La camerise, fruit de la longévité!

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<p>Jean Soulard, le nouveau porte-parole de l'événement, causera des liens entre les artisans du terroir et les chefs.</p>
Jean Soulard

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Haskap : le fruit de la longévité! Voilà le nom donné à ce petit fruit par les peuples préhistoriques du Japon. Au Canada, nous lui donnons les noms suivants : chèvrefeuille comestible, chèvrefeuille bleu, baie de miel. Nous le connaissons au Québec sous l'appellation de camerise, et nos espèces proviennent de la Sibérie et du nord du Japon sur l'île d'Hokkaido.

Bien adapté aux climats froids comme le nôtre,... (Collaboration spéciale, Jean Soulard) - image 1.0

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Bien adapté aux climats froids comme le nôtre, le camerisier sait résister à nos hivers rigoureux et à nos gels tardifs du printemps.

Collaboration spéciale, Jean Soulard

Je me souviens avoir vu et goûté ces produits lorsque j'ai travaillé au pays du Soleil levant. Dans des boîtes aux allures léchées et sophistiquées comme seuls savent le faire les Japonais, ils vous donnaient l'impression de sortir d'une bijouterie de luxe plutôt que d'une épicerie. Renfermant des produits alimentaires de tout acabit, mais souvent sous forme de candies, ils étaient enveloppés individuellement dans du papier de soie. Seule la boîte qui les renfermait vous donnait les indications du contenu, mais pour cela il fallait savoir lire leur langue, ce qui n'était pas mon cas. Et le graphisme de l'ingrédient n'était pas d'une grande aide non plus.

Tout ça pour vous dire que j'ai déjà mangé, il y a de nombreuses années, des camerises sans le savoir, sous forme de bonbons, de pâtes de fruits ou de sucrerie pâteuses, parfois au goût amer.

Mon premier contact avec le camérisier s'est fait par un couple d'amis. Ils connaissaient bien le jardin du toit du Château et, par une belle journée de printemps, ils sont arrivés avec quatre arbustes.

«Tiens, m'ont-ils dit, voilà quatre camerisiers, deux mâles et deux femelles, ça fait d'excellents fruits, c'est bon et full antioxydant.»

J'ai planté les arbustes en question. Le camerisier peut produire quelques fruits l'année suivant la plantation. Il faut cependant attendre au moins trois ans avant d'obtenir une récolte significative. J'ai quitté le Château avant qu'ils n'arrivent à maturité, néanmoins je sais qu'ils se portent bien.

La camerise pousse naturellement dans les forêts boréales de Scandinavie, de l'Asie et d'Amérique du Nord. Sa rusticité lui permet de résister, sans aucun problème, à des températures hivernales de - 47 °C. Les fleurs peuvent tolérer jusqu'à - 7 °C. Bien adapté aux climats froids comme le nôtre, le camerisier sait résister à nos hivers rigoureux et à nos gels tardifs du printemps.

 C'est au Saguenay-Lac-Saint-Jean qu'elle a trouvé sa terre de prédilection. Néanmoins quelques petits producteurs ont tenté l'aventure à l'extérieur de cette région. Je me suis rendu sur l'île d'Orléans rencontrer l'un d'entre eux , Noël Asselin.

«Au départ, je cherchais à planter sur la terre en arrière. Je voulais quelque chose de bon au goût. J'ai regardé la vigne, puis d'autres petits fruits. Finalement, la camerise s'est présentée, et il n'y en avait pas sur l'île. J'ai alors planté quelques centaines de plants, et voilà», me raconte M. Asselin.

«Vous pensez partir sur une grosse production?» demandais-je.

«Non, je fais ça pour le fun, ça semble facile. Ça prend un peu d'attention, de l'eau. Je dois les protéger, car certaines variétés d'oiseaux adorent ce fruit, je vais devoir installer des filets. Mais à l'exception du mildiou poudreux (blanc), peu d'insectes ou de maladies sont rapportés chez le camerisier pour l'instant. En ce qui concerne sa popularité dans le Saguenay-Lac-Saint-Jean, il y a différentes raisons. Mais entre autres, elles ont l'avantage d'être prêtes tôt en saison, ce qui permet aux producteurs de s'occuper de la camerise, puis des bleuets par la suite, en utilisant apparemment le même équipement pour les ramasser», m'indique M. Asselin.

Similitudes avec le bleuet

Sa forme est semblable à celle d'un gros bleuet qu'on aurait légèrement pressé en le roulant entre les doigts. Sa pelure fond dans la bouche. Mais contrairement aux bleuets, l'intérieur est rouge vin sans pépins et son goût est à la fois sucré, acide et amer selon les variétés. Certains la comparent à un mélange de bleuet, de framboise et de mûre avec une pointe d'amertume. Bien honnêtement, difficile de faire un lien de goût avec un autre fruit, son goût lui est propre.

Dans la cuisine, tout ce que vous faites avec le bleuet, vous pouvez le faire avec la camerise. Tartes, clafoutis, tartinades, mais aussi dans votre yogourt ou dans vos muffins, ils seront délicieux. Au Japon, on le trouve transformé en boissons de toutes sortes, en confitures, en pâtisseries et même en vin.

En me remémorant ce que m'avait dit M. Asselin sur les oiseaux gourmands de cette baie, j'ai pensé quelques secondes à mes camerisiers sur le toit du Château et aux oiseaux qui pouvaient s'en régaler. Mais je ne me souviens pas avoir vu de volatiles autour de mes plantations. Est-ce que les oiseaux seraient trop niaiseux dans le Vieux-Québec? Il fallait quand même qu'ils aillent au quatrième étage pour trouver le jardin. Ah, peut-être trop fainéants alors? Il est vrai qu'il est plus facile de ramasser ce que les touristes échappent.

Saviez-vous que?

Au Québec, les premières plantations commerciales ont eu lieu en 2007 avec environ 2000 plants mis en terre. En 2013, on estime que ce nombre atteignait près de 500 000 plants, dont le tiers se trouve dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

***

Camerise de l'Île, Noël Asselin, 1992, chemin Royal, Saint-Pierre-de-L'Île-d'Orléans. Tél. : 418 828-9608 www.camerisedelile.com

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