Québec 2050: se donner les moyens de vivre en ville

Le quartier Vauban, à Freiburg, est un des... (Photo fournie par Vivre en ville)

Agrandir

Le quartier Vauban, à Freiburg, est un des précurseurs qui ont donné naissance à une nouvelle façon d'occuper le territoire.

Photo fournie par Vivre en ville

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

ZONE Immobilier
ZONE Immobilier

Imaginons-nous en 2050. À quoi pourrait ressembler Québec, son parc immobilier, son aménagement urbain? Ce sujet, qui a alimenté la réflexion d'une centaine de personnes, est au coeur du Colloque Québec 2050. Le Soleil y fait écho. »

Sur le même thème

Le Soleil

(Québec) Pour l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ), l'une des priorités concernant le développement résidentiel est de s'assurer que les propriétés au coeur de Québec demeurent accessibles pour les familles.

À Québec, «il y a peu de terrains toujours disponibles, donc ils sont plus chers. Il faut donc offrir des produits accessibles et abordables, comme des maisons en rangée, des jumelés», pour densifier tout en répondant aux besoins des jeunes familles, indique Martine Savard, directrice générale de l'APCHQ - région de Québec. Mme Savard fait d'ailleurs valoir l'importance des subventions gouvernementales pour aider les familles à accéder à la propriété.

«Les deux grandes villes [Québec et Lévis] doivent sensibiliser les citoyens au coût de l'éloignement. Québec a un énorme travail à faire de ce côté», note la directrice générale. «Il faut être conséquent au niveau environnemental, rapprocher les gens de leur travail. En ville, ça coûte plus cher pour une résidence, mais moins en transport», ajoute Michel Parent, président de l'APCHQ - région de Québec et responsable du chantier sur le développement résidentiel durable au colloque Québec 2050.

Avec une majorité de résidences déjà existantes, le marché de la rénovation occupe une place prépondérante. Selon M. Parent, le gouvernement doit continuer d'offrir des crédits d'impôt, par exemple pour rénover les parcs de bungalows. «On veut des crédits d'impôt pour que les gens demandent des factures et ainsi éviter l'évasion fiscale [...] Il faut chercher à avoir des programmes permanents», mentionne le président de l'APCHQ - Québec, signalant que quelque 13 milliards $ ont été dépensés en rénovations en 2014 dans la province, comparativement à environ 8 milliards en construction neuve résidentielle.

L'APCHQ se préoccupe aussi du logement pour les aînés. «Dans 20 ans, les aînés seront probablement des gens plus actifs. Le parc immobilier ne sera pas nécessairement le même que maintenant pour eux», souligne Martine Savard, d'où l'importance de s'adapter à leurs besoins. Raphaëlle Plante (collaboration spéciale)

Vision Est

Il faut arrêter de penser à Sainte-Foy et miser sur le boulevard Sainte-Anne, croit l'architecte et professeur Jacques Plante. On doit freiner le mouvement historique et développer Québec vers l'est. 

Historiquement, raconte le professeur de l'École d'architecture de l'Université Laval, le Canada s'est développé d'est en ouest. On a fondé Port-Royal, en Acadie, en 1605, Québec en 1608, Trois-Rivières en 1634.... «À l'échelle de l'Amérique de Nord, ça s'est fait comme ça. À l'échelle du Québec, ça se fait comme ça, et à l'échelle de la ville de Québec, ça se fait comme ça aussi.» Du centre-ville, on s'est étendu vers Sainte-Foy.

«Si on est visionnaires un petit peu, au lieu d'aller développer au-delà de Sainte-Foy, c'est-à-dire Cap-Rouge et ensuite Saint-Augustin-de-Desmaures et Donnacona, on devrait penser à développer dans l'autre direction, qui est beaucoup plus proche du centre-ville de Québec.»

M. Plante indique que la quantité de terrains disponibles sur le boulevard Sainte-Anne est «étonnante». Surtout entre le secteur D'Estimauville et les chutes Montmorency. L'architecte voit par ailleurs l'implantation d'un service rapide par bus vers D'Estimauville d'un bon oeil. Mais il irait plus loin : jusqu'au pont de l'île d'Orléans, afin de développer ce segment «collé sur Québec».

La ville de l'avenir a un boulevard Sainte-Anne complètement «reconstruit, redynamisé et redensifié», avec de l'habitation, en majorité. Même chose pour le boulevard Charest. Entre la côte Myrand et la rue Saint-Sacrement, «on trouve plusieurs bâtiments de service plus ou moins intéressants». 

