hey! Alphonse, tu es en train de t'endormir." Je lui réponds que non. Et comme je suis chanceux, je vais en attraper un. Deux minutes plus tard, j'ai un saumon au bout de la ligne. Mais je l'échappe. Le guide n'est pas très content. Je lui dis de ne pas s'en faire, que j'en attraperai un autre rapidement. Et je l'ai fait.»

Attraper deux saumons dans la même fosse, le même jour alors que ses copains d'aventure n'ont rien pris, c'est plus que de la chance.  Ses amis n'en revenaient pas.

Et comme grand-père, il a bien l'intention d'initier ses petits-fils à la pêche, parce que la pratique de ce sport le rend heureux et il veut le partager.

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