Cabinet Mallette: l'indépendance peut mener loin

Robert Fortier, associé directeur du cabinet Mallette à... (Le Soleil, Laetiita Deconinck)

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Robert Fortier, associé directeur du cabinet Mallette à Québec, témoigne de la souplesse et de l'ouverture d'esprit des comptables, qui n'ont pas hésité à confier les rênes du cabinet à un actuaire.

Le Soleil, Laetiita Deconinck

Jean Pascal Lavoie
Le Soleil

(Québec) Mallette, le plus gros cabinet comptable de la région de Québec, est aussi l'un des dix plus performants au pays, selon une publication spécialisée. Pourtant, au tournant des années 2000, Mallette a pris une orientation qui va à l'encontre des tendances actuelles : il a quitté un cabinet international pour regagner son indépendance.

Au cours des années 80, alors que les entreprises de la région commençaient à développer une dimension internationale, le cabinet s'était joint au géant Arthur Andersen pour répondre aux nouveaux besoins de ces entreprises.

«Toutefois, à la fin des années 90, Arthur Andersen a pris un virage qui ne nous convenait pas. Le cabinet a décidé de mettre l'accent sur l'offre de services aux 500 plus grandes entreprises du monde», raconte Robert Fortier, l'associé directeur de Mallette à Québec. «La seule entreprise qui se qualifiait au Québec était Hydro-Québec, et les besoins de ces grandes entreprises étaient très différents de ceux des PME. Le bureau de Québec a donc décidé d'imiter les bureaux de l'Est du Québec et du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de quitter Arthur Andersen.»

Une décision qui semble teintée de clairvoyance : Arthur Andersen, l'un des Big Five mondiaux, s'effondre en raison de sa responsabilité dans le scandale Enron, aux États-Unis.

Dans la foulée de la désaffiliation d'avec le cabinet américain, le siège social de Mallette a été rapatrié de Montréal. «Maintenant, les décisions se prennent région par région, ville par

ville, associé par associé, indique M. Fortier. Si une initiative d'une région convient aux autres, elles l'adoptent. On n'impose rien du siège social.»

Mallette a néanmoins su s'inviter dans le top 10 des cabinets du Canada, et ce, sans aucune présence dans les grands centres comme Montréal et Toronto.

M. Fortier attribue cette bonne performance à deux facteurs. «D'abord, les cabinets des grands centres ont été touchés beaucoup plus sévèrement que nous par la crise en 2008. Notre crise à nous a été celle du secteur forestier, particulièrement pour les bureaux de l'Est et du Saguenay-Lac-Saint-Jean, en 2005-2006. Alors nous étions déjà en mesure de profiter d'une relance que les autres ne vivaient pas.»

«Deuxièmement, nous prenons nos décisions localement, nous profitons de l'énergie, des réseaux et des nouveaux clients que nos jeunes associés nous apportent, et nous chassons en meute! Chez nous, les listes de clients ne sont pas secrètes et nous croisons nos réseaux.»

Implication marquée

La performance du cabinet québécois attire bien sûr l'attention des cabinets nationaux. Pourtant, chaque fois qu'une approche est faite auprès de Mallette en vue d'une association, le prétendant échoue l'épreuve qui lui est soumise.

«En quittant Arthur Andersen, nous avons conservé le même chiffre d'affaires, mais notre marge bénéficiaire est passé de -10 % à + 10 %, explique M. Fortier. Nous avons donc décidé de garder la moitié de cet argent et de redonner l'autre moitié à la communauté. Cette implication se traduit entre autres par la libération de Mario Bédard, l'un des dirigeants du cabinet, pour qu'il puisse se consacrer à temps plein à J'ai ma place. Moi-même, j'ai pu me consacrer à temps plein à la coprésidence de la campagne Centraide.

«Alors quand un compétiteur vient nous proposer une affiliation, nous lui posons deux questions : est-ce que vous auriez libéré Mario Bédard? Et est-ce que vous auriez, comme nous, un bureau à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix? Les réponses sont toujours non. Notre fierté chez Mallette, c'est d'augmenter notre rayonnement, ce n'est pas de faire plus d'argent.

Notre philosophie plaît énormément aux jeunes, d'ailleurs.»

Et ça se reflète sur la composition du personnel. La moitié des 248 employés de Mallette à Québec a moins de 31 ans, et 70 % sont des femmes.

«Nous tenons beaucoup à notre culture d'entreprise. Nous prévoyons continuer de grandir jusqu'à atteindre 300 professionnels à Québec. À partir de ce niveau, nous devrons analyser la situation. Nous voulons garder une échelle humaine», conclut M. Fortier.

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