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Urologues... de père en fils : Yves Fradet

Après une quarantaine d'années à travailler en immunologie et... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Après une quarantaine d'années à travailler en immunologie et en oncologie, le Dr Yves Fradet se dit toujours passionné et rempli d'idées de recherche.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Il y a fort à parier que vous aurez affaire à l'un d'entre eux un jour. Et cette personne aura alors un rôle central à jouer dans votre vie. Les médecins spécialistes ont une aura bien particulière, et cette série veut vous les présenter à la fois dans leur travail et dans leur humanité. Prochain rendez-vous : le 28 septembre

Médecin, chercheur et homme d'affaires

Médecin, chirurgien, urologue-oncologue, chercheur en immunologie et homme d'affaires, le parcours du docteur Yves Fradet ne date pas d'hier. Pourtant, ce n'était pas le plan de départ.

D'abord étudiant en sciences humaines au cégep et deux ans en théologie, il décide de passer à la médecine. «J'ai refait tout le parcours de science en un an au Cégep Garneau pour être admis en médecine», raconte-t-il en entrevue.

Son premier stage s'est passé en immunologie et constitue la trame de fond de sa carrière. «Ce fut une belle expérience pour moi. Mes recherches ont eu du succès avec la découverte de la cellule T suppressive [lymphocyte T régulateur]. En 1974, l'immunologie prenait plus d'importance. Et aujourd'hui, c'est encore plus important. C'est le sujet de l'heure dans le traitement des cancers pour des patients chez qui les traitements conventionnels n'ont pas d'effet.»

Après avoir songé à la médecine interne, le médecin de Québec se découvre des habiletés pour la chirurgie, en chirurgie générale avant de faire un stage en urologie où il découvre sa voie. «C'était très diversifié comme pratique. J'ai découvert un intérêt, surtout avec les greffes de rein où il y avait aussi la greffe et les rejets en lien avec l'immunologie», continue-t-il.

L'immunologie, ajoute-t-il, a permis de comprendre que certains cancers bloquaient le système immunitaire de la personne. Mais il y a des moyens par l'immunothérapie de relancer le système. «Les progrès de la science sont remplis de promesses. Le nombre de patients chez qui le traitement fonctionne commence à changer parce que nous comprenons mieux ce qui se passe. Nous avançons dans les recherches sur un vaccin thérapeutique pour le cancer de la prostate.»

À l'immunologie et l'oncologie s'ajoute la vie d'homme d'affaires avec la création de DiagnoCure. Une aventure qui durera 20 ans. L'entreprise développera des tests diagnostiques pour différents types de cancer, notamment celui de la vessie.

Lorsque DiagnoCure a fermé ses portes au printemps 2016, M. Fradet a vécu de la frustration parce que le parcours de l'entreprise prenait fin. Malgré tout, il dit avoir beaucoup appris durant ces années d'entrepreneuriat même s'il a dû faire de nombreuses présentations pour trouver des partenaires financiers, un travail assez loin de sa pratique en médecine.

Seriez-vous le père de...?

Avez-vous tracé la voie à votre fils? «Non, répond-il sans ambages. Vincent a fait son propre chemin. Dans les familles de médecins, parfois les enfants suivent les traces du père pour se diriger en médecine, parfois ils font tout le contraire. Chez nous, deux des enfants sont médecins. Le troisième est ingénieur, mais il a épousé une femme médecin.»

Au sujet du parcours de son fils, le Dr Fradet raconte une anecdote. Alors que Vincent effectue divers stages à Montréal, un de ceux-là porte sur l'urologie. Il téléphone à sa mère pour lui dire : «Merde, j'aime ça!»

Plus encore, pour montrer à quel point son fils s'était distingué, le Dr Fradet se rappelle une rencontre dans un congrès en urologie en France. Un collègue français, le croise. Regardant son badge, il lui dit : « Ne seriez-vous pas le père de Vincent?» «Mon fils avait son nom. J'étais simplement le père de Vincent.»

Et il n'y a pas eu de favoritisme pour que le fils fasse sa place dans l'équipe de L'Hôtel-Dieu de Québec, affirme Yves Fradet. Les membres de l'équipe l'ont accepté non parce qu'il était le fils de... mais en raison de ses compétences. «Je savais, par contre, que ce serait un milieu très favorable au développement de sa carrière», affirme-t-il tout en précisant qu'il n'y a pas eu de tension père-fils, même si les deux hommes partagent la même profession et la même passion.

Et à part la médecine?

Interrogé sur ses passions en dehors du travail, le docteur Yves Fradet s'arrête un moment. Il réfléchit, hésite un peu.

«J'aime bien le golf. Le tennis aussi. Mais ce n'est pas facile ni évident avec les horaires de travail d'avoir des périodes fixes pour pratiquer des sports ou des loisirs. Il y a les heures de garde, les patients à voir. Et toute la paperasse pour les demandes de bourses de recherche, les publications des résultats des recherches dans les revues scientifiques. Il y a tant à faire...» avoue-t-il.

«Ah! Oui, je fais du vélo pour garder la forme, mais je ne suis pas du style à bloquer une heure du jour ou de la fin de semaine. Je n'en fais pas une religion.»

Les loisirs, la famille, comment ça se passe? Il pense alors au chalet sur le bord du lac qu'il a acheté lorsqu'il était avec sa première femme avant qu'elle ne meure d'un cancer, il y a 12 ans.

«Le chalet a été transformé pour les quatre saisons et y accueillir la famille, les trois enfants et les neuf petits-enfants», raconte le grand-père.

Et la retraite après une quarantaine d'années en médecine? Il ne semble pas la voir poindre tout de suite à l'horizon.

«Je commence à y penser. Je dis bien que je commence à réfléchir à comment ralentir la cadence un peu. Vous savez, lorsque l'on fait quelque chose avec passion, c'est difficile d'arrêter. J'ai encore plein d'idées de recherche. Je vois des molécules et j'imagine ce que cela donnerait comme produit fini pour un traitement», conclut-il.

La retraite, ça ne semble vraiment pas pour cette année.

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