Systématix et le choc des cultures: un sapin rassembleur

Photo de famille internationale autour du sapin de... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Photo de famille internationale autour du sapin de Noël de Systématix. Dans l'ordre, on retrouve Annie Bouchard, vice-présidente principale du marketing, Stéphane Ngom, Yunhua Tang, Alexandre Guimont, Rodigo Tengelmann, Marilou Bleau, responsable de la dotation, et Régis Goulet, vice-président principal aux opérations.

Le Soleil, Steve Deschênes

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Vie au travail
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Cet automne, Le Soleil s'intéressera au monde du travail et de l'emploi. Nous nous attarderons aux tendances et raconterons la vie au travail dans les entreprises de la région de Québec. »

(Québec) À peine le temps d'une fraction de seconde, la direction de Systématix s'est interrogée sur le sort de son arbre de Noël.

C'était à l'époque où une juge d'un tribunal avait ordonné le retrait d'un sapin de Noël du hall d'entrée d'un palais de justice à Toronto, car sa présence risquait d'offenser des non-chrétiens.

C'était aussi à l'époque, en 2006, où une directive interne circulant à Service Canada interdisait l'installation de sapins, de couronnes ou de tout autre symbole de Noël dans les bureaux québécois de l'agence fédérale. C'était à l'époque, également, où des esprits zélés suggéraient d'effacer de notre mémoire le sapin de Noël et de le rebaptiser l'arbre de vie!

«Nous en sommes rapidement venus à la conclusion que notre arbre de Noël faisait partie de l'identité québécoise et de ce que nous sommes chez Systématix. Sa présence ne dérangeait personne. Je serais d'ailleurs bien étonnée que l'on en arrive, un jour, à devoir le mettre au rancart», affirme Annie Bouchard, vice-présidente principale du marketing de la firme qui offre des services-conseils dans les domaines de la gestion et des technologies de l'information.

Pourtant, toutes les raisons auraient été bonnes pour Systématix d'envoyer son sapin aux ordures ou encore de le cacher de la vue des non-chrétiens. À Québec, 36 % du personnel de la société est composé d'immigrants provenant de 19 pays différents. Des Français et des Brésiliens surtout, mais aussi des Africains, des Finlandais, des Chinois, des Vietnamiens et autres. «Au cours des derniers mois, nous avons accueilli une douzaine de nouveaux salariés issus de l'immigration», informe Mme Bouchard. Dans la région, Systématix fait d'ailleurs figure de pionnière en matière de recrutement international.

«Ce qui est important pour nous, c'est de ne pas perdre notre identité québécoise», insiste-t-elle. «Le fait de recourir à des talents venant des quatre coins du monde - parce que nous ne parvenons pas à combler tous nos besoins compte tenu de la rareté de ressources qualifiées ici - n'est pas une source d'embêtements pour nous, ça devient plutôt une opportunité pour nous adapter à l'évolution de la société et des êtres humains. Outre quelques petits ajustements, nous n'avons pas apporté de grands changements pour gérer ce que l'on peut appeler le vivre ensemble, car nous agissons dans le respect de l'humain.»

Prière, congés et party

«À midi, l'employé s'est levé. Il a déposé un tapis par terre. Il s'est agenouillé et il a commencé à réciter sa prière. Ç'a été un choc», se remémore Annie Bouchard. «Comment gère-t-on cette nouvelle situation? Comment lui permettre de continuer à dire sa prière sans que ça dérange ses collègues et que ça ne soit pas perçu comme un privilège?»

Systématix a fini par trouver un accommodement raisonnable.

Des endroits spécifiques ont été désignés pour permettre aux travailleurs d'aller prier sans importuner personne. «C'est comme si quelqu'un sortait à l'extérieur pendant 10 ou 15 minutes pour aller fumer», compare Mme Bouchard.

Au chapitre des congés supplémentaires demandés pour des motifs religieux, Systématix signale avoir trouvé une formule satisfaisante pour tous.

Elle accorde huit congés mobiles à tout son monde. Ils s'ajoutent aux jours fériés, chômés et payés comme Noël, Pâques ou l'Action de grâces. «Chaque employé peut utiliser ses congés mobiles à sa guise.»

En ce qui a trait au party de Noël, par exemple, l'entreprise dit tenir compte des habitudes culturelles et religieuses de ses employés de la même manière qu'elle est attentive aux besoins de ceux et celles qui ont des intolérances et des allergies alimentaires ou qui sont végétariens.

Quant au port du voile, Systématix n'impose aucune restriction. «Nous ne percevons aucun problème qui nécessiterait une action de notre part. Et si une femme nous arrivait couverte des pieds à la tête, comment réagirions-nous? C'est une bonne question!»

Par ailleurs, Systématix s'attend éventuellement à devoir composer avec la charte affirmant les valeurs de laïcité et la neutralité religieuse de l'État - le projet de loi 60 - qui touchera indirectement les entreprises privées qui font affaire avec le gouvernement. En effet, les employés de ces entreprises ne pourront pas porter de signes religieux ostentatoires lorsqu'ils iront réaliser des mandats dans les ministères et organismes.

«Pour Systématix, la valeur humaine est une priorité», affirme Annie Bouchard. «Nos employés sont tous égaux, et ce, peu importe leurs origines. Notre objectif est de s'assurer que l'employé possède les compétences requises et partage les valeurs de l'entreprise. Que l'on soit Québécois ou immigrant, un match adéquat est requis et bénéfique autant pour l'employeur que pour l'employé», ajoute-t-elle en précisant que l'entreprise avait dû intervenir, ces dernières années, auprès de travailleurs étrangers qui refusaient systématiquement de recevoir des directives de la part de gestionnaires de sexe féminin.

«Nous sommes devenus très bons dans le choix de nos employés, et ce, qu'ils soient des immigrants ou des "pure laine", note Mme Bouchard. Nous recherchons, évidemment, des gens compétents, mais aussi des gens qui affichent une grande ouverture d'esprit. À titre d'employeur, nous ne nous mêlons pas de la vie privée de nos salariés. Au travail, par contre, nous voulons des gens qui sont capables de travailler en équipe, de rencontrer les objectifs de la compagnie et de nos clients.»

La méthode Systématix semble avoir porté ses fruits, car l'entreprise vient d'obtenir la certification Employeur remarquable décernée par le Bureau de normalisation du Québec. Pour obtenir cette mention qui récompense les sociétés qui ont recours aux meilleures pratiques en matière de gestion des ressources humaines, une entreprise doit obtenir un résultat supérieur à 70 % dans l'étude de 68 pratiques différentes (qualité de vie au travail, rémunération, etc.). Et elles sont évaluées par leurs employés à partir d'un sondage confidentiel.




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