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<p>Jean Soulard, le nouveau porte-parole de l'événement, causera des liens entre les artisans du terroir et les chefs.</p>
Jean Soulard

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Oui, un vin de tomates! Fallait y penser, me direz-vous.

Aline Tanguay et Louis Baeyeur dans le champs... (Collaboration spéciale, Jean Soulard) - image 1.0

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Aline Tanguay et Louis Baeyeur dans le champs de Pascal Miche

Collaboration spéciale, Jean Soulard

Mais pour arriver à faire un grand nectar, il aura fallu une grande et longue histoire et un tas de coïncidences.

C'est le grand-père de Pascal Miche - Omer, pour ne pas le nommer - qui a eu l'idée de faire du vin avec des tomates. Nous sommes en Belgique à l'été 1938, la récolte de tomates est exceptionnelle, un peu comme au Québec cette année.

«Pour ne pas les gaspiller, essayons de faire quelque chose avec», s'est alors dit l'aïeul. En faire du vin n'était pas en soi une mauvaise idée. Ici, nos grand-mères auraient plutôt retroussé leurs manches et sans doute fait des tonnes de bocaux de sauce tomate ou bien de sauce à spagat.

La recette du fameux vin fut bien conservée, devint un secret de famille et les années passèrent.

***

Pascal Miche, homme aux nombreuses professions - charcutier, salaisonnier, oenologue de formation et restaurateur de métier -, a travaillé pendant longtemps dans sa Belgique natale en recherche et développement dans le domaine de la bière.

Rien à voir, me direz-vous, avec son vin de tomates, mais parfois il faut faire de grands détours avant d'arriver à l'ultime. Parlez-en à Michel-Ange.

Une rencontre fortuite en 1998, avec une de nos stars nationales, Robert Charlebois, spécialiste de la broue comme on le sait, fait qu'il débarque au Québec pour travailler chez Unibroue.

C'est bien beau la bière, mais reste que la recette de l'arrière-grand-père lui trotte toujours dans la tête. Il veut finir ce que le vieux a commencé dans les années 30. De fil en aiguille, il trouve quelques tomates qu'il pense avoir un certain potentiel, bidouille son vin et le fait goûter à l'aveugle à des amis qui sont étonnés par l'arôme et le goût. Loin d'être de la piquette!

Depuis huit ans, Pascal Miche s'est installé dans la région de Charlevoix, au Domaine de la Vallée du Bras à Baie-Saint-Paul.

«L'endroit est très inspirant. J'aime me dire que c'est pour ça que mes tomates sont si goûteuses et si savoureuses. À la maison, on nous disait que manger une tomate par jour éloignait le médecin pour toujours. Chez nous, nous avons beaucoup de pommes, si bien que c'est avec cette dernière qu'on éloigne le toubib», me raconte Pascal.

Il choisit tout aussi minutieusement ses tomates qu'un vigneron choisit ses raisins. Puis, il utilise les mêmes procédés que pour le vin : concassage, vinification, macération et pressage. Il a choisi des tomates rouges de la variété subarctique, des jaunes, et des noires Black Cherry.

«J'ai testé 16 espèces de tomates avant d'en choisir six qui sont les plus résistantes au climat du Québec. Nous cueillons à la main toutes nos tomates et la transformation en vin prend environ neuf mois et produit un liquide clair, doré à 18 % d'alcool. Eh oui, je peux dire que je produis le seul vin apéritif de tomate au monde», m'assure Pascal Miche.

Ne pensez pas que ce fut simple d'arriver au produit final. Il a eu quelques maux de tête, notre homme. Afin de pouvoir donner le nom vin à sa boisson, Pascal Miche a dû convaincre les autorités que la tomate est bel et bien un fruit. Incroyable, mais vrai. Cependant, même si le produit peut s'appeler vin en Amérique du Nord, il serait plus difficile d'obtenir cette appellation en Europe, où seuls les raisins peuvent être vinifiés.

Le produit final porte le nom d'Omerto et est disponible en version moelleux et sec.

Ne cherchez pas le goût de tomates dans le produit final.

Je me posais la question : «Mais qu'est-ce que je vais faire avec ça dans la cuisine»?

J'ai choisi rapidement la version moelleux. Au nez, il dégage des arômes floraux comme le fruit confit, le melon de miel. En bouche, la douceur du sucre est en parfait équilibre avec l'acidité de la tomate. Il m'a rappelé un produit fait un peu plus au sud de mon village natal, dans la région du Cognac : le Pineau des Charentes.

Instinctivement, je l'ai marié avec du foie gras. J'ai déglacé ma poêle avec l'Omerto et j'ai monté la réduction avec un morceau de beurre, rien d'autre. L'accompagnement se fait avec une compotée de pomme et mangue. Le même vin pour déguster avec le plat fait un accord parfait.

Essayez-le aussi avec des crustacés: pétoncles, homard, crevettes. Avec un fromage bleu, il ne perdra rien de sa superbe. Et si vous avez un peu de temps, une tarte Tatin, aux tomates bien sûr.

Je ne ferai pas de joke belge comme le font avec le sourire en coin et gentillesse, les Français de France au sujet de leurs aimables voisins. Un peu à la manière de nos jokes de newfies.

Mais pourquoi Pascal Miche a-t-il appelé son produit Omerto? Parce que c'est un secret bien gardé, donc il y a une omerta dessus? Parce que le grand-père s'appelait Omer? Ou bien parce que le fameux Homère, poète épique grec, considéré comme l'auteur de L'Iliade et de L'Odyssée, apparemment aimait les tomates?

Allez savoir, peut-être un peu toutes ces réponses. Mais peu importe, ce qui compte, c'est que le premier vin apéritif de tomate mérite vraiment d'être découvert.

***

Pascal Miche, Omerto, Domaine de la Vallée du Bras, 328, rang Saint-Antoine Nord, Baie-Saint-Paul. 418 435 6872

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