Labeaume se défend d'être «à genoux» devant les libéraux

Le maire de Québec Régis Labeaume... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le maire de Québec Régis Labeaume

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Retour sur 2014
Retour sur 2014

L'année 2014 sous tous ses angles: en objets, en citations, en coups de coeur, en caricatures, en photos, en percées scientifiques et en quiz sportif. »

(Québec) «Je ne liche personne.» Régis Labeaume se défend bien d'être trop indulgent avec le gouvernement libéral depuis qu'il a obtenu la fameuse loi 3 sur les régimes de retraite. Même s'il a accepté sans trop rechigner les compressions et que plusieurs projets qui lui sont chers soient sur la glace, le maire de Québec assure qu'il n'a pas «baissé la garde» et que «les rêves de Québec vont se réaliser».

Trop gentil avec les libéraux, M. Labeaume? Certains le pensent. Faux, réplique le maire de Québec. «Je ne flatte pas le gouvernement», tranche-t-il en entrevue bilan au Soleil.

Il parle plutôt d'une compréhension de l'objectif du déficit zéro et d'une «reconnaissance» pour des élus, au premier chef le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, qui est «allé au bâton» pour le projet de loi 3, gros morceau de l'année qui s'achève.

«Quand tu demandes quelque chose à quelqu'un et qu'il se fend en quatre pour te le livrer, à un moment donné, il faut que tu t'en souviennes. Dans la vie, ça marche de même», affirme M. Labeaume lors de l'entrevue réalisée vendredi dans son bureau de l'hôtel de ville.

«Si tu n'es pas fiable et que les politiciens savent que tu te retournes toujours, ils n'auront pas le goût d'aller défendre un dossier tough pour toi. Ce gouvernement-là va être là quatre ans et demi.»

Cette bonne entente ne signifie pas «se mettre à genoux», assure-t-il. «Mais à partir du moment où il y a des coupures, il faut vivre avec ça. Moi, je suis d'accord avec l'objectif de déficit zéro. À un moment donné, il faut que tu te gouvernes en conséquence.»

Contrairement à d'autres maires au Québec, M. Labeaume n'a pas critiqué les 20 millions $ en moins de transferts provinciaux imposés à sa ville dans le pacte fiscal transitoire annoncés en novembre.

«C'est moi qui a dit au ministre : "Pierre, combien tu veux que je coupe? Ça allait de soi. Pour moi, on ne peut pas couper dans la santé et les services sociaux et penser que les villes ne le feront pas"», relate M. Labeaume.

«Je l'ai assumé. Partant de là, on ne peut pas penser que dans les deux prochaines années, on va faire Samuel-De Champlain», illustre-t-il. Même chose pour l'anneau de glace.

Ces deux projets retardés s'ajoutent au théâtre Le Diamant, aux Nouvelles Casernes : autant d'investissements chers à celui qui dirige Québec depuis sept ans.

Des projets culturels, écolos, modernes qui devaient continuer à façonner Québec que M. Labeaume promet de transformer en «ville la plus attrayante au pays».

Le maire sait que certains l'ont trouvé moins combatif, sur certains dossiers.

Il assure toutefois s'être battu plus qu'il n'y paraît.

«Des gens disent que j'ai baissé la garde. S'ils voyaient le nombre d'heures qu'on a mis sur Le Diamant...», dit-il à propos de la salle de spectacle de la compagnie de Robert Lepage pour laquelle le gouvernement du Québec promet 30 millions $ depuis 2012. «Ce que le monde ne sait pas est qu'on a eu de longues discussions sur Le Diamant directement au bureau du premier ministre. Mais à un moment donné, je n'ai plus d'arguments. J'ai mis de l'énergie en fou, mais ça, c'est pas public.»

Rêves freinés?

Avec Le Diamant, Régis Labeaume rêvait de créer un «carrefour des spectacles» à la place D'Youville. Un rêve que caresse, comme plusieurs, celui qui a succédé à Andrée Boucher à la fin de 2007. Juste avant l'élan du 400e qui a remis Québec sur la carte des villes où ça se passe.

Sept ans plus tard, Régis Labeaume admet que la situation des finances publiques laisse moins de place à la fête. Mais il assure qu'il rêve toujours.

«Nos rêves, on va tous les réaliser, sauf que temporairement, il y a moins d'argent dans le système. Il y a un ralentissement. C'est comme les écoquartiers, l'immobilier va moins fort. Mais on va le régler. C'est juste que je ne peux pas tirer sur la fleur pour qu'elle pousse plus vite.»

Mais elle finira pas pousser, assure celui qui a encore comme objectif de faire de Québec la meilleure ville au Canada. Et il restera dans sa chaise de maire jusqu'à ce que ce soit atteint.

