Le Club musical aujourd'hui

Marie Fortin, l'actuelle directrice du Club musical, a... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Marie Fortin, l'actuelle directrice du Club musical, a été tourneuse de pages pendant 15 ans.

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Fondé en 1891 par des dames de la bonne société québécoise, le Quebec Ladies' Morning Musical Club invitait des solistes à venir jouer pour un petit cercle de mélomanes, dans des salons privés. Cent vingt-cinq ans plus tard, l'organisme, devenu le Club musical de Québec, rallie un millier de spectateurs pour chacun de ses concerts. Petite histoire d'une grande aventure bénévole qui a marqué le paysage musical de la capitale. »

Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Lorsque le Club musical est né, il n'y avait ni école de musique ni société de concerts dans la capitale. Cent vingt-cinq ans plus tard, alors qu'il y a une offre considérable de spectacles de musique classique à Québec, comment le Club continue-t-il d'avoir une pertinence et d'attirer des artistes de renom?

«On se parle! répond Marie Fortin, à la barre du Club musical pour une troisième saison. Tous les organismes musicaux veulent survivre et avoir une belle programmation. On a souvent des ententes d'exclusivité avec des artistes, mais c'est normal pour que chacun puisse avoir le meilleur des concerts qu'il présente. Et on est les seuls à présenter des récitals.»

Les artistes sont choisis dans un souci de variété. Chant, violon et piano, hommes et femmes, petits ensembles et solistes s'agencent chaque saison dans un menu diversifié. «Le noyau central demeure nos abonnements, même si la tendance partout est que la billetterie est à la hausse et les abonnements, à la baisse. Nos abonnés viennent recevoir un paquet découverte clé en main, si on veut, alors il faut leur offrir un beau panorama de ce qu'il y a sur la planète musicale», indique la directrice musicale.

Marie Fortin et ses prédécesseures soulignent qu'il y a toujours eu beaucoup de têtes blanches, mais aussi des enfants, aux concerts du Club. «Le public est vieillissant et veut moins sortir de chez lui. C'est quelque chose contre quoi on ne peut pas grand-chose, mais on peut mettre des concerts de jour, mais pas toute la saison. Ça a été essayé par le passé et on m'a rapporté que ça avait été peu fructueux», note la directrice musicale.

Des biscuits à l'entracte

Celle-ci a choisi de travailler en amont, en invitant les enfants à se rejoindre autour d'un plateau de biscuits à l'entracte. L'an dernier, le violoniste Joshua Bell - qui avait pourtant fait indiquer «pas de sucreries» sur son contrat - est venu partager la collation de la quarantaine d'enfants présents.

«Quand j'étais petite, je n'aimais vraiment pas les entractes, je trouvais ça plate. Je ne comprenais pas qu'on ait besoin d'interrompre le concert», raconte-t-elle. Un tirage est fait parmi les jeunes spectateurs pour désigner celui qui aura la joie d'aller porter un bouquet de fleurs à l'artiste invité à la fin du concert. «Les concerts pour enfants, c'est une chose, mais un moment donné, il faut aussi essayer de les intégrer dans la vie culturelle normale. C'est là-dessusque je mise», conclut Mme Fortin.

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