Jean Béliveau, «un homme au coeur d'or»

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Depuis plusieurs années, les amateurs de hockey peuvent admirer au Colisée Pepsi une importante collection d'objets ayant appartenus à Jean Béliveau. Cette collection, propriété de la famille Tanguay, contient plusieurs photographies, plaques commémoratives, un trophée, un bâton et - la pièce maîtresse - un chandail des As de Québec.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La longue et endurante amitié entre Maurice Tanguay et Jean Béliveau a pris abruptement fin mardi soir, alors que la légende des Citadelles, des As et du Canadien s'éteignait, à l'âge de 83 ans. «C'est une grosse perte pour le Québec, comme athlète et comme homme», estime l'homme d'affaires de Québec.

Ce n'était pas d'hier que Maurice Tanguay pouvait appeler Jean Béliveau son ami. Mais c'est d'abord comme fan de la grande vedette des Citadelles qu'il la connu. Encore gamin, le jeune Maurice se rendait au Colisée afin d'assister aux performances du charismatique numéro 9 dans la Ligue de hockey provinciale junior A du Québec.

«Il était un petit peu plus vieux que moi quand il est arrivé à Québec. Moi, j'étais un petit bonhomme d'une dizaine d'années qui allait le voir jouer au Colisée. Je crois que c'est le plus grand athlète à être passé à Québec. Plus tard, je suis allé le voir jouer au Forum. Je l'ai toujours suivi», a indiqué au Soleil le patriarche du clan Tanguay.

Au fil des années, une amitié et une complicité se sont développées entre les deux hommes unis par leur amour commun du hockey. «C'était une belle connaissance et un bon ami. On se respectait beaucoup. On ne se parlait pas tous les jours, mais on se voyait assez souvent, peut-être une fois aux trois ou quatre mois. Chaque fois, c'était un plaisir immense de le voir.

«Une fois, il y a sept ou huit ans, je l'ai même rencontré par hasard à Sainte-Marie de Beauce. Il mangeait là, dans un restaurant, avec Pierre Bouchard. Il nous avait invités à nous joindre à eux. Il a toujours beaucoup sorti. Ça ne faisait pas si longtemps qu'il avait arrêté, parce qu'il était malade», a raconté Maurice Tanguay.

La dernière conversation entre les deux hommes remonte à il y a six mois, alors que l'homme d'affaires s'était enquis de la santé déclinante de l'ancien hockeyeur. «On avait parlé de sa santé. Mais un gars comme Jean, quand il est malade, tu ne l'achales pas trop. Sa santé passait avant tout», a-t-il laissé tomber.

Droit et généreux

Au-delà de l'athlète, c'est l'homme droit et généreux, un «homme au coeur d'or», qu'était Jean Béliveau, dont se souviendra particulièrement Maurice Tanguay. «C'était un bonhomme qui était généreux à l'endroit de tout le monde. Il ne refusait jamais rien. Surtout pour la Fondation des Canadiens pour l'enfance. Il a aidé énormément, beaucoup de familles. Je calcule que c'est l'un des plus grands athlètes de l'histoire. Je sais qu'il y a eu des grands athlètes olympiques, mais à mes yeux, il n'y en a pas d'autres.»

Selon Maurice Tanguay, Jean Béliveau se voulait un être incomparable, défiant tout qualificatif. «Il n'y a pas de mots pour décrire l'être exceptionnel et le plus grand athlète que j'ai rencontré dans ma vie. Des fois, les mots ne suffisent pas pour évaluer une personne de sa qualité. Et je ne pense pas que j'exagère en disant ça. On n'exagère pas quand il s'agit de gens du calibre de Jean Béliveau. [...] Et moi, j'ai eu le bonheur de le connaître», a rappelé Maurice Tanguay, qui se fera un devoir s'assister à ses funérailles.

