Jean Béliveau lance, compte, lit!

La scène se déroulait au Colisée de Québec, au début des années 50. Un matin,... (Photo Bibliothèque de l'Université Laval)

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Jean Béliveau (1931-2014)

Sports

Jean Béliveau (1931-2014)

Le Canadien est endeuillé par la perte d'un des meilleurs joueurs de son histoire et de son plus fidèle ambassadeur, Jean Béliveau, qui est décédé le 2 décembre. »

(Québec) La scène se déroulait au Colisée de Québec, au début des années 50. Un matin, durant un entraînement des Citadelles, un inconnu fait signe à Jean Béliveau de venir le rejoindre, un peu à l'écart. Il s'appelle Dimitri Kazanovitch, fondateur des éditions Marabout-Kazan au Canada. Et il veut savoir si le joueur prodige accepterait de faire de la publicité pour sa maison d'édition.

Tant à la maison que sur la route,... (Photo Bibliothèque de l'Université Laval) - image 1.0

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Tant à la maison que sur la route, Jean Béliveau aimait se plonger dans des bouquins. 

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En 2013, Jean Béliveau a raconté la suite au Soleil . «Je lui ai dit que c'était une drôle de place pour négocier et il m'a demandé ce que je voulais pour accepter d'apparaître dans ses publicités. Je lui ai dit de m'envoyer des livres. Et je dois rendre justice à M. Kazan : il m'a toujours envoyé des livres, jusqu'à son décès, en 2002.»

Pendant des années, des pubs de Marabout vont donc montrer un Béliveau occupé à lire. Et son transfert avec le Canadien de Montréal, en 1953, ne fait qu'augmenter leur impact. Marabout, c'est alors Bob Morane, Sylvie, l'Encyclopédie des jeunes et toute une panoplie de classiques. Une vraie locomotive. Au faîte de sa gloire, en 1964, la maison d'édition aurait vendu 1 200 000 exemplaires à travers le Québec!

À l'époque, dans les trains qui vont vers Toronto, Chicago, New York, Detroit ou Boston, les joueurs du Canadien jouent aux cartes. Henri Richard a «mal à l'haleine» (il voulait dire «à l'aine»]. Bernard Geoffrion souffre d'une «surbite» (il voulait dire une «bursite»). Seul Jean Béliveau lit. Pour de vrai.

Pas de la comédie

Car le porte-parole de Marabout ne joue pas la comédie. Il est probablement le seul joueur de la Ligue nationale à se passionner pour les Trois mousquetaires ou pour Guerre et paix! «Disons que les voyages passaient plus vite», confiera-t-il plus tard au chroniqueur Réjean Tremblay.

À la maison de Jean Béliveau, les visiteurs seront toujours étonnés d'apercevoir des bibliothèques bien garnies. Des encyclopédies. Des classiques de la littérature. Ou la collection de la revue d'histoire du Québec Cap-aux diamants. Plus les années passaient, plus on aurait dit que cela faisait de lui un extraterrestre dans le merveilleux monde du sport.

Comment s'appelait le sportif qui s'est écrié :

«Personne dans une équipe de football ne mérite de se faire décrire comme un génie. Un génie, c'est quelqu'un comme Norman Einstein!»

Un indice? Il ne s'appelait pas Jean Béliveau.

De la même manière, nous tairons le nom de la superstar du basketball à qui les journalistes avaient demandé s'il avait visité le Parthénon, lors de son voyage en Grèce.

Et la superstar avait répondu : «Je ne peux pas me souvenir du nom de tous les bars où nous sommes allés.»

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