Coup de massue bienfaiteur chez Olympus NDT

Des employés d'Olympus NDT font du yoga ou... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

Des employés d'Olympus NDT font du yoga ou du zumba à l'heure du dîner. D'autres courent ou marchent dans les rues avoisinantes. Les plus braves, eux, adoptent l'insanity workout.

Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Vie au travail
Vie au travail

Cet automne, Le Soleil s'intéressera au monde du travail et de l'emploi. Nous nous attarderons aux tendances et raconterons la vie au travail dans les entreprises de la région de Québec. »

(Québec) Dans la foulée de la crise financière qui s'abattait sur les États-Unis, il y a trois ans, le carnet de commandes d'Olympus NDT rapetissait à vue d'oeil.

Poussée au pied du mur, l'entreprise du Parc technologique du Québec métropolitain spécialisée dans la fabrication d'appareils de contrôle non destructif destinés à diverses applications industrielles n'avait pas le choix : elle montrait la porte à une trentaine de ses 350 employés.

«Ces mises à pied ont jeté la consternation au sein de l'entreprise. Pendant des mois, les troupes ont eu le moral dans les talons. Nous étions devenus une compagnie plate, drabe et ennuyante», se remémore Alain LaBoissonnière, directeur des opérations d'Olympus NDT.

Des employés qui avaient survécu aux suppressions de postes quittaient l'entreprise de leur propre chef. Pour eux, l'herbe était assurément plus verte ailleurs. Surtout à Québec, avec tous ces postes à pourvoir dans les firmes de haute technologie.

La direction de l'entreprise et les représentants des travailleurs se sont creusé les méninges pour trouver le traitement-choc qui allait secouer les puces d'Olympus NDT. «Il fallait remettre les gens en forme autant psychologiquement que physiquement», expose Alain LaBoissonnière.

En même temps que s'amorçait une campagne visant à recentrer les valeurs de l'entreprise, Olympus NDT s'engageait dans une démarche structurée dans l'espoir de décrocher la certification Entreprise en santé accordée par le Bureau de normalisation du Québec.

«Le programme interne d'Entreprise en santé, lancé en novembre 2011, a reçu un tel accueil de la part de nos employés que nous avons décidé de reporter la demande de certification. Nous reprendrons tout ça lorsque nous voudrons donner un deuxième souffle à notre initiative.» 

Yoga, Zumba et insanity workout!

«Je n'avais pas couru depuis une vingtaine d'années, témoigne M. LaBoissonnière. Je m'y suis remis sérieusement. Au dernier Marathon des Deux Rives, j'ai fait l'épreuve de 10 kilomètres.»

Des exemples comme le sien, le patron les cite l'un après l'autre. 

«Il n'y a pas si longtemps encore, l'un de nos salariés ne faisait aucun exercice physique. En 2012, au Marathon des Deux Rives, il a marché cinq kilomètres. Cette année, il a couru le demi-marathon! Nous encourageons nos employés les plus sédentaires à bouger. Juste une petite marche de 15 minutes dans le stationnement, à la pause, ça fait du bien.»

C'est une obsession de la bonne santé qu'a implantée Olympus NDT. Le midi, l'entreprise se transforme en un centre d'entraînement. Des employés courent ou marchent dans les rues avoisinantes. D'autres font du yoga ou du Zumba. Les plus braves, eux, adoptent l'insanity workout

Tout ça n'a pas coûté une fortune à l'entreprise, qui encourage d'ailleurs ses travailleurs à accumuler les minutes d'activité physique. Plus elles s'additionnent, plus le budget sportif prend de l'embonpoint!

«Nous avons installé des douches sup----plémentaires. Nous engageons des animateurs d'activités physiques et des conférenciers pour nous entretenir de nutrition ou de conciliation travail-famille. Nous payons le transport de nos athlètes lorsqu'ils vont courir à l'extérieur de la région et nous défrayons une partie des frais d'inscription de nos employés qui participent au Défi entreprises, par exemple. Nous étions une soixantaine, ce printemps, sur les Plaines.»

Pour M. LaBoissonnière, les résultats du virage santé entrepris il y a quelques années rapportent des dividendes. 

«Le moral des troupes a pris du mieux. La productivité s'est accrue. Le sentiment d'appartenance est de retour. Nous travaillons fort pour que l'entreprise devienne un milieu de vie, et non pas seulement un endroit où l'on va gagner sa croûte à tous les jours de 8h à 17h.»

«Ma plus grande satisfaction est de constater que l'on n'a plus à pousser les gens pour qu'ils fassent du sport. Ils enfilent leurs espadrilles et go, ils s'en vont courir ou marcher.»

L'appât : un médecin

Président de GDG Informatique et Gestion, Gaétan Duchesne a été l'un des premiers employeurs à Québec à offrir l'accès à des services médicaux à ses salariés.

Lancée il y a deux ans, son initiative a fait boule de neige. Près d'une centaine d'entreprises ont emboîté le pas. Tous les moyens sont bons pour attirer la main-d'oeuvre et la conserver!

«J'offre à mes 60 employés un abonnement annuel dans une clinique familiale privée ainsi que trois consultations gratuites pour eux ou pour les membres de leur famille.»

Une facture d'environ 30 000 $ que Gaétan Duchesne place dans la colonne des investissements. 

«C'est rentable pour la compagnie. Le taux d'absentéisme a chuté. Nos employés ne perdent plus des demi-journées à attendre dans une clinique sans rendez-vous. C'est pratique pour les jeunes parents.»

Président du Groupe Financier Stratège, Gabriel Couture offre, lui aussi, des services médicaux à ses 25 employés. Il y voit une façon de se démarquer dans une industrie, celle des services financiers, affligée par des taux de roulement élevés.

«On me dit un brin paternaliste. Quoi qu'il en soit, je veux m'occuper correctement de mes employés, et surtout de leur santé. Ils sont importants pour la croissance du cabinet.»  

À la tête de deux des plus importantes cliniques privées à Québec, les docteurs Anne Leclerc (Médicina) et Marc Lacroix (Cliniques médicales Lacroix) constatent l'engouement des employeurs. 

Contrairement à des grandes sociétés dans le domaine des services de santé offerts aux entreprises, ces deux cliniques ne proposent pas que des bilans de santé, mais un accès à un médecin de famille.

«Il n'y avait pas une journée, le printemps dernier, où nous ne recevions pas un appel d'une compagnie en quête d'information sur les formules que nous proposons aux entreprises», signale Anne Leclerc.

«Pour le peu de frais que ça représente dans une année, l'entreprise fait une bonne affaire», ajoute Marc Lacroix. «S'ils sont malades, leurs salariés pourront rencontrer un médecin plus rapidement. Un traitement pourra être apporté plus rapidement, évitant ainsi une période d'arrêt de travail prolongée.» 

Des cliniques à l'interne?

Le jour n'est peut-être pas bien loin où les entreprises offriront l'accès à des services médicaux à l'intérieur de leurs murs! Le docteur Lacroix avoue avoir été approché par des multinationales installées à Québec pour ouvrir des cliniques pour leurs employés dans leurs installations.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer