Relève agricole: des programmes «à simplifier»

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Pierre Paradis s'est félicité du nombre de diplômés en hausse dans le domaine, surtout des inscriptions à l'Institut de technologie agricole.

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Pas moins de 8000 jeunes Québécois se disent prêts à prendre part à la relève agricole. Les défis de l'heure dans ce secteur ont été soulevés récemment avec la publication du rapport Pronovost. Les journaux du Groupe Capitales Médias abordent le sujet. »

<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) L'aide aux jeunes agriculteurs passera par la fiscalité et par la simplification des programmes existants, affirme le vétéran ministre Pierre Paradis, qui semble bien mieux s'entendre avec la relève qu'avec ses porte-paroles.

Rencontré à son bureau de l'Assemblée nationale, le député-ministre libéral de Brome-Missisquoi, qu'il représente depuis 1980, a établi qu'il ne croit pas en la nécessité d'aménager de nouveaux programmes pour la relève.

Formation, accompagnement, appui, fonds d'investissement du ministère ou soutien financier de la Financière agricole, il a exhibé une liste de programmes destinés aux jeunes se lançant en affaires agricoles. «Ça s'est ajouté, année après année, gouvernement après gouvernement.

«Ça en fait pas mal de programmes. Si t'es un jeune, te démêler dans ça», ce n'est pas évident. «Définitivement, il y a une simplification des programmes à faire.»

L'autre avenue qu'inaugure le gouvernement de Philippe Couillard, a repris M. Paradis, passe par deux outils fiscaux promis en campagne électorale pour favoriser l'accès à la propriété des jeunes : pour le vendeur, l'exemption de taxation sur les gains en capital pour le premier million de dollars du transfert d'une ferme - qui est son fonds de pension; la possibilité pour celui qui achète, enfant du vendeur ou non, de constituer une mise de fonds annuelle de 15 000 $ à l'abri de l'impôt.

Pierre Paradis continue de se montrer sceptique relativement à l'ampleur du phénomène de financiarisation des terres, l'achat par des fonds d'investissement. Avant de poser un geste, il attend le portrait qu'en fera de la commission parlementaire. L'Union des producteurs agricoles (UPA) a demandé un moratoire, mais personne ne saurait exactement où et combien d'hectares sont accaparés par des investisseurs, selon le ministre.

C'est un sujet qui fait que les relations ne sont pas au beau fixe avec la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ), en faveur comme l'UPA de contrer une financiarisation perçue comme un frein pour les jeunes agriculteurs.

Pierre Paradis a nié être en froid avec la Fédération. Il a indiqué avoir rendu visite à son président, à sa ferme, pour le rencontrer, avec ses parents. Par contre, il a nié avoir brisé une coutume en n'assistant pas au congrès annuel de la FRAQ, ce que lui reproche cette dernière.

Il s'est dit aussi «déçu et surpris» par la réaction de l'organisme lorsqu'il a nommé le haut fonctionnaire Jean Pronovost pour obtenir des recommandations sur la relève. Celui-ci, signataire d'un document où il critiquait l'UPA, n'a pas eu de collaboration pour obtenir des noms de jeunes agriculteurs, a déploré le ministre Paradis.

Il s'est targué d'éviter des coupes importantes à son ministère. La relève agricole doit-elle faire sa part pour l'atteinte du déficit zéro? Moment d'hésitation : «Quand tu commences dans la vie, t'as rien dans les poches. Demander un effort à quelqu'un qui n'a rien, c'est de l'ouvrage» et inéquitable.

Pierre Paradis s'est félicité du nombre de diplômés en hausse dans le domaine, surtout des inscriptions à l'Institut de technologie agricole. «S'il y a une industrie qui a pris le virage de la technologie, c'est bien celle de l'agroalimentaire.»

Chaque année se présentent 400 cas de relève dans les fermes québécoises. Un problème qui «existe partout» dans les autres domaines. «Nous sommes une société vieillissante. Nos problèmes de relève sont horizontaux.» Mais, à l'heure de la «conciliation travail-famille», ils sont peut-être un peu plus complexes «sur une ferme, c'est 7 jours par semaine, 365 jours et quart par année».

La relève vue par...

La CAQ

La problématique des néo-agriculteurs

Pour la Coalition avenir Québec, la problématique de la relève ne se résume pas aux enfants qui veulent reprendre la ferme familiale. C'est surtout celle «plutôt des néo-agriculteurs, des jeunes qui veulent s'établir sur une terre, qui n'ont pas vraiment de famille» dans le domaine, fait valoir la caquiste Sylvie d'Amours. Elle-même agricultrice, elle signale que la plupart des producteurs vendront à leur enfant leur entreprise sous sa valeur réelle pour les aider. Or, 1000 jeunes sortent des écoles spécialisées et tous ne bénéficient pas du lien de parenté. «Si t'as pas de capital, tu ne peux pas t'acheter une terre qui vaut des millions de dollars.» Une piste. «Pourquoi ne pas permettre à Investissement Québec de leur prêter?» Les fonds d'investissement pourraient aussi aider à certaines conditions. L'accaparement des terres, «ce n'est pas un problème encore», s'il n'est pas exclu que ça le devienne. La CAQ suggère de changer la loi pour que la relève puisse acquérir et remettre en production des terres en friche.

Le PQ

Le problème est libéral...

«Assurément, il y a un problème de relève agricole», commente André Villeneuve, député et critique pour le Parti québécois. «Le facteur le plus important, c'est que nous avons un gouvernement qui ne croit pas à l'agriculture. La relève en est affectée.» Et l'accaparement des terres par des fonds d'investissement est un écueil, a ajouté le député de Berthier. «Quand un fonds vient acheter de grands blocs de terre, ça ne facilite pas la relève.» Aussi, «il faut faciliter le transfert [des fermes] aux parents et aux non-parents».

M. Villeneuve juge trop restreinte la décision libérale d'exempter d'impôts le premier million de dollars de la vente d'une ferme. Il a repris l'idée énoncée par sa collègue Martine Ouellet de permettre aux jeunes l'accès à un «capital patient», des prêts à long terme de l'État. Autre proposition qu'il endosse, il y a lieu d'élargir l'assurance stabilisation à des secteurs non couverts, comme les producteurs biologiques. «Il faut être imaginatif.»

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