Relève agricole: le parcours du combattant

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Pour Marcel Groleau, président de l'UPA, ce n'est pas la valeur d'une ferme qui complique son transfert mais sa rentabilité.

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Pas moins de 8000 jeunes Québécois se disent prêts à prendre part à la relève agricole. Les défis de l'heure dans ce secteur ont été soulevés récemment avec la publication du rapport Pronovost. Les journaux du Groupe Capitales Médias abordent le sujet. »

<p>Gabrielle Thibault-Delorme</p>
Gabrielle Thibault-Delorme

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) La relève manque-t-elle en agriculture? Non, répond Magali Delomier, directrice générale pour la Fédération de la relève agricole du Québec, rappelant que chaque année, 800 étudiants sortent des écoles avec un diplôme en agriculture. «Le vrai problème, affirme-t-elle, c'est l'accès aux terres.»

«Il y a beaucoup de spéculateurs, d'investisseurs qui... (Photo fournie par Magali Delomier) - image 1.0

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«Il y a beaucoup de spéculateurs, d'investisseurs qui achètent des terres agricoles, qui les laissent en friche pour les dézoner et y construire de l'immobilier», explique Magali Delomier.

Photo fournie par Magali Delomier

«Les outils actuels ne sont pas suffisants pour permettre aux jeunes de devenir propriétaire, surtout dans le cas d'un transfert non apparenté [qui ne passe pas de génération en génération]», déplore Marcel Groleau, président général de l'Union des producteurs agricoles, qui propose l'implantation de mesures fiscales pour le cédant qui l'encourageraient à vendre sa ferme plutôt que de la démanteler. «Actuellement, ajoute-t-il, c'est plus intéressant pour un propriétaire de démanteler sa ferme plutôt que de la transférer.» 

Pour les jeunes agriculteurs, se procurer une terre peut s'avérer un véritable parcours du combattant. Au Québec, le phénomène d'accaparement des terres cause un problème d'accès pour la relève. «Il y a beaucoup de spéculateurs, d'investisseurs qui achètent des terres agricoles, qui les laissent en friche pour les dézoner et y construire de l'immobilier», explique Magali Delomier qui signale que le problème se trouve surtout en périphérie des villes, là où les terres agricoles sont particulièrement riches. 

À cela s'ajoute une concentration des terres dans les mains d'un nombre de plus en plus réduit d'acheteurs. Au cours des cinq dernières années, les 15 sociétés les plus actives sur le marché ont mis la main sur plus de 27 000 hectares de terres. «Il ne faudrait que 700 investisseurs possédant chacun 4000 hectares pour remplacer les 28 000 fermes du Québec», met en garde l'UPA dans son mémoire sur l'accaparement des terres agricoles, présenté en mars à la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles. 

valeur à la hausse

En plus de diminuer le nombre de terres disponibles pour la relève, l'accaparement des terres hausse significativement la valeur des terrains, en raison de la spéculation. En 1990, un hectare de terre qui se vendait 1620 $ en vaut 10 115 $ aujourd'hui. Et cette valeur marchande s'éloigne de plus en plus de sa réelle valeur agricole. 

Le risque financier est grand pour les agriculteurs de la relève et pour les prêteurs, qui peuvent se montrer frileux à accorder leur financement. Surtout que l'agriculture ne garantit pas une stabilité de revenus. 

«Les transferts d'entreprises qui fonctionnent le mieux, ce sont les transferts d'entreprises qui sont sous gestion de l'offre [comme les fermes laitières], car les revenus sont prévisibles. Les valeurs des fermes sont quand même importantes, mais ce n'est pas nécessairement la valeur d'une ferme qui empêche son transfert, c'est sa rentabilité», explique Marcel Groleau. «Ça prend des programmes, comme l'ASRA [assurance stabilisation du revenu agricole], qui permettent une certaine sécurité du revenu pour que les entreprises se développent et pour qu'elles soient transférables.

«Si les jeunes n'ont pas de financement, s'ils n'ont pas de programmes d'assurance de revenus qui leur permettent d'être autonomes, nécessairement, ils ne pourront pas démarrer en agriculture», s'inquiète M. Groleau, qui souligne qu'ultimement, «le gouvernement aura une décision à prendre sur quel type d'agriculture il veut».

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