On peut maîtriser ses cauchemars

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La récurrence des cauchemars peut mener à de l'insomnie chronique.

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Yves Dalpé
Yves Dalpé
Le Soleil

(Québec) Régulièrement, des clients me font part de leurs cauchemars. Ils se réveillent horrifiés à la suite de cascades d'événements traumatisants dans leurs rêves. Souvent, ils se questionnent sur le sens de ces cauchemars. Et certains fuient le sommeil de peur de retomber dans les pattes de leurs monstres nocturnes.

Saviez-vous que l'excès d'alcool favorise les cauchemars, mais que c'est surtout l'arrêt de consommation qui les provoque? Et que les benzodiazépines (Valium), certains antidépresseurs, le cannabis et bien d'autres substances ont cet effet désagréable? De nombreuses personnes retournent à la consommation de ces drogues à cause de cette conséquence nocturne engendrée par leur sevrage. Paraît-il que c'est parfois l'explication du retour à la cigarette de certains fumeurs parce que l'abandon de la nicotine perturbe lui aussi le sommeil et favorise les mauvais rêves. J'ai trouvé ces données dans le numéro de juillet 2014 de la revue française Science & Vie.

On y écrit que presque tout le monde fait des cauchemars à l'occasion, mais que ce sont les personnes au tempérament plus anxieux ou plus déprimé et celles qui fonctionnent moins bien qui en font beaucoup. Ceux-ci sont provoqués par le stress qui s'accumule dans leur vie et par l'anxiété.

Au Québec, nous avons des pionniers dans le nouveau champ d'études que sont les cauchemars. Antonio Zadra, du Centre d'études avancées en médecine du sommeil rattaché au Département de psychologie de l'Université de Montréal, a accumulé 10 000 récits de rêve, dont 430 de mauvais rêves et 250 de cauchemars, auprès de 550 personnes. Selon l'analyse de ces récits, les périodes de stress favorisent les cauchemars. Le manque de sommeil peut aussi engendrer des rêves désagréables. D'ailleurs, l'insomnie est le problème principal associé aux cauchemars. À la suite d'une série de cauchemars récurrents, le rêveur ne veut plus s'endormir et renforce ainsi l'apparition de futurs cauchemars. C'est ainsi que s'installe l'insomnie chronique. Il y aurait 4 % des adultes qui seraient affectés par ce problème.

Mais ce qui m'a le plus intéressé dans l'article de Science & Vie, c'est la méthode efficace pour maîtriser les cauchemars récurrents que des chercheurs ont mis au point. En plus d'Antonio Zadra, la revue française mentionne l'apport du Canadien Joseph De Koninck, spécialiste des rêves à l'Université d'Ottawa, et le psychologue Tore Nielsen de Montréal. Ce qui autrefois pouvait durer des années comme traitement des cauchemars peut maintenant être fait en quelques semaines. Et on peut apprendre à maîtriser ses cauchemars par soi-même.

L'essentiel de la méthode : en traitement pour un cauchemar récurrent, le client raconte son cauchemar en détail à son thérapeute alors qu'il est détendu. Le thérapeute demande ensuite au client de changer progressivement plusieurs éléments du rêve cauchemardesque afin de le rendre moins angoissant. C'est de cette façon qu'une nouvelle version du cauchemar s'imprime lentement, mais sûrement dans le cerveau. En faisant cet exercice quotidiennement, la personne en vient à faire disparaître complètement ce cauchemar.

On dit que l'efficacité de cette méthode a été le sujet de recherches en Amérique du Nord et que les conclusions sont excellentes. Ce simple exercice diminue la fréquence des cauchemars ainsi que la détresse qu'ils provoquent. On parle de presque 80 % de succès pour au moins deux à trois ans de répit avec les cauchemars, et cela, sans effet secondaire.

De façon générale, les recherches sur les cauchemars démontrent que raconter son cauchemar, l'écrire ou le dessiner sont de bonnes premières étapes pour s'en défaire.

Avec les enfants qui font beaucoup plus de cauchemars que les adultes (90 % des enfants de sept à neuf ans font régulièrement des cauchemars), une très bonne façon de procéder est de leur faire dessiner leurs cauchemars et de leur demander ensuite de modifier leurs dessins. Selon Joseph De Koninck, les cauchemars disparaissent en une ou deux sessions seulement!

Je suis toujours impressionné par la puissance de notre contrôle sur notre vécu quand on y croit.

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