125 ans d'histoires de vie et de concerts

La salle de bal du Château Frontenac en... (Archives Le Soleil)

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La salle de bal du Château Frontenac en 1969, une des salles qu'a occupée le Club musical de Québec au cours de ses 125 saisons.

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Fondé en 1891 par des dames de la bonne société québécoise, le Quebec Ladies' Morning Musical Club invitait des solistes à venir jouer pour un petit cercle de mélomanes, dans des salons privés. Cent vingt-cinq ans plus tard, l'organisme, devenu le Club musical de Québec, rallie un millier de spectateurs pour chacun de ses concerts. Petite histoire d'une grande aventure bénévole qui a marqué le paysage musical de la capitale. »

Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Fondé en 1891 par des dames de la bonne société québécoise, le Quebec Ladies' Morning Musical Club invitait des solistes à venir jouer pour un petit cercle de mélomanes, dans des salons privés. Cent vingt-cinq ans plus tard, l'organisme, devenu le Club musical de Québec, rallie un millier de spectateurs pour chacun de ses concerts. Petite histoire d'une grande aventure bénévole qui a marqué le paysage musical de la capitale.

Louise Samson s'est dévouée à la vie musicale... (Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck) - image 1.0

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Louise Samson s'est dévouée à la vie musicale de Québec pendant une quarantaine d'années.

Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck

Le Club musical de Québec est une affaire de passion. Musicale, bien sûr, mais surtout bénévole. «Il y a un comptable bénévole, un musicologue qui rédige des notes de programme bénévolement, quelqu'un qui fait du montage graphique et des publicités, qui prépare les loges», énumère Marie Fortin, l'actuelle directrice musicale du Club.

À 36 ans, après des années d'implication - dont 15 comme tourneuse de pages pendant les concerts -, Marie Fortin a graduellement pris le relais de Louise Samson, qui s'est impliquée pendant 45 ans. En plus d'être la directrice artistique, seule fonction rémunérée au sein du Club, depuis le passage à l'an 2000, elle travaille à l'Université Laval, où elle est pianiste accompagnatrice.

Mme Fortin nous a donné rendez-vous dans un salon de thé, avec deux anciennes présidentes de l'organisation, Marie-Paule Morisset et Claire Grégoire Reid. Ça discute avec animation. Les tranches de vie et les histoires de concerts s'entremêlent.

«Une fois, le pianiste russe Evgeny Kissin voulait visiter la ville, et j'avais ma fille avec moi, la garderie était fermée, je crois. Eh bien, il a poussé la poussette dans les côtes du Vieux-Québec», raconte Mme Fortin. Elle a aussi fait faire une visite de Québec, thématique Hitchcock, au pianiste brésilien Nelson Freire, qui voulait voir tous les endroits où avaient été tournées les scènes de La loi du silence.

Même si les artistes demeurent à l'hôtel et ont généralement une routine de tournée bien établie, ils apprécient généralement l'ambiance chaleureuse, voire presque familiale, du Club musical de Québec.

Une saison de sauvetage

Dans l'histoire du Club, il y a eu des saisons très, très courues, dans les années 90, et des saisons plus difficiles. Marie-Paule Morisset et Claire Grégoire Reid se souviennent très bien de la fameuse saison 1973-1974, où elles ont dû concocter in extremis (en mai!) une saison pour l'automne suivant.

«On a réussi à planifier trois concerts, dont un du Trio beaux-arts», raconte Mme Morisset. «Le pianiste Menahem Pressler est arrivé de New York, en pleine tempête de neige, à 19h45. Les deux autres n'étaient même pas nerveux, mais moi, je l'étais! Il a juste eu le temps de se passer les mains à l'eau chaude et est entré sur scène.»

Le Club s'est installé au Grand Théâtre de Québec presque tout de suite après son ouverture. C'était un pari risqué de s'installer dans une aussi grande salle que la salle Louis-Fréchette. «Les artistes coûtaient de plus en plus cher, et on avait de moins en moins de monde. Les calorifères, les chaises droites et l'acoustique de la salle de bal du Château ne convenaient plus. Il nous fallait quelque chose de plus moderne», explique Mme Grégoire Reid. «Au Château, avant chaque concert, une fois le reste du public assis, les dames arrivaient avec des robes longues et traversaient la salle pour se rendre à leurs places réservées. Je vous dis que ça n'a pas été long qu'on a arrêté ça!» ajoute-t-elle.

Le Club s'est beaucoup démocratisé dans les années 70, notamment parce qu'il était pris en main par des femmes et des hommes modernes et énergiques.

Louise Samson n'est pas la moindre et a marqué bien des mémoires.

Les années Louise Samson

«J'ai commencé comme tout le monde, en vendant des billets au téléphone et en posant des affiches. Mais je me suis rapidement mise à négocier des contrats et à prendre une responsabilité artistique», raconte Mme Samson, qui vit maintenant à Montréal. «On avait un comité de bénévoles absolument extraordinaires», tient-elle à souligner.

Elle était la conjointe du regretté Marc Samson, journaliste au Soleil, qu'elle appelait affectueusement son «service de presse personnel». «J'avais tout ce qu'un directeur artistique compétent devait savoir sur mon bureau le matin», note-t-elle. Aux concerts, toutefois, et au quotidien, chacun se gardait bien d'intervenir dans la profession de l'autre.

Mme Samson raconte avec animation la première fois qu'elle a inscrit le pianiste Krystian Zimerman à sa programmation. «Il avait gagné le concours Chopin, ça faisait deux ans que je courais après, il avait seulement un imprésario en Allemagne, et on travaillait par fax», indique-t-elle. Mais un beau lundi matin, elle a reçu le fameux appel d'Allemagne.

Dans sa cuisine, des Russes venaient faire de la cuisine russe, le violoncelliste du Quatuor Alban Berg a acheté le violoncelle de Yo-Yo Ma, et elle a mangé des des hot-dogs Michigan avec la violoniste allemande Anne-Sophie Mutter. «On était loin du homard flambé au whisky», illustre Mme Samson.

Elle a passé le relais l'âme en paix. «Un des bons coups que j'ai fait au Club a été de recruter Marie. Quand je lui ai parlé de ça la première fois, elle était gonflée à l'hélium, j'ai eu toutes les misères du monde à la rattraper tellement elle était contente.» Une histoire de passion, disions-nous.

La parole au public

Lors des journées de la culture, à la fin septembre, le Club musical s'est offert un cadeau d'anniversaire en invitant des citoyens à venir raconter leurs souvenirs du Club musical et la façon dont celui-ci a marqué leur vie. «Quelqu'un avait écrit les notes de programme dans les années 90. Un monsieur a raconté qu'il venait voir les concerts à la salle de bal du Château Frontenac lorsqu'il avait cinq ans et que sa mère lui avait fait fabriquer un siège spécial pour qu'il voie bien. Il y a aussi eu un témoignage du premier président masculin, Roch Veilleux, qui est venu parler des liens avec son magasin de disques», raconte Marie Fortin, directrice musicale du Club.

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