Quand l'école fait peur

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Le premier jour dans l'autobus scolaire signifie souvent l'angoisse pour certains petits écoliers.

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Laurie Richard

(Québec) Fin août, c'est la rentrée pour tout le monde, les enfants comme les parents. Les jeunes y pensent depuis quelques semaines déjà, alors que maman et papa en prendront réellement conscience quand leur enfant sera de retour sur les bancs d'école, le mois de septembre bien entamé. Leurs peurs sont également différentes : les écoliers s'inquiètent de leurs camarades de classe et de leur prof, alors que leurs parents portent beaucoup d'attention aux résultats scolaires et aux devoirs de leur progéniture.

Isabelle Vallée, intervenante à  Ligne-Parents et Tel-Jeunes, croit que ce sont les enfants qui s'inquiètent davantage de la rentrée. De leur côté, les parents réagissent plutôt sur le fait, souvent pris de court par une «crise de devoirs», quelques semaines après le retour en classe.

Au cours des premières années de l'école primaire, tout ce qui est nouveau est angoissant pour les enfants, rappelle Solène Bourque, psychoéducatrice. Qui va être mon prof? Est-ce que mon meilleur ami sera dans ma classe? Est-ce que ça va se passer comme l'année passée? Quand l'enfant grandit, la peur de la nouveauté s'estompe, mais l'événement demeure toujours un peu stressant.

Alors que les plus jeunes s'attardent davantage au professeur - est-ce qu'il va être cool? -, les plus vieux, eux, considèrent davantage leurs amis, leur gang. Vers huit ou neuf ans, les enfants remettent beaucoup en question l'autorité des parents. Plus l'enfant vieillit et plus ses amis prennent de l'importance, dit Mme Bourque.

L'attitude du parent aura nécessairement une influence sur sa progéniture. «Les enfants sont des éponges pour le stress», illustre Mme Bourque. Le jeune se dira que si son parent est stressé par rapport à la rentrée, cela justifie amplement qu'il le soit aussi.

Une période cruciale : le passage du primaire au secondaire, ou un changement d'école, tout simplement. «Se refaire des

amis peut être angoissant», note Mme Vallée, qui souligne que les appels et courriels auxquels elle répond proviennent majoritairement de jeunes de 12 à 15 ans.

Écouter ses peurs

Pour les parents ayant une tendance naturelle à minimiser le problème, il faudrait pourtant éviter de dire à leur jeune que tout va bien aller. «Ça ne va pas toujours bien, c'est la réalité», clarifie Mme Bourque. Fiston pourrait vous le remettre sur le nez, en vous accusant de lui avoir menti. Mieux vaut écouter ses peurs, qu'il parle de ses émotions afin de pouvoir trouver des solutions aux situations qui l'embarrassent. Il faut concrétiser les angoisses pour mieux les cerner et les prévenir.

«Des fois, quand on veut banaliser, c'est pas nécessairement rassurant», ajoute Mme Vallée. Il est donc important d'outiller son enfant. Lui poser des questions sur ses expériences passées lui permettra de se rappeler comment il avait déjà affronté le problème. De quelle manière s'était-il fait des copains? Quel trait de sa personnalité fait de lui un bon ami? Lui montrer qu'il s'en est déjà très bien sorti le mettra en confiance.

Souvent, les parents d'un jeune qui a eu des difficultés seront très attentifs à son attitude à son retour de l'école alors que ceux d'un enfant qui réussit bien le sont souvent moins. «Il stresse lui aussi, il est habitué de performer et réussir, il ne veut pas décevoir», soulève Mme Bourque.

Dédramatiser

Au moment du passage au secondaire, les parents craignent que leurs enfants fassent des choses qu'il ne souhaitent pas vraiment; prendre de la drogue, par exemple. Des ados aussi se demandent, jusqu'à en avoir peur, de quelle façon ils doivent réagir dans ces cas-là. «Il faut dédramatiser la situation», recommande Mme Vallée.

Pour les victimes d'intimidation, les parents doivent s'assurer de leur fournir les instruments nécessaires pour se défendre.

Mme Bourque suggère de profiter de l'heure du souper pour discuter de la journée de classe en famille. Malgré ses activités parascolaires, c'est bien d'exiger que l'enfant soit là à l'heure du souper pour maintenir la communication, propose Mme Bourque.

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