Un avenir pratiquement assuré

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Le nombre de jeunes qui sortent des écoles avec une formation en agriculture est en hausse constante depuis une quinzaine d'années, laissant espérer un bel avenir dans les fermes québécoises.

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Pas moins de 8000 jeunes Québécois se disent prêts à prendre part à la relève agricole. Les défis de l'heure dans ce secteur ont été soulevés récemment avec la publication du rapport Pronovost. Les journaux du Groupe Capitales Médias abordent le sujet. »

<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Carleton) Le gouvernement du Québec a reçu ces dernières semaines le rapport Pronovost sur la relève agricole. Ce document fait le constat de la situation et formule des propositions. Les journaux du Groupe Capitales Médias ont voulu donner la parole à quelques jeunes engagés sur le terrain et intéressés par cette question.

Stéphane Deslauriers, de la Fédération de la relève... (Photo Marika Allaire) - image 1.0

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Stéphane Deslauriers, de la Fédération de la relève agricole, et Michèle Lalancette, présidente de la Fédération de la relève agricole de l'UPA.

Photo Marika Allaire

Entre 2001 et 2011, le nombre d'étudiants québécois formés en agriculture, qu'ils soient de niveaux secondaire, collégial ou universitaire, a grimpé de 3 %. La présidente de la Fédération de la relève agricole de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Michèle Lalancette, assure que jamais le Québec n'a pu compter sur un tel bassin de compétence.

«Il y a 8000 jeunes formés et prêts à prendre la relève. Il y en a encore plus si on inclut les gens qui ne se sont pas servis du chemin de la formation agricole. Les inscriptions dans les écoles sont en augmentation», assure-t-elle avec enthousiasme.

Quelques écueils complexifient toutefois l'arrimage entre les gens formés en agriculture et les fermes disponibles.

«Il y a beaucoup d'argent, sur papier, dans les coffres, mais souvent, cet argent n'est pas accessible. Tout n'est pas mauvais dans les programmes. Il est normal que la nouvelle entreprise agricole soit viable, puisque c'est souvent de l'argent public qui sert à financer la relève, mais certaines choses devraient être mises à jour. Les montants devraient être bonifiés. Tout le travail requis pour aller chercher 50 000 $ emmène des gens de la relève, et j'en connais, à conclure que ça ne valait pas la peine», note Michèle Lalancette.

Sa fédération est prête «à s'asseoir avec le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation [MAPAQ] pour voir comment on peut améliorer ce qui est en place, pour mieux utiliser l'argent disponible».

Elle s'inquiète de l'effritement des mesures de «sécurité du revenu» dans le monde agricole québécois.

«Il faut un revenu minimum garanti pour la relève agricole. On ne parle pas de profits, mais simplement de couvrir les coûts, le temps que le producteur s'établisse», insiste Mme Lalancette.

Elle souhaite aussi un arrimage entre les terres et les fermes disponibles, d'une part, et les membres de la relève désireux de les acquérir d'autre part. Cet aspect prend une importance cruciale quand on réalise que le nombre de fermes au Québec a diminué de 8 % entre 2001 et 2011, passant de 32 139 à 29 237. La superficie exploitée et les revenus de production augmentent, par contre.

«Il s'agit de la fameuse banque de terres, ou banque de fermes. Ça peut fonctionner, mettre en contact des membres de la relève avec des producteurs prêts à céder leur exploitation. Il n'y a aucune façon d'y arriver en ce moment, "officiellement". On perd des occasions des deux côtés. Je rencontre des jeunes : "Je me cherche une ferme". Personne ne s'occupe de les mettre en contact», note Mme Lalancette, qui croit que ce rôle devrait revenir au MAPAQ.

Des préoccupations

Cet effort de mise en contact est nécessaire parce que «la relève est de moins en moins familiale. C'est démographique. Avant, sur 12 enfants, il était normal que l'un des membres reprenne la ferme. Les familles sont plus petites aujourd'hui», dit-elle.

Mme Lalancette est aussi préoccupée par l'accaparement des terres par de grands groupes. «Au sens du gouvernement, c'est la protection contre des intérêts étrangers. Le ministre [Pierre] Paradis dit qu'une loi béton nous protège. C'est bon pour l'instant. Je m'inquiète surtout des fonds d'investissement, qui achètent des terres pour assurer un rendement à leurs investisseurs. Historiquement, les terres agricoles n'ont jamais perdu de valeur. Les producteurs louent ces terres, mais est-ce qu'on veut vivre dans un modèle où les producteurs ne seraient que locateurs? Ce modèle n'est pas attirant pour la relève.»

L'établissement en agriculture requiert des investissements intensifs en capital, rappelle Stéphane Deslauriers, de la Fédération de la relève agricole.

«Pour faire un dollar de revenu de façon soutenue, il faut investir huit dollars en équipement. Il faut respecter des normes de salubrité, de qualité. La réciprocité des produits en tenant compte de ce qui se produit dans d'autres pays constitue un autre facteur justifiant les investissements», dit-il.

Le futur producteur se présentant à l'Union des producteurs agricoles avec l'idée d'acheter une ferme doit d'abord se rendre au MAPAQ, note M. Deslauriers.

«On le dirige vers un conseiller du MAPAQ, où il mettra son projet sur la table. Quand il s'agira de financement, il sera dirigé vers le FIRA, le Fonds d'investissement en relève agricole. C'est un fonds dédié de 75 millions $ établi il y a cinq ans par la Financière agricole, le Fonds de solidarité de la FTQ et les Caisses Desjardins. Par la suite, il ira voir la Financière agricole du Québec [le bras pécuniaire de l'État] et les institutions financières. Il ne faut pas oublier la Financière agricole du Canada. Un jeune de la relève se fera invariablement demander s'il a vu ces quatre instances», conclut M. Deslauriers.

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