Quand l'art se marie avec la science

En péril, une oeuvre en bronze réalisée en... (Photo Anthony McLean)

Agrandir

En péril, une oeuvre en bronze réalisée en 2005, représente un faucon pèlerin à la poursuite de trois pluviers siffleurs. Les deux espèces sont considérées comme en péril au Québec.

Photo Anthony McLean

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Jacques Samson

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Il arrive, plus souvent qu'on ne le pense, que des mondes qu'on imagine complètement différents s'unissent et réalisent un mariage exemplaire. La science de l'ornithologie a séduit plus d'un artiste au cours des années. Combien de fois avons-nous vu des photographes, des peintres ou des sculpteurs s'inspirer de la nature et livrer des oeuvres fascinantes? On les qualifie d'artistes animaliers.

Le sculpteur Louis Saint-Cyr, un artiste québécois reconnu et respecté partout dans le monde, fait partie de ceux que la nature inspire, particulièrement le monde des oiseaux. Et en plus d'exercer son art avec le plus grand raffinement, il est aussi un mécène qui soutient la cause scientifique.

Ce monsieur très généreux vient d'offrir un immense cadeau aux responsables du prochain Atlas des oiseaux nicheurs du Québec. Lui qui exerce son art depuis 1995 a réalisé un bronze baptisé En péril. Aujourd'hui, il en met 10 exemplaires à la disposition des responsables du prochain Atlas des oiseaux nicheurs du Québec qui les mettront en vente comme source importante de financement.

La réalisation de cet Atlas coûte très cher et malgré les subventions, il n'y a pas assez d'argent pour couvrir tous les frais. Le territoire québécois est extrêmement grand et pour le parcourir dans son ensemble, ça prend beaucoup de sous.

L'oeuvre de M. Saint-Cyr représente un faucon pèlerin en vol, à la poursuite de trois pluviers siffleurs, les deux espèces étant considérées comme des espèces menacées. Elle fait pratiquement deux mètres de long et elle a été évaluée par la Galerie d'art du Château Frontenac à

29 500 $ pièce.

Pour cette oeuvre, l'artiste renonce à ses émoluments et tout l'argent issu de sa vente ira directement dans les coffres de l'Atlas. La seule dépense que devront faire les responsables du projet, c'est le prix du coulage des bronzes à la Fonderie d'art d'Inverness.

Chaque sculpture sera signée et numérotée par l'artiste et sera accompagnée d'un certificat d'authenticité et d'expertise de la Galerie d'art du Château Frontenac.

Dans les prochains jours, l'équipe de l'Atlas fera des démarches auprès de collectionneurs et d'entreprises susceptibles de s'intéresser à ce bronze.

L'Atlas, un projet qui entre dans sa cinquième et dernière année, sera publié en 2017. Il viendra s'ajouter à l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional publié en 1995. Il apportera un éclairage nouveau sur les populations d'oiseaux qui se reproduisent au Québec.

La conception du nouvel Atlas est le plus vaste projet ornithologique jamais entrepris au Québec. Plus de 2000 personnes participent à la cueillette des données sur le terrain. C'est un projet conjoint du Regroupement QuébecOiseaux, d'Études d'oiseaux du Canada et du Service canadien de la faune (SCF) d'Environnement Canada. C'est le biologiste du SCF Michel Robert qui dirige ce projet d'envergure.

Louis Saint-Cyr s'intéresse particulièrement aux espèces en péril.... (Photo Jocelyn Landry) - image 2.0

Agrandir

Louis Saint-Cyr s'intéresse particulièrement aux espèces en péril. Il immortalise ainsi des oiseaux qui pourraient disparaître de nos paysages si on n'y fait pas attention.

Photo Jocelyn Landry

Louis Saint-Cyr

En 1995, Louis Saint-Cyr fait ses premiers pas en sculpture et dès 1996, il expose ses oeuvres à Paris. En 1998, son oie des neiges remporte le premier prix d'une exposition au Natural Museum de Cape Cod. En 2001, il expose à Ocean City (Ward Word Competition) et il remporte un deuxième prix dans deux catégories.

Ses oeuvres sont sculptées dans un bois de rose ou dans du noyer noir et ensuite reproduites en bronze. Elles sont toutes en édition limitée.

Dans la dernière livraison de la prestigieuse revue QuébecOiseaux, son rédacteur en chef, Michel Préville, fait un portrait de Louis Saint-Cyr. On peut y lire comment, en 2002, le sculpteur a été interpellé par le nombre d'espèces d'oiseaux en péril chez nous.

C'est à la suite d'une rencontre avec le biologiste et photographe Denis Faucher que le déclic s'est fait. Ce dernier lui a remis une édition de QuébecOiseaux qui traitait des espèces en péril et lui a suggéré de prendre ces oiseaux comme modèle.

M. Faucher, qui enseigne au Cégep de La Pocatière, n'a pas de mal à convaincre l'artiste et lui fournit même un faucon pèlerin naturalisé duquel il pourra s'inspirer. De là naît une première pièce, En péril, la première d'une série de 23 oeuvres. Un jour, tous ces bronzes seront exposés dans un musée qui verra le jour en Estrie.

Je vous encourage à vous procurer la revue QuébecOiseaux pour lire le texte entier de Michel Préville, vous en apprendrez ainsi beaucoup sur la démarche de Louis Saint-Cyr. C'est un geste noble que le sculpteur québécois a posé en offrant ces magnifiques pièces aux responsables de l'Atlas et sachez que ce n'est pas la première fois que M. Saint-Cyr pose un tel geste.

Il y a quelques années, il avait offert un bronze intitulé Love à la Fondation de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal. La pièce avait été vendue aux enchères et l'argent de la vente a été versé à l'Institut.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer