Adieu et merci!

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C'était la première fois que je réussissais à photographier un pygargue à tête blanche, à l'île d'Anticosti, le long de la route Transanticostienne, au kilomètre 25.

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Jacques Samson

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Aujourd'hui, vous lisez ma 690e et dernière chronique. C'est une aventure qui a commencé le 4 octobre 2000 et qui se termine aujourd'hui après 13 ans de publication, d'abord le mercredi, ensuite le dimanche, et depuis quelques années le samedi dans le cahier Maison du Soleil.

Le pluvier siffleur, un oiseau qui s'était fait... (Jacques Samson, collaboration spéciale) - image 1.0

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Le pluvier siffleur, un oiseau qui s'était fait plutôt rare à Pointe-Pelée, a été la grande vedette de l'été dernier de ce lieu de prédilection pour les oiseaux.

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que... (Jacques Samson, collaboration spéciale) - image 1.1

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que la femelle dont on distingue la tête entre deux eiders est l'objet d'une attention particulière. Qui sera l'heureux élu?

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C'est la fin d'une des périodes les plus enrichissantes et valorisantes de mes 45 ans de carrière comme journaliste. Le 31 décembre 2009, j'avais pris ma retraite du Soleil, mais le rédacteur en chef de l'époque, Raymond Tardif, m'avait convaincu de poursuivre la publication de la chronique Oiseaux et compagnie à titre de collaborateur. D'ailleurs, cette chronique, je l'ai toujours signée en collaboration spéciale, c'était un à-côté de mon métier de journaliste.

Aujourd'hui, avec un très gros pincement au coeur, je tourne définitivement la page sur un métier et un quotidien qui m'ont tellement donné. Je suis triste que ça s'arrête, mais sachez que c'est ma décision, sans aucune pression de l'extérieur. Quand j'ai annoncé en août au rédacteur en chef actuel du Soleil, Pierre-Paul Noreau, que j'abandonnais ma chronique le 28 décembre, il a été étonné de ma décision. Je faisais toujours partie des plans du Soleil pour l'année 2014.

Il y a quelques jours, j'ai eu 69 ans, et Hélène, ma compagne, commence une retraite de travailleuse autonome bien méritée. Ensemble, nous avons le goût de profiter encore de la vie, sans le stress du travail, juste pour le plaisir. De toute façon, un jour, il faut savoir partir.

Qu'adviendra-t-il de la chronique des oiseaux dans Le Soleil? Je ne sais pas, ce n'est pas à moi d'en décider, et je laisse donc à la direction de la rédaction le soin de dire de quoi l'avenir sera fait.

Remerciements

Quand on part comme ça, il y a toujours beaucoup de remerciements à faire. On ne veut oublier personne, on ne nomme donc personne, mais on fait en sorte que chacun se reconnaisse dans ces remerciements.

D'abord, à vous, fidèles lectrices et lecteurs, merci de m'avoir suivi durant toutes ces années, et un grand merci pour les lettres, les courriels, les coups de téléphone que vous avez partagés avec moi et tous les lecteurs de cette chronique.

Vous ne pouvez imaginer le nombre de courriels que je recevais chaque semaine. C'était à la fois exaltant et effrayant. Ça faisait plaisir de lire tout ce monde qui s'intéressait aux oiseaux en général et à ma chronique en particulier, mais ça me mettait une incroyable pression d'essayer de donner suite à toutes ces demandes. Je n'ai malheureusement pas répondu à tous ces courriels et je m'en excuse, j'ai souvent manqué de temps.

Ensuite, je pense à tous ces artisans de l'information qui font en sorte que la chronique qu'on a écrite soit toujours impeccable dans le journal. Il y a beaucoup de monde autour d'une seule chronique. Il y a son auteur, il y a les gens qui la corrigent, il y a ceux qui la mettent en page, graphiste ou journaliste à l'édition. Il ne faut pas oublier non plus les chefs de pupitre, le responsable des pages Maison du Soleil et son adjointe toujours vigilante. Ça, c'est pour le monde de la rédaction. Il y a aussi les gens du département de la production qui font souvent des miracles en traitant des photos qui ne sont pas toujours de qualité, mais qui réussissent quand même à sortir un produit publiable.

Dans un journal, il y a des dizaines de personnes dont les noms ne seront jamais publiés. Ce sont les travailleurs de l'ombre, mais qui jouent un rôle primordial dans le monde de l'information. On ne les remerciera jamais assez. On peut écrire la meilleure chronique au monde, si elle n'est pas bien traitée par une mise en page invitante, elle passera certainement inaperçue.

Merci aussi à la direction du Soleil de m'avoir permis de profiter de cette magnifique tribune qui s'adressait à tous les ornithologues et à tous les miroiseurs. Il y a une chose que j'ai apprise durant toutes ces années dans le monde journalistique, c'est que nous ne sommes jamais plus importants que le quotidien qui nous publie. Oui, c'est mon nom qui coiffait chaque chronique, mais sans Le Soleil, personne ne l'aurait jamais lue.

