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À bas les mythes sur les proprios non résidents dans le Vieux-Québec

Le professeur au Département de géographie de l'Université... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le professeur au Département de géographie de l'Université Laval Étienne Berthold veut déboulonner certains mythes tenaces touchant le quartier historique du Vieux-Québec et ses résidents.

Le Soleil, Patrice Laroche

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<p>Laurie Richard</p>

(Québec) Les propriétaires américains dévitalisent le Vieux-Québec. «Le Vieux, c'est juste pour les riches!» «C'est plus achetable!» Le professeur au Département de géographie de l'Université Laval Étienne Berthold veut déboulonner certains mythes tenaces touchant le quartier historique du Vieux-Québec et ses résidents. Il a présenté les résultats de ses recherches lors d'une conférence intitulée Les quartiers historiques et les propriétaires non résidents : le cas du Vieux-Québec, mercredi, à l'Université Laval.

Les données analysées ont été mises à jour après le dévoilement du dernier rôle d'évaluation de la Ville de Québec en septembre. Sur les quelque 2880 propriétés de l'arrondissement historique, le tiers (873) appartient à des propriétaires non résidents et seulement 2 % (59) appartiennent à des Américains, a pu résumer M. Berthold. La majorité de celles-ci sont vouées à des usages résidentiels. 

Contrairement à la croyance, dit le chercheur, la grande majorité des proprios non résidents, soit 80 %, sont des habitants de la capitale : ils occupent une résidence première située dans la région métropolitaine de recensement de Québec. Même que 11 % des propriétés possédées par des non-résidents appartiennent à des personnes dont la résidence primaire se situe à l'intérieur même du site patrimonial du Vieux-Québec. La majorité de ces proprios ne possèdent qu'une seule unité - un condo, la plupart du temps - acquise dans les années 2000, une décennie marquée par les mouvements immobiliers. 

Pourquoi? M. Berthold évoque trois pistes d'explication : il s'agit d'un investissement, d'un pied-à-terre ou bien d'une location touristique. «Dans le Vieux-Québec, il y a une grande proportion de condominiums. Soit c'est pour faire un investissement ou c'est expliqué par les "trajectoires résidentielles"», a-t-il expliqué au Soleil avant sa conférence. Lors d'une enquête, le chercheur a ainsi pu observer que plusieurs non-résidents ont acquis des propriétés dans le Vieux-Québec alors qu'ils étaient célibataires. Une fois en couple, ces gens ont décidé de conserver leur unité et de déménager dans une autre partie de la ville. Ils utilisent ensuite leur propriété comme pied-à-terre pour la famille ou les amis.

Bien que la dévitalisation ne semble pas être causée par les Américains comme le veut la croyance, le fait de détenir un condo non habité enlève une unité d'habitation qui pourrait être occupée en permanence. «L'effet sur la vie de quartier est sûrement manifeste.»

Aussi, des recherches exploratoires, à l'aide d'analyses de la consommation énergétique des propriétés du quartier, ont permis à M. Berthold de découvrir que plusieurs unités de non-résidents sont utilisées comme résidences de tourisme, de manière légale ou non. 

Un marché de condos

Plus «achetable» dans le Vieux-Québec? «Certes, c'est un marché de condos. Il n'y a même pas 50 unifamiliales dans le Vieux-Québec. Et les condos s'y vendent 22 % plus cher qu'un comparable» dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, par exemple, explique M. Berthold. «Mais les prix ont tellement augmenté dans les années 2000, avec un taux de croissance d'à peu près 10 % par année», que, toute proportion gardée, les prix n'ont pas bondi plus haut qu'ailleurs en ville, explique-t-il. 

«Il ne se fait pas là de spéculation immobilière à grande échelle à cause des Américains. Ce n'est pas comme ça que ça se passe.» Essentiellement, ce sont des petits propriétaires qui possèdent une unité ou deux. 

Dans le secteur intra-muros, le revenu médian de tous les ménages, tant proprios que locataires, avoisine les 40 000 $. On y trouve donc une grande disparité côté salaire, et non pas seulement des gens fortunés, dit M. Berthold.

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