Les capteurs de la ville intelligente

L'équipe de l'ingénieur Bernard Têtu, président de l'entreprise... (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

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L'équipe de l'ingénieur Bernard Têtu, président de l'entreprise DimOnOff, a mis au point les logiciels de contrôle, l'intelligence artificielle capable de gérer des montagnes de données en temps réel.

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(Québec) L'idée : gestion complète de l'éclairage d'une ville, ajouter des détecteurs de gaz, de niveau d'eau, des bruits en incorporant l'analyse des données de masse pour faire une ville intelligente.

Dans ses premières étapes de sa croissance, la compagnie DimOnOff travaillait sur la gestion de l'éclairage des bâtiments en remplaçant les ampoules incandescentes les diodes électroluminescentes (DEL) pour varier l'intensité lumineuse selon les moments de la journée dans le but d'économise l'énergie.

«Les économies d'énergie n'étaient pas nécessairement au rendez-vous, car les lampes incandescentes peuvent aussi servir à la chaleur dans les bâtiments dans une région comme celle de Québec ou la température moyenne est de 4 °C», raconte l'ingénieur Bernard Têtu, président de l'entreprise québécoise DimOnOff.

Mais en observant tous les lampadaires aux ampoules incandescentes des villes dégageant de la chaleur en pure perte, M. Têtu venait de découvrir un champ où l'expertise de DimOnOff pouvait servir.

Son équipe a mis au point les logiciels de contrôle, l'intelligence artificielle capable de gérer des montagnes de données en temps réel. Et DimOnOff fait fabriquer les cartes-mères et les modules de contrôle en fonction des besoins de contrôle de l'éclairage et de la transmission des données entre les modules et vers les serveurs de gestion des données.

Le premier grand projet de conversion de l'éclairage de rue avec la DEL a été réalisé à Mississauga, en banlieue de Toronto. «Ce fut pour nous un grand laboratoire vivant qui nous a permis d'améliorer le code source de nos logiciels. Avec 50 000 luminaires à gérer à partir de huit paramètres relevés quatre fois chaque, cela génère quelque 1,8 milliard de données dans le rapport mensuel. C'est ce qui nous amène à la gestion des données de masse [Big Data] par un logiciel d'intelligence artificielle pour prendre les bonnes décisions.»

Le gestionnaire peut savoir en temps réel s'il y a une panne d'électricité, si une DEL de diffuse pas assez de lumière parce qu'elle est défectueuse, s'il y a un survoltage ou un sous-voltage sur une partie du réseau ou dans une rue.

«Notre force, c'est le volet logiciel de gestion et d'interprétation des données», continue M. Têtu. «Notre structure informatique s'est améliorée et peaufinée depuis 2014.» Ce n'est pas sans raison si DimOnOff a obtenu le contrat de gestion logicielle de toute l'installation pour la Ville de Montréal qui convertira 132 500 luminaires avec la technologie DEL, un projet où trois entreprises, dont DimOnOff s'occuperont la conversion de l'éclairage. 

Mais avec son système d'acquisition et de contrôle de données (SCADA : Supervisory Control And Data Acquisition) qui consiste à la télégestion à grande échelle permettant de traiter en temps réel un grand nombre de télémesures et de contrôler à distance des installations techniques, le patron de DimOnOff voit encore plus loin.

«Qu'est qui fait qu'une ville est intelligente [smart city]? Ce n'est pas simplement la gestion de l'éclairage», avance M. Têtu. «C'est être capable de gérer une masse de données à partir de différents senseurs qui vont plus loin que l'éclairage.»

Niveau d'eau

Il parle alors de capteurs de niveau d'eau qui peuvent se greffer sur son module de transmission. Des détecteurs qui pourraient s'installer dans le réseau d'égout pour avertir des congestions dans le système. Ce pourrait être aussi des capteurs environnementaux pour détecter le méthane, le butane ou le CO2

Il ajoute même en montrant un minuscule micro intégré dans un module d'à peine deux centimètres de côté qu'il serait possible d'écouter les humeurs de la ville pour détecter les problèmes à partir des sons. «L'idée, ce n'est pas d'écouter les conversations dans un quartier ou d'analyser le taux de décibels émis, mais de distinguer un bruit de fenêtre fracassée, un cri de détresse, un coup de feu, un accident d'auto pour que les autorités puissent réagir à temps au bon endroit. Car, précise M. Têtu, chaque bruit possède son empreinte distinctive. Il s'agit d'écouter ce qui concerne la sécurité.»

Les caméras miniaturisées pourraient aussi faire partie des prochaines étapes pour des formes d'analyses permettant d'assurer la sécurité des citoyens, affirme M. Têtu. Des équipes travaillent déjà sur les logiciels d'interprétation des bruits et des images.

Selon l'ingénieur, la ville vraiment intelligente sera celle qui pourra analyser avec l'intelligence artificielle des montagnes de données pour prendre les bonnes décisions afin d'assurer le bien-être, la sécurité et la tranquillité d'esprit de ses citoyens.




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