L'ennemi, la pénurie de main-d'oeuvre

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Stéphane Thériault, directeur général de la Chambre de commerce de Lévis

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Un palmarès dévoilé plus tôt cet été place Lévis au huitième rang des villes canadiennes où il fait bon vivre, tout juste avant Québec. En quoi Lévis se distingue-t-elle pour offrir une qualité de vie exceptionnelle à ses quelque 145 000 citoyens? Le Soleil vous présente l'avis d'une famille qui a choisi d'y vivre, ainsi que de son maire qui aspire à ce que la ville fasse toujours mieux. Les principaux aspects où Lévis excelle sont aussi passés sous la loupe. »

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Ludovic Côté

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Avec son taux de chômage sous la barre des 5 %, ses 4750 entreprises et l'attrait qu'elle exerce auprès des jeunes familles, Lévis est une ville qui respire la santé. Un ennemi insidieux pourrait cependant mettre des bâtons dans les roues à la voisine de Québec : la pénurie de main-d'oeuvre.

C'est d'ailleurs à cette inquiétante problématique que la Chambre de commerce de Lévis, qui compte près de 1250 membres, entend consacrer le gros de ses efforts au cours des prochaines années.

«La main-d'oeuvre, c'est le talk of the town», mentionne le directeur général de la Chambre, Stéphane Thériault.

«On le dit souvent, mais par rapport au besoin en main-d'oeuvre, la situation est critique. On s'arrache présentement les travailleurs qualifiés, les départs à la retraite vont faire mal aux entreprises, la relève bien souvent n'y est pas et encore pire, l'adéquation entre les études et les besoins du marché lévisien n'est pas bonne», souligne M. Thériault, qui cite en exemple le Centre de robotique et de vision industrielles du Cégep de Lévis-Lauzon, qui peine à attirer des étudiants.

Selon lui, la pénurie est telle que des entreprises doivent refuser des contrats ou repousser des projets d'expansion. Il y aurait à l'heure actuelle quelque

15 000 emplois disponibles en Chaudière-Appalaches - principalement dans les secteurs techniques -, un chiffre qui pourrait doubler d'ici 10 ans.

L'immigration est l'une des solutions identifiées par la Chambre de commerce de Lévis pour renverser la vapeur. «On ne peut passer à côté», commente M. Thériault, qui reconnaît cependant qu'il ne sera pas évident d'attirer les immigrants - surtout concentrés à Montréal - dans la région.

Stéphane Thériault croit également que des efforts devront être faits du côté des ordres professionnels afin de faciliter la reconnaissance des acquis outre-mer.

Troisième lien

Par ailleurs, la Chambre entend poursuivre son combat pour la réalisation d'une étude sur un troisième lien entre Lévis et Québec.

«Un des défis est de maintenir l'équilibre entre l'erre d'aller de Lévis et l'excellente qualité de vie que l'on récolte lorsqu'on vient s'installer ici, notamment au niveau des déplacements entre les différents quartiers ou encore d'une rive à l'autre. Voilà une des raisons qui fait que l'on ne lâchera pas le morceau», explique

M. Thériault, qui croit que le troisième lien pourrait s'avérer un levier économique de premier plan pour les secteurs de Lauzon et de Beauport-Montmorency.

«On s'attend à ce que d'ici la prochaine élection, le gouvernement libéral tienne promesse et fasse l'étude», conclut-il.

Plaidoyer pour l'unifamiliale

S'il comprend le besoin pour Lévis de construire en hauteur près des deux grands pôles urbains (Saint-Romuald et le centre-ville de Lévis) ainsi que le long du boulevard Guillaume-Couture, Stéphane Thériault espère que la Ville gardera une place de choix pour les jeunes familles.

«La densification, toutes les municipalités la désirent, mais jusqu'à preuve du contraire, la majorité des jeunes familles rêvent encore de l'unifamiliale. Ce sont eux, notre main-d'oeuvre de 2020! Gardons-leur une place», déclare le directeur général de la Chambre de commerce de Lévis. «Est-ce que les jeunes familles vont choisir de s'établir dans des condos? L'avenir va nous le dire, mais nous ne sommes pas certains de ça.»

Par ailleurs, M. Thériault se réjouit des investissements de 15 millions $ sur cinq ans prévus par la Ville pour acquérir et aménager de nouveaux terrains industriels. «Pour nous, c'est une autre preuve que le maire [Gilles] Lehouillier s'est rapidement positionné pour le développement économique.»

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