L'anorgasmie se traite avec succès

La règle de base reste le plaisir de...

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La règle de base reste le plaisir de la rencontre sexuelle quelle que soit la «performance».

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Yves Dalpé
Yves Dalpé
Le Soleil

(Québec) Il y a peut-être environ 10 % des femmes qui n'ont jamais eu d'orgasme, mais le pourcentage de femmes qui ont des périodes d'anorgasmie peut dépasser les 20 %. Cependant, l'orgasme obtenu par la pénétration est plus ardu que celui déclenché par la masturbation, tellement que selon la recherche de Shere Hite en 1976, 70 % des femmes n'auraient pas d'orgasme à tout coup au cours de la pénétration.

À quoi l'anorgasmie est-elle due? Dans le cas de l'anorgasmie primaire (absence totale d'orgasme depuis toujours), une éducation puritaine, des abus sexuels au cours de l'enfance, des problèmes émotionnels ou médicaux peuvent en être la source. En ce qui concerne l'absence d'orgasme avec un partenaire, l'interprétation relationnelle s'impose. Mais on n'arrive pas à la même conclusion si la femme est anorgasmique avec son conjoint ou si elle est anorgasmique avec tout partenaire. L'anorgasmie d'une femme peut exprimer un malaise dans sa relation conjugale. Mais il peut résulter plutôt de malaises profonds concernant l'intimité engendrés par son vécu antérieur au cours de sa jeunesse. Cependant, il ne faut pas oublier des variables comme la dépression, qui abaisse souvent la libido au point d'avoir un effet sur l'orgasme. Non plus qu'il ne faille négliger des interférences biologiques, comme la prise de certains médicaments. Les antidépresseurs, par exemple, peuvent engendrer l'anorgasmie.

Si vous êtes une femme et que vous n'avez jamais eu d'orgasme, j'ai de bonnes nouvelles pour vous, car le taux de succès de l'approche appelée «masturbation dirigée» est très efficace (de 80 % à 90 % de succès selon certaines recherches).

Quelques soient les raisons sous-jacentes à l'anorgasmie primaire, on peut solutionner le problème avec cette méthode centrée sur l'acquisition de connaissances précises en sexualité et sur l'autoexploration active de son corps. Vous pouvez retrouver l'essence de cette approche en consultant Internet. Bien sûr, un thérapeute peut être nécessaire pour donner des conseils judicieux à sa cliente en la soutenant dans sa démarche et en la déculpabilisant s'il le faut.

Un intervenant est très indiqué quand les difficultés orgasmiques trouvent leurs racines dans les conflits internes par rapport à l'intimité qui empêchent la cliente de s'abandonner dans les bras d'une personne aimante. Parfois, le sens donné à l'abandon orgasmique empêche en effet la femme de vivre pleinement sa sexualité. D'autres fois, l'intervenant doit centrer ses interventions sur la relation conjugale pour dénouer les impasses qui ont un effet sur la capacité orgasmique. Souvent, la meilleure approche implique à la fois la prescription de comportements sexuels pertinents et à la fois le travail sur la relation amoureuse.

Il arrive que les gestes sexuels soient inefficaces et qu'un thérapeute doive enseigner aux personnes comment se comporter et comment se stimuler. Mais en pratique, il est rare que le fond de la question soit aussi banal qu'un simple manque d'information. Par exemple, les travaux de Masters et Johnson ont démontré que le clitoris est à la source de tout orgasme, qu'il soit clitoridien ou vaginal, et on sait maintenant que les femmes orgasmiques se positionnent instinctivement pour être adéquatement stimulées à cet endroit afin d'aboutir. Or, ce sont les femmes ayant une bonne estime d'elles-mêmes qui agissent ainsi spontanément. Même raisonnement en ce qui concerne les maladresses du conjoint qui caresse mal. Comment se fait-il qu'il soit incapable de mesurer adéquatement la justesse de ses caresses? Une kyrielle de facteurs individuels et interpersonnels peuvent être en cause de son côté aussi.

Mais la règle de base reste le plaisir de la rencontre sexuelle quelle que soit la «performance». Des femmes n'ont pas d'orgasme et n'en font pas une nécessité. Certaines femmes préfèrent l'orgasme clitoridien sans pénétration. D'autres ne peuvent se passer de la pénétration. C'est la satisfaction subjective de chacune qui compte. Il n'est pas nécessaire d'ériger en «dysfonction sexuelle» un fonctionnement sexuel qui ne répond pas aux normes.

JULIA HEIMAN. «Orgasmic Disorders in Women», dans S. Leiblum, Principles and Practice of Sex Therapy, 4e édition, New York, Guilford, 2007.

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