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Dr Éric Turcotte, spécialiste en médecine nucléaire à Sherbrooke : rendre visibles les maladies invisibles

Depuis 15 ans au Centre d'imagerie moléculaire de Sherbrooke,... (La Tribune, Frédéric Côté)

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Depuis 15 ans au Centre d'imagerie moléculaire de Sherbrooke, le clinicien chercheur, Éric Turcotte a collaboré à plusieurs succès.

La Tribune, Frédéric Côté

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) C'était en 2015. Le Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) faisait grand bruit en démontrant que le technétium produit par cyclotron équivalait à celui produit par réacteur nucléaire. En réponse à la pénurie d'isotopes médicaux causée par une panne du réacteur canadien de Chalk River, cette avancée majeure faisait miroiter des possibles dans le monde de l'imagerie médicale.

«Cette nouvelle-là, c'était pas mal une petite révolution. Ç'a fait le tour du monde. On a eu des échos jusque d'Australie!» raconte fièrement le Dr Éric Turcotte, clinicien chercheur, spécialiste en médecine nucléaire et professeur au CHUS.

Le technétium (99mTc) est utilisé dans plus de 85 % des examens en médecine nucléaire. Il sert notamment à détecter des cancers. Après des essais cliniques à plus large échelle qui seront menés cet hiver, le Dr Turcotte espère que l'isotope produit à Sherbrooke sera homologué par Santé Canada en 2017, pour à court terme combler les besoins du CHUS. Il pourrait par la suite entrer dans une phase de commercialisation pour les hôpitaux du Québec.

«Le cyclotron, c'est une approche provinciale, explique-t-il. Le fait que le projet soit mené à terme va donner une capacité d'approvisionnement pour le Québec. Hypothétiquement, dans le contexte où on manquerait d'isotopes, c'est là qu'on va décider à quel endroit et en quelle quantité ils partiraient, à Montréal, à Québec et en régions éloignées.»

Diplômé de médecine en 1997 et de médecine nucléaire en 2001, le Thetfordois de naissance peut se targuer d'avoir vu juste quand il a choisi Sherbrooke pour étudier puis faire carrière. «Je savais que Sherbrooke allait se doter d'un centre d'imagerie en 1998 et je savais que s'il se passait quelque chose en médecine nucléaire, j'avais affaire à avoir les pieds à Sherbrooke!»

Plusieurs succès

Depuis 15 ans au Centre d'imagerie moléculaire de Sherbrooke (CIMS), le clinicien chercheur a ainsi collaboré à plusieurs succès.

«Ma spécialisation, c'est de prendre un problème clinique et d'y trouver une solution pour le rendre visible. Comme imageur, je dois être capable de rendre visible une maladie invisible. Pour cela, il faut bien connaître la maladie et surtout le mécanisme qui la différencie des autres maladies.»

Pour rendre visible un cancer du sein, par exemple, le CIMS a développé un radiotraceur hautement spécifique, le 4F-MFES, dont l'efficacité est reconnue au pays. Pour une patiente en particulier, se souvient le Dr Turcotte, le 4F-MFES a permis non pas de voir une petite récidive de la maladie, mais bien «des dizaines et des vingtaines de lésions qui avaient été manquées par tout l'arsenal d'imagerie conventionnel».

«Je suis la pointe de l'iceberg d'une grosse équipe de recherche, met-il en perspective. Je lui lance des idées sur ce qu'il faudrait améliorer en imagerie et après une série de tests, un jour, dans 1 an, 5 ans ou 10 ans, ils me reviennent avec une réponse pour que je puisse passer aux études humaines.»

En six mois à peine, continue-t-il, cette équipe est également parvenue à développer un produit injectable pour diagnostiquer une rare tumeur neuroendocrine, qui nécessitait jusque-là des patients atteints qu'ils aillent outre-mer passer un test d'imagerie à un coût «astronomique».

«Toute l'infrastructure qu'on a au CIMS nous permet de faire à peu près n'importe quoi, vante le Dr Turcotte. Quand on reçoit des visiteurs, on appelle ça le Disneyland de l'imagerie. C'est vraiment un fleuron au Québec, que vous n'allez pas non plus retrouver à beaucoup d'endroits dans le monde.»

De quoi amuser, en somme, le petit garçon qui voulait faire de la médecine quasiment depuis qu'il sait parler pour le dire.

«C'était mon but et à l'école, c'était clair. Je n'ai pas eu besoin de me faire expliquer que je devrais travailler fort pour y arriver. Parce que je voulais aider les gens. Et probablement aussi pour naviguer dans l'inconnu parce que la médecine, oui, on la connaît aujourd'hui, mais on ne connaît pas celle qu'on fera demain. Je pense que cette recherche de l'inconnu fait partie de ma quête journalière.»

Et à part la médecine?

S'il pouvait soumettre un problème tout personnel à ses collègues chercheurs, le Dr Éric Turcotte leur demanderait sans doute de rendre possibles les journées de plus de 24 heures et les semaines de plus de sept jours!

«En 2006 [quand il a été nommé chef clinicien du CIMS], c'était sky is the limit. Avec le temps, on s'assagit et on finit par choisir nos batailles. Plutôt que de mener 10 projets simultanément, on va en choisir deux ou trois plus urgents, qu'on sait qu'on va pouvoir mener à terme rapidement», confie le jeune quadragénaire, qui voudrait bien recruter un assistant pour pouvoir augmenter la cadence. «C'est pas mal mon plus grand souhait!»

À défaut, l'homme s'efforce de laisser le travail... au travail.

«La famille est ultra importante, et je vous dirais que c'est assez ardu de tout vouloir conjuguer. Les enfants [il est marié et père d'une fille et d'un garçon de 12 et 9 ans], ça demande du temps. Avec l'école, il y a toujours des petits problèmes en mathématiques et c'est papa l'expert. Maman est l'experte en français et papa est expert en sciences et en mathématiques! Alors, il en faut absolument, du temps.»

Pour se détendre, Éric Turcotte s'en remet «simplement à de la bonne musique, des amis et, durant l'été, de bonnes périodes de camping en famille».

Loin des ordinateurs? «C'est fou, mais naviguer et lire le journal, ça fait partie de mes activités pour décrocher. Durant la semaine, je n'ai pas le temps, mais de garder un pied dans la réalité et de savoir ce qui se passe autour, c'est important.»

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