Le haut du pavé aux énergies fossiles

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Le pétrole fournit 38,1 % des besoins énergétiques du Québec, tout juste après l'électricité qui correspond à près de 40 %.

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Le Québec est privilégié en matière de ressources naturelles, mais la province doit encore importer beaucoup d'énergie pour ses besoins. Pourquoi? L'état de la situation. »

Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Carleton) Le Québec est privilégié en matière de ressources naturelles, mais la province doit encore importer beaucoup d'énergie pour ses besoins. Pourquoi? L'état de la situation. Publication dans les six quotidiens du Groupe Capitales Médias.

Même si l'électricité constitue la plus grande source d'énergie québécoise, les énergies fossiles fournissent encore plus de la moitié de ce que les Québécois consomment, en produisant des biens et services, en se véhiculant, en étant à la maison ou en tenant commerce.

L'électricité fournit 39,7 % des besoins québécois, tout juste avant le pétrole, avec 38,1 %. Un autre hydrocarbure, le gaz naturel, se classe en troisième position, avec 13,8 %, assez nettement devant les 7,3 % de la biomasse forestière. La troisième forme d'énergie fossile, le charbon, ferme la marche avec 1,1 % de l'énergie québécoise.

Ce portrait contraste assez singulièrement avec celui du début des années 80, alors que le pétrole fournissait presque 60 % de nos besoins énergétiques. Les deux chocs pétroliers de 1973 et de 1979, qui ont fait exploser le prix des hydrocarbures, ont convaincu bien des utilisateurs de s'affranchir un peu des combustibles fossiles.

L'électricité a été la grande gagnante de ce glissement, puisque sa part de l'offre québécoise est passée de 25 % à presque 40 % au cours des 35 dernières années. La production hydroélectrique, principalement celle de la rivière La Grande, a facilité la transition.

Le volume de gaz naturel vendu aux utilisateurs québécois a plus que doublé depuis 1980. Toutefois, sa part dans l'échiquier énergétique québécois a fluctué, parce que la consommation totale d'énergie croît. La proportion d'utilisation de gaz est passée de 14 % à 12 % entre les années 90 et le début des années 2000, pour se rapprocher des 14 % à nouveau, récemment.

Le recours à la biomasse a augmenté pendant près de 15 ans, entre 1990 et 2004, mais il fléchit depuis, avec pour résultat que le volume de biomasse utilisé pour produire de l'énergie est revenu à celui d'il y a 25 ans.

Quant à la consommation de charbon, elle est stable depuis 20 ans et représente une part plutôt limitée de la consommation finale totale, à environ 1 %.

Le Québec est privilégié en matière de ressources... (Infographie Le Soleil) - image 2.0

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Infographie Le Soleil

Les industries, les plus grandes consommatrices

Nous consommons cette énergie en faisant quoi? Les industries québécoises accaparent la plus importante portion de cette énergie, à 37,2 %. Nos moyens de transport suivent avec 29,2 % de consommation de l'énergie produite ou importée. Nos logements prennent 18,6 % de l'offre d'énergie, alors que le secteur commercial s'occupe des 15 % restants.

Une analyse des tendances depuis 1986 indique que le secteur des transports connaît la plus vive croissance de consommation d'énergie, avec environ 50 % de hausse. Il n'y a eu que deux légers fléchissements en 25 ans.

Le secteur industriel a connu cinq baisses de consommation d'énergie depuis 1986, dont une chute importante après la récession de 2008 et 2009, cinq ans après les records de consommation de 2003 et 2004. «Les industries des pâtes et papiers, de la sidérurgie, de la fonte et affinage [y compris les alumineries], du raffinage, du ciment et des produits chimiques accaparent près des deux tiers de la consommation d'énergie de ce secteur», révèle une analyse du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles. La reprise de 2011 a ramené vers le haut la courbe de consommation.

Fait à noter, l'industrie des pâtes et papiers ne constitue plus le principal secteur industriel en matière de consommation d'énergie. La réduction de la consommation de papier journal et de produits d'emballage explique cette réalité. C'est maintenant l'industrie de la fonte et de l'affinage qui mène avec 30 % de l'énergie accaparée à des fins industrielles, comparativement à 24 % pour les pâtes et papiers.

