Réseaux sociaux et recrutement: il faut dompter la «bête»

Le président de Proxima Centauri, Rémi Lachance... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le président de Proxima Centauri, Rémi Lachance

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Cet automne, Le Soleil s'intéressera au monde du travail et de l'emploi. Nous nous attarderons aux tendances et raconterons la vie au travail dans les entreprises de la région de Québec. »

(Québec) Rémi Lachance se décrit comme un «évangélisateur». Sa croisade porte sur l'utilisation des médias sociaux par les entreprises pour le recrutement de talents. Il lui arrive, à l'occasion, de penser qu'il prêche dans le désert.

«Oui, les employeurs québécois sont de plus en plus sensibilisés au recrutement par l'entremise des médias sociaux. Ils n'en font toutefois qu'une utilisation très préliminaire. Je suis déçu de constater qu'ils ne maîtrisent pas toutes les possibilités offertes, souvent gratuitement, par LinkedIn notamment», témoigne le président de Proxima Centauri, une firme de Québec spécialisée en gestion des ressources humaines.

«Devant l'éventail de moyens proposés par les médias sociaux, les employeurs sont pris au dépourvu. Ils sont effrayés par la bête qui est devenue un outil de communication, de marketing et de recrutement essentiel pour les organisations.»

Selon Rémi Lachance, il faut prendre avec un grain de sel les statistiques montrant que les entreprises recrutent de plus en plus par l'entremise de l'un ou l'autre des 300 regroupements d'individus et d'organisations que l'on trouve dans le petit monde des réseaux sociaux. «Souvent, elles vont se bâtir un profil, mais elles n'en feront guère plus. Être actif sur les médias sociaux, c'est beaucoup plus que d'y être présent.»

Une enquête sur les pratiques de recrutement réalisées en 2011 par le service de placement de l'Université Laval indiquait que 26,4 % des employeurs utilisaient les réseaux sociaux pour recruter des étudiants ou des diplômés universitaires, une clientèle qui ne jure que par Facebook et compagnie. Dans les faits, le recours aux médias sociaux arrive au 10e rang derrière les services de placement des établissements d'enseignement, les réseaux de contacts, les sites Web gouvernementaux de recrutement, les candidatures spontanées, les ressources internes, les sites Web privés de recrutement, les sites Web corporatifs, les foires d'emplois et les ordres professionnels. Les réseaux sociaux arrivent tout juste devant les journaux et les agences de placement privées.

Depuis 2008, Proxima Centauri a formé des recruteurs dans près de 400 organisations sur l'art d'utiliser LinkedIn, entre autres, pour dénicher les perles rares qu'ils n'arrivent plus à trouver par l'entremise des méthodes traditionnelles.

«Nous répétons à nos clients qu'en utilisant les réseaux sociaux, ils pourraient réaliser des économies. Des entreprises dépensent de 300 000 $ à 400 000 $ par année pour se faire offrir des services de recrutement clé en main. Nous offrons ces services. Nous travaillons aussi à ce que nos clients deviennent de plus en plus autonomes. Dans le meilleur des mondes, je ne devrais plus, dans cinq ans, offrir des services de recrutement clé en main à mes clients, car ils devraient tous être en mesure d'utiliser judicieusement les médias sociaux pour trouver tous les travailleurs dont ils ont besoin.»

Facebook ou LinkedIn?

Au Québec, il y a quatre millions d'utilisateurs Facebook. Un bassin de recrutement à faire rêver.

«Sur Facebook, les échanges vont dans tous les sens. Il arrive parfois que ça dérape. Pour réparer les pots cassés et minimiser les effets indésirables sur l'image de l'organisation, une entreprise aura fort à faire», explique Rémi Lachance, qui émet des réserves sur l'efficacité de Facebook à combler les attentes des employeurs en matière de recrutement.

«Cet outil, par contre, constitue une vitrine exceptionnelle pour faire valoir la marque d'employeur d'une entreprise en montrant, par exemple, à quel point il est agréable de travailler pour elle et en communiquant régulièrement avec ceux qui la suivent», fait remarquer M. Lachance en soulignant que le pourcentage de Québécois, selon le CEFRIO, qui «suivaient» des organisations ou des marques sur Facebook avait grimpé de 22 % à 50 % entre 2001 et 2012.

«Les dernières personnes que nous avons embauchées chez Proxima Centauri nous suivaient sur Facebook depuis déjà quelques années. Quand elles ont intégré l'entreprise, elles savaient pratiquement tout sur nous.»

Si Facebook est la vitrine recherchée pour se faire voir, LinkedIn est l'outil idéal pour recruter, estime Rémi Lachance.

LinkedIn est l'outil de réseautage professionnel le plus important et le plus utilisé en Amérique du Nord. Pas moins de 120 millions de personnes y sont abonnées.

Au Québec, 1,8 million de personnes y affichent leur profil. Parmi eux, des gestionnaires, des professionnels et des cols bleus. Ils proviennent de 170 secteurs d'activités.

Sur LinkedIn, il est possible de publier gratuitement des offres d'emploi à des groupes spécialisés. Vous cherchez un comptable. L'outil de recherche intégré vous sortira 227 000 noms. Vous cherchez un comptable formé à l'Université Laval, possédant huit ans d'expérience et habitant dans la région, LinkedIn vous proposera 227 noms. Une mine d'or. Et il y a toutes sortes d'autres applications, gratuites et payantes, qui permettent aux organisateurs de trouver la perle rare.

Deux mille embauches par année au CHU 

Aucune organisation à Québec n'embauche plus de personnel dans une année que le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHU).

«Bon an mal an, nous recrutons 2000 personnes», indique Julie Girard, adjointe au directeur des ressources humaines. Avec 15 000 employés, le CHU est le principal employeur à Québec.

Recruter des travailleurs pour cinq établissements est un tour de force. On y dénombre 300 titres d'emploi dans 20 secteurs différents. En raison de la rareté de main-d'oeuvre, il est difficile de recruter des infirmières, des préposées aux bénéficiaires, des informaticiens, des employés de bureau et des électriciens.

Dans ses stratégies de recrutement, le CHU privilégie encore l'«approche personnalisée», soit les salons carrières dans les maisons d'enseignement. 

«Nous utilisons de plus en plus les médias sociaux», signale Mme Girard. «Nous avons une page Facebook sur laquelle nous affichons tous nos postes. Nous avons un compte Twitter et nous utilisons aussi LinkedIn.»

Le recours aux médias sociaux est encore trop récent au CHU pour en faire une évaluation approfondie, soutient-elle. «Nous constatons que nos offres d'emplois circulent. Nous voyons que ça donne des résultats. Nous savons surtout que les médias sociaux sont devenus incontournables et que nous n'avons pas le choix d'y recourir pour atteindre nos objectifs de recrutement.»

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