Le métier de journaliste, c'est un métier de grande humilité!

Enfin, il y a deux personnes en particulier que je tiens à nommer, ce sont Marcel Darveau et Gérard Cyr, qui ont été de précieux collaborateurs au cours de toutes ces années. Je pouvais toujours compter sur eux pour l'identification difficile d'un oiseau ou pour toute autre question.

Mon top 5

En écrivant cette chronique, il y a plein d'évènements marquants qui me reviennent en tête. J'aurais pu faire un top 20 ou un top 10 de mes coups de coeur, mais finalement j'en ai retenu cinq. Ils ne sont pas classés par ordre d'importance, mais sachez que ces moments m'ont marqué à tout jamais.

1. École du Trivent de Sainte-Brigitte-de-Laval

Durant l'année scolaire 2007-2008, une fois par mois, je me suis rendu dans cette petite école primaire pour faire découvrir aux enfants de la maternelle à la sixième année le merveilleux monde des oiseaux et l'amour de la nature. C'est de connivence avec Madeleine LeBoeuf, enseignante au Trivent, que ce projet a pu se réaliser. La direction, les profs et les élèves ont tous embarqué dans ce merveilleux voyage. Dix visites à l'école avec mes invités prestigieux : Marie-Claude Martin, Pascale Otis, Fernand Gosselin, Gaston Déry, Daniel Dupont, Émilie Berthiaume et Patrick Harbour. J'ai vécu des moments de pur bonheur dans cette école.

2. Île-aux-Pommes

Que de souvenirs rattachés à cette petite île sertie dans le Saint-Laurent à la hauteur de Trois-Pistoles et qu'on connaît mieux maintenant comme la planète des eiders. J'ai posé la première fois les pieds sur l'Île-aux-Pommes le 14 juin 2008 et depuis, j'y suis retourné chaque année, certaines même deux fois. C'est son gardien Gaston Déry qui m'a invité à découvrir sa réserve naturelle en milieu privé, la première au Québec. Cette île qui était devenue un rocher puant, brûlé par les fientes des cormorans et des goélands, est devenue grâce à Gaston, son gardien, un paradis pour les eiders. Après 30 ans de dur labeur de sa part, l'île reçoit maintenant bon an mal an quelques milliers d'eiders à duvet. Quel bonheur j'ai éprouvé là en entendant le cri des mâles eiders qui faisaient la cour aux femelles. Un son qui vous marque à jamais. Et en prime, une profonde amitié s'est installée entre Gaston et moi. Quel bonheur!

3. Île d'Anticosti

Cette île est un paradis de pêcheurs et de chasseurs, mais c'est aussi un site ornithologique de choix. C'est là que j'ai photographié mon premier pygargue à tête blanche, précisément au kilomètre 26 de la route Transanticostienne. J'ai fait deux séjours dans l'île, un premier d'une semaine hors saison et le second de deux jours en touriste. Anticosti, c'est le dépaysement complet. On roule durant des kilomètres sur une route gravelée en pleine forêt et tout à coup on débouche sur un paysage de rêve. À Anticosti, il y a des plages de sable extraordinaires, malheureusement la température de l'eau ne se prête pas à la baignade. Cette île et son histoire sont tout à fait fascinantes. Un magnifique cadeau que l'île m'a offert à mon premier passage, la présence d'un ibis falcinelle sur le lac Georges, au coeur de Port-Menier.

4. Île de Vancouver

Mes 10 jours à sillonner l'île de Vancouver du nord au sud et de l'est à l'ouest m'ont mis en contact avec la démesure. Dans cette île au climat particulier, tout est gigantesque. Les arbres sont démesurés, les montagnes sont hautes et leur sommet est pratiquement toute l'année recouvert de neige. C'est le pays des pygargues à tête blanche. Dans un arbre, près d'un dépotoir de résidus de bois et de poisson, j'ai compté et photographié 24 pygargues. C'était à Telegraph Cove, dans le nord-est de l'île. On aurait dit un sapin de Noël dont les boules étaient des pygargues. Un coin de pays à découvrir!

5.Pointe-Pelée

C'est le deuxième plus petit parc géré par Parcs Canada. C'est une pointe de terre qui s'avance dans le lac Érié à Leamington, en Ontario. C'est le point le plus au sud du Canada continental. À Pointe-Pelée se croisent deux importants corridors migratoires, ce qui fait de l'endroit la Mecque des ornithologues de l'Amérique du Nord. J'y suis allé deux fois, pendant le Festival de la plume, qui dure tout le mois de mai. La première fois, ç'a été un voyage éclair de quatre jours : un jour pour y aller - c'est à 1200 kilomètres de Québec -, deux jours là-bas et une dernière journée pour revenir. L'autre fois, j'y ai passé une semaine et j'y ai fait des découvertes exceptionnelles. C'est sûr que j'y retournerai un jour, juste pour mon plaisir, en dehors du travail.

Voilà qui boucle la boucle. Encore une fois, merci, et je vous souhaite plein d'observations exceptionnelles.

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