Le développement de Sainte-Foy, avec la construction du Phare, notamment, viendra «ralentir tout le développement à D'Estimauville et peut stopper le développement dans Saint-Roch». Car «tout le monde a envie d'aller là où il y a du neuf»!  Laurie Richard (collaboration spéciale)

L'automobile, «le vrai problème»

«Il y a encore beaucoup de chemin à faire du côté de la dépendance automobile, si on voulait vraiment faire une ville durable... On fait semblant que l'auto n'est pas un problème, mais il est là le problème.»

Le cofondateur, directeur général et porte-parole d'Écohabitation, Emmanuel B. Cosgrove, est catégorique : «l'auto siphonne les ressources du Québec». «Environ 80 % des déplacements se font en auto aujourd'hui. Il faut inverser la tendance pour 2050 et exploiter autre chose que l'énergie fossile», souhaite M. Cosgrove.

Quartiers «autosuffisants»

Pour avoir une vie active «sans sauter dans son auto», ça prend des quartiers «autosuffisants» qui offrent un éventail de services. «Les promoteurs doivent être plus créatifs, vendre un mode de vie et non des complexes résidentiels. Ça doit devenir une tendance lourde», affirme le porte-parole d'Écohabitation, qui fait la promotion de l'habitation écologique.

«La majorité des bâtiments sont déjà là pour 2050, il faut chercher à les améliorer tout en freinant le développement en périphérie.» M. Cosgrove suggère qu'avec des bâtiments qui conservent beaucoup d'énergie, qui sont bien isolés, il est alors possible de débloquer un budget énergétique pour propulser des véhicules électriques. Il croit d'ailleurs que «l'avenir est dans le transport sur rail», tel le tramway.

Emmanuel Cosgrove en appelle au «leadership des gouvernements» pour orienter le développement urbain. «On espère au Québec des règlements minimaux pour l'isolation, qu'il y ait un code énergétique minimal à respecter» pour favoriser un «investissement massif en efficacité énergétique» et diminuer substantiellement les besoins en chauffage. Raphaëlle Plante (collaboration spéciale)

Bien doser la densité

Bien qu'il soit satisfait de l'exercice Québec 2050 et qu'il ait trouvé les promoteurs «assez ouverts», Alexandre Turgeon, président exécutif de Vivre en ville, affirme que Québec a du retard à rattraper en matière de développement résidentiel durable, un des deux chantiers auxquels il a participé.

L'environnementaliste indique que le problème «fondamental» de Québec est que l'«hyperdensité» côtoie la très faible densité. Un quartier de densité idéale, d'après Vivre en Ville, comprend de 50 à 60 logements par hectare, avec une mixité de fonctions. «Il y a une nouvelle façon de concevoir l'offre résidentielle qui a émergé depuis moins de 20 ans dans plusieurs villes européennes. On n'est pas du tout connectés.» 

Les promoteurs ont «l'impression qu'ils connaissent ce que le monde veut en matière d'habitation : une maison unifamiliale avec une cour extrêmement grande. Il n'y a pas d'offre intéressante pour les jeunes familles. C'est toujours le choix du compromis qu'on nous offre : habiter dans un quartier ancien ou en banlieue», affirme M. Turgeon. Les deux ont leurs désavantages, poursuit l'urbaniste. 

Convaincre les promoteurs

Question de convaincre les promoteurs de la pertinence du nouveau modèle européen, il aimerait beaucoup pouvoir les amener en voyage. Au sud de l'Allemagne notamment, où les nouveaux quartiers sont «intéressants et inspirants». On y mélange les types de logement, de la maison unifamiliale au plex, le tout bien desservi par le transport en commun. Et on ne les trouve pas seulement en ville. Plusieurs nouveaux quartiers sont des agrandissements de villages. «Chaque fois, on y va avec une certaine densité, une place ou les enfants peuvent jouer.» On pense ensuite à la circulation des véhicules. 

Le quartier Vauban, à Freiburg, est un des précurseurs qui ont donné naissance à une nouvelle façon d'occuper le territoire. Le quartier de 36 hectares héberge 5500 habitants, dans 2000 logements. Il est desservi par un tramway et l'autobus. Vivre en Ville, qui l'a visité, a apprécié sa «densité humaine» de 56 logements par hectares, de la maison en rangée au plex de quatre étages. On y trouve aussi plusieurs espaces verts, des sentiers piétons et cyclables et des commerces. Laurie Richard (collaboration spéciale)

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer