Jean Béliveau: un gentleman avant tout

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Le légendaire Jean Béliveau avait accueilli à son condo de Longueuil notre journaliste Ian Bussières en mars 2013.

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(Québec) Il a été l'un des rares hommes de l'histoire qui aurait pu porter une bague de la Coupe Stanley à chacun de ses 10 doigts. Il a marqué 586 buts dans la LNH, en incluant ceux marqués en séries éliminatoires, quand ça compte vraiment. Mais au-delà de tout ça, ce qui frappe le plus quand on rencontre Jean Béliveau, c'est sa prestance, cette force tranquille qui inspire le respect. On l'entendra souvent au cours des prochains jours, mais c'est bien vrai, Jean Béliveau était avant tout un véritable gentleman. 

J'avais déjà pu discuter un peu avec Jean Béliveau en 2007 lors d'une activité promotionnelle, mais c'est en mars 2013 que j'ai eu la chance de vraiment rencontrer ce grand monsieur qui nous a quittés mardi.

L'idée était de souligner les 60 ans de son dernier match avec les As de Québec et du début de sa grande aventure avec le Canadien de Montréal. Jean Béliveau se remettait alors encore d'un accident vasculaire cérébral subi en février 2012. 

Malgré cela, il a accepté de recevoir Le Soleil dans son condo de Longueuil. Parce que c'était Québec, une ville qu'il adorait, où il a vécu une partie de sa jeunesse et rencontré sa femme Élise Couture, et parce qu'il allait être question des As, une équipe de la Ligue senior du Québec qui l'a toujours très bien traité.

Profond respect

D'ailleurs, s'il inspirait tant le respect, c'est que Jean Béliveau avait toujours lui-même un très profond respect pour ceux qui ont contribué à lui permettre d'avoir une carrière de hockeyeur de plus de 20 saisons.

Du dg des As, Roland Mercier, qui l'a convaincu de s'aligner avec son équipe, à l'entraîneur Punch Imlach, qui l'a invité à disputer une seconde saison dans la capitale avant de prendre la route de Montréal, Jean Béliveau n'avait que des éloges envers ces hommes de hockey.

«Je venais de vivre deux belles années junior avec les Citadelles de Québec et quand la saison a pris fin, je me demandais quel geste je pourrais poser afin de remercier la région de Québec de m'avoir si bien traité. M. Mercier m'a suggéré de jouer une saison avec les As», m'avait-il raconté, ajoutant qu'il n'avait jamais regretté sa décision.

À elle seule, cette phrase résume bien la personnalité du numéro 4 du Canadien, qui a toujours fait preuve de reconnaissance autant envers ses employeurs que ses coéquipiers ou ses fans. Sa dernière saison avec le Canadien, en 1970-1971, il l'a aussi disputée à la demande expresse du dg Sam Pollock, qui voulait que son grand joueur de centre lui en donne une de plus. 

Homme de coeur

Et même s'il était à la retraite depuis plusieurs années, il s'est toujours fait un point d'honneur de répondre personnellement aux nombreuses lettres de ses fans qui lui demandaient un autographe sur une carte de hockey ou un souvenir.

Je me souviens encore de la fierté qui se lisait sur son visage quand il m'a déclaré qu'il avait enfin réussi à rattraper le «retard» qu'il avait pris dans les réponses à ses fans à cause de son hospitalisation. Avec un coup de main de sa fille Hélène, il venait de passer à travers la bagatelle de 600 lettres...

Maintenant, ces lettres ne recevront malheureusement plus de réponse, mais la mémoire de ce grand sportif, de cet homme de coeur, et les centaines de milliers de dollars que la fondation qui porte son nom a remis pour la cause des enfants handicapés ne disparaîtront jamais.

Jean Béliveau en 1955 ... (Archives Le Soleil) - image 2.0

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Jean Béliveau en 1955 

Archives Le Soleil

En 10 citations

1) La rivalité entre les As de Québec et les Saguenéens de Chicoutimi : «Les Sags, c'était une grosse rivalité. C'était incroyable comment il y avait du monde à Chicoutimi pour nos matchs. Et ils avaient de bons joueurs, notamment les frères Stan et Louis Smrke, Georges Roy, Gerry Glaude et Marcel Pelletier devant le filet.»

2) Sa dernière saison avec les As de Québec : «Le Colisée venait d'être reconstruit et il débordait de spectateurs à tous les matchs. L'entraîneur des As, Punch Imlach, m'a convaincu de rester. J'étais tanné de négocier, alors je lui ai dit   "OK, je vais en jouer un autre." Je ne l'ai jamais regretté.»

3) La phrase qu'il a lancée à sa petite amie et future femme Élise Couture quand il a décidé de quitter les As pour le Canadien : «Élise, si tu es prête, on se marie et on s'en va à Montréal!»

4) Sa relation particulière avec Québec : «J'aimais tellement Québec que j'aurais pu y jouer jusqu'à la fin de mes jours, mais quand tu as 21 ans et que tu as le hockey dans la tête, tu rêves toujours de jouer dans la LNH.»

5) Son arrivée avec le Canadien : «Quand je suis arrivé ici, il y avait une certaine rivalité avec Maurice [Richard]. Certains disaient que je gagnais plus cher que Maurice, mais on ne parlait jamais de ça ensemble.»

6) Son premier contrat avec le Canadien, qui lui garantissait 25 000 $ à sa première saison : «À l'époque, c'était beaucoup! Mon père gagnait 4500 $ par année et il a élevé une famille de huit enfants. Il n'y avait pas d'Association des joueurs mais moi, j'avais une bonne base de négociation : je ne pouvais pas accepter moins que ce que je gagnais à Québec.»

7) Sa dernière saison à Montréal : «J'avais décidé d'arrêter après la saison 1969-1970, mais Sam Pollock m'avait rencontré et m'avait expliqué que l'équipe était en période de transition et qu'il aurait aimé m'avoir une autre saison. J'ai dit oui, et on a gagné la Coupe Stanley cette année-là.»

8) À propos du fait qu'il prenait toujours de son temps pour répondre aux lettres de ses fans : «Si les gens prennent le temps de m'écrire, je me dis qu'ils méritent d'avoir une réponse.»

9) À propos de Dimitri Kazanovitch, fondateur des Éditions Marabout-Kazan au Canada : «Il m'a demandé ce que je voulais pour accepter d'apparaître dans ses publicités. Je lui ai dit de m'envoyer des livres. Et je dois rendre justice à M. Kazan. Il m'a toujours envoyé des livres jusqu'à son décès en 2002.»

10) À propos de son emploi d'été à Québec comme porte-parole pour la Laiterie Laval : «Durant la saison morte, je visitais des clients [avec Jacques Côté, l'un des propriétaires], je jouais à la balle, je faisais de la représentation. À un moment donné, il m'avait mis un petit frigidaire à l'arrière de ma voiture et il me remplissait ça de Fudge et de Revell. Quand je voyais des enfants qui jouaient, je m'arrêtais et j'ouvrais la porte. Ils s'en donnaient à coeur joie!» 

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