«Je l'ai dit et ça va arriver. Québec sera la ville la plus attrayante au pays, la ville francophone, la ville la plus sécuritaire, la plus propre, la plus festive au pays. Moi, je vais m'en aller quand ça va être fait. Et quand je vais avoir l'impression que c'est vraiment fait.»

Labeaume dénonce les insultes sur les réseaux sociaux

Même si vous ne risquez pas de voir Régis Labeaume tweeter ou facebooker de sitôt, le maire de Québec est bien au fait de ce qui se passe sur les réseaux sociaux et dans la section Commentaires de certains médias. Et il commence à en avoir marre.

«Je ne comprendrai jamais qu'une société d'État comme Radio-Canada, ou TVA, tous les médias laissent les gars en bobettes de 40 ans qui vivent chez leur mère insulter tout le monde sur Internet. Qu'ils laissent des névrosés avoir un public. À un moment donné, il va falloir qu'il y ait une fin à ça», lance M. Labeaume en entrevue au Soleil.

Visiblement irrité par certains commentaires autour d'événements récents comme sa facture de cellulaire qui a explosé lors de ses voyages, le maire de Québec dénonce «l'accélération de l'information» et le tribunal public que sont à ses yeux devenus les réseaux sociaux.

«Tout le monde est dans l'instantané. La course à la nouvelle est incroyable et le détail devient gros. On rend spectaculaire le détail. À un moment donné, c'est essoufflant», dit-il.

«Quand je commence à parler, vous êtes tous en train de twitter», a-t-il aussi lancé à propos des journalistes affectés à l'hôtel de ville.

Régis Labeaume déplore non seulement la vitesse à laquelle l'information circule, mais aussi la nature des sujets qui deviennent viraux. Là encore, il cite la fameuse facture de 9000 $ de cellulaire qui a, déplore-t-il, davantage fait parler que les 100 millions $ des gouvernements qu'il est «allé chercher» pour la peinture du pont de Québec.

«Quand c'est moi qui parle, les gens tendent plus l'oreille»

Les recrues d'Équipe Labeaume ont fait leurs preuves en 2014, estime Régis Labeaume. Le maire de Québec cite son nouveau bras droit Jonatan Julien, élu pour la première fois en novembre 2013. À l'heure du bilan, il lance aussi des fleurs à la vice-présidente du comité exécutif, Julie Lemieux. Élue depuis 2009, l'ex-journaliste a pris du gallon. «Julie est géniale. Quelle femme mature. Elle a du jugement, un sens politique et une intelligence émotionnelle extraordinaires. Pour un gars comme moi, c'est très précieux.»

M. Labeaume mentionne aussi, entre autres, Rémy Normand, qui a hérité du dossier du Réseau de transport de la Capitale (RTC). Mais malgré la force de son équipe, M. Labeaume estime que des conseillers envoyés au front n'ont pas toujours la même écoute de la part de la population et des médias. «Il y a des dossiers où j'ai senti que je dois moi-même expliquer. Le monde va m'écouter quand je vais parler», dit-il. Il donne l'exemple de la biométhanisation malgré les talents de «vulgarisateur scientifique» du conseiller Steeve Verret. «Depuis sept ans, les gens me suivent et ils me comprennent. Je ne serai pas plus intelligent dans mes explications que mon conseiller, mais les gens vont tendre plus l'oreille. C'est ça mon sentiment actuellement.»

***

Le cadeau de Noël qu'il a eu...

Le projet de loi 3 sur les régimes de retraite. C'est le souhait qui figurait au sommet de sa liste et Régis Labeaume a été exaucé en 2014. «Pour la postérité, c'est incroyable», commente le maire qui estime que la pièce législative rendra de fiers services aux administrations municipales présentes et futures. Le projet de loi qui impose le partage à parts égales des déficits passés des régimes de retraite a été réclamé par les maires de Québec et de Montréal et a été adopté en fin de session parlementaire. Stéphanie Martin

Et celui qu'il n'a pas eu...

Une horloge Richard Mille... précise. «J'aurais aimé ça qu'elle soit à l'heure», avoue-t-il en riant. Régis Labeaume en rigole de bon coeur maintenant. Mais on sent bien que l'imprécision de l'horloge offerte par le canton du Jura suisse, et surtout le fait que cela soit souligné à grands traits dans les médias, l'ont agacé royalement. Lui qui, depuis trois mois, a minimisé l'affaire, accusant les journalistes de chercher des problèmes, a exprimé pour la première fois sa déception. «Le monde adore l'horloge et je ne renie rien, mais j'aurais quand même aimé ça que les aiguilles soient à l'heure.» Stéphanie Martin

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