Bien que ponctuée par plusieurs fluctuations, la courbe de consommation résidentielle affiche la croissance la plus modérée de tous les secteurs de consommation, en vertu d'une hausse inférieure à 12 % sur un horizon de 25 ans.

«Cette progression s'explique par une amélioration de l'efficacité énergétique. En effet, l'amélioration de l'isolation des logements et du rendement des équipements de chauffage a contribué à modérer l'accroissement de la demande en énergie, et ce, malgré l'augmentation du nombre d'habitations», note-t-on au ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles.

L'avenir de cinq filières

L'avenir des principales filières énergétiques, selon l'économiste Pierre-Olivier Pineau, de l'École des hautes études commerciales.

L'électricité

«C'est excitant, parce que le Québec se trouve entre trois marchés importants, l'Ontario, l'État de New York et la Nouvelle-Angleterre, qui voudront plus d'électricité. La taille des marchés, le prix plus élevé qui y est payé, leur appétit d'énergie renouvelable, la présence de marché du carbone et le sérieux dans leur désir de lutter contre les gaz à effet de serre sont des facteurs nous avantageant [...] Le Québec a d'énormes potentiels de production d'énergie renouvelable», note M. Pineau. Il voit chez nos voisins des occasions d'écouler l'énergie hydroélectrique et éolienne excédentaire, «avec des quantités et des prix garantis». - Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Le pétrole

«C'est un grand défi, à cause de notre dépendance. Il faut en sortir. Il y a beaucoup de solutions pour nous rendre plus riches. Le Québec n'a pas la bonne approche», souligne M. Pineau, en faisant notamment référence à la faiblesse du transport en commun. «Il se peut qu'on puisse en produire [du pétrole]. Il faut garder en tête que 10 % du pétrole est utilisé à des fins non énergétiques, ne générant pas de gaz à effet de serre, comme dans l'asphalte, les toitures, les plastiques, certains engrais. C'est entre 30 000 et 40 000 barils par jour.» - Photothèque Le Soleil

Le gaz

«C'est le combustible fossile qui émet le moins de gaz à effet de serre. Ce n'est pas celui [combustible fossile] à bannir en premier. Il rend d'énormes services à l'industrie et il est utilisé comme mode de chauffage. Il peut être une ressource renouvelable en biométhanisation», dit M. Pineau, se référant aux unités de récupération de gaz jouxtées à des dépotoirs. Le procédé d'électrolyse de l'eau dégage en outre de l'hydrogène, qu'on peut incorporer dans une proportion de 10 % au gaz naturel.

La biomasse 

Il y a de l'avenir pour cette énergie, assure M. Pineau, à cause de la neutralité de sa combustion, en matière de dégagement de carbone. Toutefois, le manque de données sur son utilisation représente un handicap dans l'évaluation de la place que prendra la biomasse. «Les données du ministère [québécois] de l'Énergie et des Ressources naturelles datent de 2011 et Statistique Canada ne documente pas bien ce secteur. Il y a de nombreuses sources de biomasse, des marchés internes [des usines de sciage qui produisent leur énergie sans qu'elle soit bien comptabilisée] ou informels, comme un fermier qui vend du bois de chauffage.»

Le charbon est utilisé essentiellement à des fins industrielles.... (Photo 123RF, Jacek Fulawka) - image 4.0

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Le charbon est utilisé essentiellement à des fins industrielles.

Photo 123RF, Jacek Fulawka

Le charbon 

«Il est utilisé essentiellement à des fins industrielles. C'est marginal», note M. Pineau, en rappelant le rôle du charbon dans certaines cimenteries et dans la sidérurgie. N'est-il pas très polluant, malgré sa faible utilisation? «Le marché du carbone va s'en charger. C'est le secteur industriel qui a le plus réduit ses émissions de gaz à effet de serre depuis 20 ans, parce que l'énergie est une dépense importante, contrairement à la plupart des individus et des commerces.»  

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