Le b.a.-ba du transfert agricole

Souvent, les cédants vont rester dans l'entreprise pour... (Shutterstock, Budimir Jevtic)

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Souvent, les cédants vont rester dans l'entreprise pour coacher la relève.

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Pas moins de 8000 jeunes Québécois se disent prêts à prendre part à la relève agricole. Les défis de l'heure dans ce secteur ont été soulevés récemment avec la publication du rapport Pronovost. Les journaux du Groupe Capitales Médias abordent le sujet. »

<p>Gabrielle Thibault-Delorme</p>
Gabrielle Thibault-Delorme

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Pour assurer la pérennité de leur entreprise, bien des cédants la transféreront à la relève, que celle-ci soit apparentée ou non. Le Soleil a demandé à Marc Fortin, agronome et directeur de transfert agricole pour le Mouvement Desjardins, de nous renseigner sur le transfert d'entreprises agricoles.

Q Comment un cédant peut-il faciliter le transfert de sa ferme?

R Le premier critère, c'est son désir de la continuité de l'entreprise. Une chose importante est aussi la confiance envers la relève en place. Les relèves d'aujourd'hui ont de plus en plus de formation. [En général], les premières parts acquises par la relève le sont quand même assez tôt, on parle de 25 ans en moyenne au Québec. 

Q Quels sont les avantages, du transfert pour le cédant,?

R Souvent, les cédants ont travaillé pendant 30-40 ans dans l'entreprise. Ils ne sont pas prêts à arrêter de travailler du jour au lendemain. Ils aiment ce qu'ils font, ils n'ont pas d'autre projet pour leur retraite. Souvent, ils vont continuer à coacher la relève [...] De plus en plus de cédants, même s'ils n'ont pas de relève familiale, préconisent le transfert.

Q Comment se déroule le transfert?

R Il existe différents programmes et subventions, par la Financière agricole du Québec et différentes fédérations spécialisées, qui facilitent un transfert progressif. Souvent la jeune relève va acquérir entre 20 et 25 % des parts, puis 50 % de l'entreprise pour finalement atteindre le 100 % et devenir le seul gestionnaire. Ça permet à la relève d'acquérir les compétences et l'expérience. 

Q À quel moment le cédant reçoit-il la valeur de la transaction?

R Ça peut varier entre recevoir tout l'argent à un certain moment ou sous forme de salaire pendant 20-25 ans. Ce qu'on vise avec le cédant, c'est d'avoir une certaine marge de manoeuvre pour qu'ils puissent accomplir des projets ou [prévoir les coups durs]. C'est un juste équilibre selon chaque situation. 

Q Dans le cas où un enfant reçoit la ferme familiale, comment évite-t-on la jalousie entre frères et soeurs?

R On sensibilise de plus en plus les parents à essayer de conserver l'harmonie familiale. Il existe différents produits de gestion de patrimoine et d'assurance-vie qui peuvent permettre aux enfants qui ne sont pas dans l'entreprise de recevoir une partie du patrimoine. Le volet humain est de plus en plus abordé dans les transferts.

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