Une collection inestimable pour la famille Tanguay

Propriétaire d'une importante collection d'objets ayant appartenu à Jean Béliveau, la famille Tanguay partage son trésor, exposé dans deux vitrines du Colisée Pepsi, depuis plusieurs années. Acquise à l'encan, la collection contient plusieurs photographies, plaques commémoratives, un trophée, un bâton et - la pièce maîtresse - un chandail des As de Québec. «Ce sont des objets que [Jean Béliveau] avait vendus à l'encan. Jacques les a achetés. Il ne fallait pas laisser partir ça de Québec. Ce sont des souvenirs inoubliables qui font partie de l'histoire du Colisée», a jugé Maurice Tanguay.

Impossible à évaluer, la collection a une valeur inestimable aux yeux de ses propriétaires, et plus particulièrement du patriarche du clan Tanguay, qui avait la chance de compter Jean Béliveau parmi ses amis personnels. «Ce n'est pas une question d'argent pour moi. Ça n'a pas de prix pour moi. Ce n'est pas à vendre. Ce sont des choses importantes. On ne vend pas ça.» Il espère que les gestionnaires du nouvel amphithéâtre trouveront éventuellement un espace afin de mettre en valeur sa collection, qu'il souhaite continuer de partager avec les amateurs de hockey de la région. «Je suis persuadé que M. Régis [Labeaume] va trouver quelque chose. Il aime les nouveautés! Et s'il ne trouve pas, on va l'aider à y penser. Pour un homme comme Jean Béliveau, il faut faire quelque chose.»

L'entraîneur-adjoint des Remparts, Martin Laperrière... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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L'entraîneur-adjoint des Remparts, Martin Laperrière

Photothèque Le Soleil

Souvenirs d'enfant d'un homme «chaleureux et humain»

Ayant grandi à proximité du bureau de son père Jacques dans le vieux Forum de Montréal, l'entraîneur-adjoint des Remparts, Martin Laperrière, n'a jamais vu évoluer Jean Béliveau, mais se souvient d'avoir côtoyé un grand ambassadeur du hockey.«Il était souvent présent aux pratiques. Et les dimanches, qui étaient la journée de congé rituelle, il était souvent là. Il a toujours été chaleureux, souriant, très gentil. Tu voyais qu'il avait une présence. Mon père, évidemment, le connaissait plus que moi. Tu savais quand même que c'était un monsieur important, même si, à l'âge que j'avais, je ne réalisais pas la grandeur de ce qu'il avait accompli», a raconté Laperrière, mercredi.

Il se rappelle surtout de Jean Béliveau comme d'une figure charismatique auprès des amateurs et d'un personnage public d'une générosité inégalée. «Tout le monde lui parlait, il allait saluer tout le monde. Ce n'était pas un monsieur avec un égo. C'était un monsieur qui se présentait bien. Chaleureux et humain, je pense que ça définissait bien le bonhomme.»

N'ayant réellement pris conscience de l'héritage de Béliveau que beaucoup plus tard dans sa vie, Laperrière le considère comme un personnage marquant pour des générations de Québécois.

«J'ai grandi à l'époque où les grands joueurs des Canadiens, c'était des gars comme Mats Naslund. C'était mes idoles, quand moi, je grandissais. Mais à travers les années, tu réalises un peu plus tout ce que Jean Béliveau a accompli. On l'a vu aussi dans le film Le Rocket. Ç'a été un personnage important pour l'organisation du Canadien et pour la province de Québec», croit-il.

Ce que Laperrière gardera surtout en mémoire de la légende des Citadelles, des As et du Canadien, c'est sa grande humanité. «Ça en prend des bons gars de hockey comme lui, qui donnent une bonne réputation au sport et font de bonnes choses.»

De son côté, l'entraîneur-chef des Remparts, Philippe Boucher, n'a jamais eu la chance de rencontrer Jean Béliveau. Il voue néanmoins un grand respect au joueur et à l'homme. «J'ai son chandail dans mon sous-sol!» a-t-il lancé avec fierté, mercredi. 

Jean Béliveau: un ancien des As raconte

Une chanson de 1956 en l'honneur de Jean Béliveau

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