La solitude, pire que la cigarette

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Le chercheur Cacioppo a trouvé en 2002 que les solitaires avaient une moins bonne qualité de sommeil, une pression sanguine plus élevée dans des situations de stress et qu'ils étaient plus stressés.

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Yves Dalpé
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Le Soleil

(Québec) L'influence des relations interpersonnelles me fascine. J'y ai toujours accordé de l'importance, mais je ne savais pas qu'elles étaient fondamentales à ce point. En effet, la science nous démontre maintenant que le fait d'avoir un réseau social vigoureux et d'entretenir de bonnes relations interpersonnelles avec notre famille et nos amis est capital pour notre santé. Non seulement un bon réseau interpersonnel diminue le risque de dépression, mais il prévient aussi un décès prématuré. Le manque de contacts humains est impitoyable.

L'isolement et la solitude sont dangereux. L'effet le plus toxique de la solitude, biologiquement parlant, est l'affaiblissement du système immunitaire parce que les personnes esseulées se sentent menacées chroniquement. On a démontré que les individus ayant le moins d'attaches sociales encourent le risque de mourir prématurément deux fois plus que les autres. Le chercheur Cacioppo a trouvé en 2002 que les solitaires avaient une moins bonne qualité de sommeil, une pression sanguine plus élevée dans des situations de stress et qu'ils étaient plus stressés. De son côté, en 2013, une psychologue américaine a publié une recherche sur 200 femmes atteintes du cancer du sein pour découvrir que les femmes cancéreuses les plus solitaires éprouvaient plus de douleur, étaient plus déprimées et étaient plus fatiguées que les autres.

Malheureusement, au cours des 35 dernières années, le réseau social des gens a fondu, selon une méta-analyse avec 177 000 personnes, publiée en 2013. Les gens ont de moins en moins de confidents avec qui partager leurs sentiments, leurs joies, leurs peines, leurs secrets et leurs succès.

En 1988, le chercheur House et ses collègues avaient conclu que le soutien social procuré par le réseau de contacts d'une personne affectait le taux de mortalité de façon substantielle. En effet, même en tenant compte de plusieurs facteurs différents, comme la santé des personnes, leur statut économique et leur consommation de drogue, il fut démontré que les personnes ayant le plus de liens sociaux avaient un taux de mortalité inférieur de 50 %! Depuis cette publication, les recherches menées sur les bénéfices des relations humaines ont explosé en nombre. Il est clairement démontré maintenant que le réseau d'amitié d'une personne a un effet décisif sur sa santé. Et on en comprend de mieux en mieux la mécanique quant au système cardiovasculaire, au système endocrinien et au système immunitaire.

En 2010, une méta-analyse faite sur 148 recherches différentes regroupant plus de 308 000 personnes a corroboré la conclusion de House. On est encore arrivé au chiffre de 50 % de réduction de mortalité chez les gens qui avaient les meilleurs réseaux de contacts humains, et cela, dans chacune des 148 recherches concernées. Cependant, on a raffiné la compréhension de ce concept. On a découvert en effet que le fait de vivre avec une autre personne plutôt que de vivre seul réduisait le taux de mortalité de seulement 19 % et non de 50 % parce que c'est la qualité des relations interpersonnelles qui compte. Par exemple, les couples très chicaniers ont plus de problèmes de santé. Quand on tient compte de la qualité des contacts humains et qu'on l'associe au taux de mortalité, on arrive au chiffre de 91 % de réduction de mortalité. Ce taux est plus élevé que pour l'abandon de la cigarette! Autrement dit, la solitude et le manque de contact humain satisfaisant sont plus nocifs que la cigarette.

On peut regrouper les relations interpersonnelles en quatre catégories en fonction de leur positivité et de leur négativité. Il y a les relations humaines soutenantes (très positives et peu négatives); les relations aversives (peu positives et surtout négatives); les relations indifférentes (peu positives et peu négatives); et les relations ambivalentes (à la fois très positives et la fois très négatives). Dans ce dernier cas, on trouve par exemple des couples où une personne vit avec un conjoint très amoureux, mais qui suscite continuellement des conflits. Dans plusieurs recherches, il a été démontré que ce genre de relations «ambivalentes» apporte les pires conséquences sur la santé.

Si ce sujet vous passionne comme moi et que vous aimez des références scientifiques solides, procurez-vous le livre intitulé Health and Social Relationships publié en 2013 par l'American Psychological Association.

Pour terminer, un petit truc si vous souffrez de solitude actuellement et que vous désirez vous faire des amis. Fréquentez le même endroit chaque jour à la même heure. Il est prouvé que la présence régulière d'une personne dans un endroit augmente ses chances de se faire apprécier par les gens autour et de déboucher sur de l'amitié.

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