Éric Giroux en résidence à l'INO: comme dans un magasin de bonbons!

Dès qu'il a appris l'existence du programme d'entrepreneur... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Dès qu'il a appris l'existence du programme d'entrepreneur en résidence, Éric Giroux a commencé à faire son «magasinage» dans les laboratoires de l'Institut national d'optique pour y dénicher les technologies présentant les meilleures possibilités de commercialisation.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) «Lorsqu'un entrepreneur met les pieds à l'Institut national d'optique, il est comme un enfant qui pénètre dans un magasin de bonbons!»

Sa friandise, Éric Giroux, l'entrepreneur en résidence à l'Institut national d'optique (INO), l'a trouvée dans le rayon des systèmes d'imagerie. Une caméra térahertz.

Puisqu'il permet de voir à travers la matière, cet appareil de haute sensibilité est en mesure de scruter minutieusement le contenu d'un colis.

Par exemple, il peut détecter la présence de poudre dissimulée dans une enveloppe avant qu'une personne ne l'ouvre et risque de s'intoxiquer. Le récent épisode au cours duquel des élus québécois du Parti conservateur ont reçu des enveloppes suspectes à leur bureau de circonscription illustre le besoin d'un tel équipement de sécurité. 

«La beauté de la chose est que la technologie térahertz n'émet aucune radiation qui pourrait être dangereuse pour les utilisateurs», explique Éric Giroux, qui compare la trouvaille technologique de l'INO au scanner corporel à ondes millimétriques destiné à assurer la sécurité dans les aéroports en permettant d'inspecter les passagers et de détecter les objets interdits. «À la différence que notre produit n'est pas un scanner, mais une caméra.»

En passant par Harvard

Ne cherchez pas un doctorat en sciences ou en génie dans le parcours universitaire d'Éric Giroux. Oui, il a fréquenté la prestigieuse Université Harvard. Il y a plutôt décroché une maîtrise en gestion et opération des affaires. 

«Moi, je suis d'abord et avant tout un entrepreneur», explique-t-il en entrevue au Soleil. «Il arrive, parfois, que je me sente un brin intimidé entouré par autant de scientifiques. Alors, je pose beaucoup des questions. Disons que j'ai une bonne capacité pour apprendre de nouvelles choses», ajoute l'entrepreneur en résidence en expliquant que les chercheurs aimaient collaborer avec des entrepreneurs qui vont faire en sorte que leurs découvertes sortiront des laboratoires et trouveront des applications concrètes dans la vie de tous les jours des citoyens ou des entreprises.

Après avoir fait ses études en commerce à l'Université Bishop, ce Franco-Américain né au New Hampshire a gagné sa croûte pour la division américaine d'une société britannique spécialisée dans la radiographie industrielle. «Nous procédions, entre autres, à l'inspection des soudures critiques sur des sous-marins nucléaires et dans les pipelines.»

En 2000, il fonde une entreprise, dans la région de Boston, dans le domaine de la construction commerciale et institutionnelle. «J'ai été élevé dans la construction. À l'époque, mon père posait des panneaux de gypse, et ma mère tirait les joints.» 

Il a fait travailler jusqu'à 150 personnes. 

Puis, un jour, la crise économique frappe les États-Unis.

Il met fin aux activités de son entreprise et retourne sur les bancs d'école à Harvard en 2008.

De retour au Québec, il se met en chasse d'une bonne idée pour démarrer une autre entreprise. En attendant de la trouver, il tente l'aventure politique. Aux élections générales de 2012, il était candidat de la Coalition avenir Québec dans la circonscription de Saint-François. Il s'était incliné devant le péquiste Réjean Hébert.

«Magasinage» dans les labos

Dès qu'il a appris l'existence du programme d'entrepreneur en résidence, Éric Giroux a commencé à faire son «magasinage» dans les laboratoires de l'INO pour y dénicher les technologies présentant les meilleures possibilités de commercialisation. Et ce n'est pas le choix qui manque. L'INO compte 191 brevets à son actif. D'ailleurs, des entrepreneurs comme Éric Bergeron (Optosecurity) et Alain Chandonnet (Handyem) ont démarré leur entreprise après avoir passé au crible les nombreuses trouvailles du centre de recherche, fait remarquer Philippe Boivin, vice-président aux Affaires corporatives de l'INO.  

Une fois qu'il a eu le coup de foudre pour la technologie térahertz, Éric Giroux a rapidement trouvé un premier client potentiel.

Et dire qu'il n'avait pas encore été choisi pour occuper le poste d'entrepreneur en résidence!

«Le travail d'un entrepreneur en résidence est de trouver une application commerciale au produit issu de la recherche scientifique. Il faut que ça serve à quelque chose. Il faut que ça soit différent de ce qui existe déjà sur le marché. Et il faut trouver des clients. Il faut que ça génère des sous. C'est le boulot que j'ai à accomplir en 18 mois», explique M. Giroux, qui, lentement mais sûrement, se détache de l'INO pour démarrer son entreprise. Il négocie présentement le transfert de la technologie avec la direction du centre de recherche.

La première application sera l'inspection de colis.

Les premiers marchés visés sont les édifices gouvernementaux, les palais de justice, les postes de police, les hôpitaux et les compagnies d'assurances. «Tous ces endroits où des personnes peuvent être des cibles pour des terroristes ou des gens menaçants.»

Deux autres entrepreneurs en résidence suivront bientôt les pas d'Éric Giroux à l'INO.

De l'aide pour franchir la «vallée de la mort»

Le programme Entrepreneur en résidence est une initiative de l'Institut national d'optique (INO) et de la Ville de Québec avec la collaboration d'Anges Québec, un réseau d'entrepreneurs qui contribue au lancement et à la croissance d'entreprises.

Dans la foulée de sa stratégie de développement économique, la Ville de Québec consacrera 2 millions $ au cours des cinq prochaines années pour la création d'au moins 10 nouvelles entreprises, et ce, dans le cadre d'une offensive menée avec l'INO et des investisseurs privés. 

Le programme offre aux entrepreneurs une meilleure chance de réussite dans la création de nouvelles entreprises issues de la recherche en optique et en photonique. On veut l'aider à franchir ce que l'on appelle la «vallée de la mort», ce moment déterminant dans la vie d'une entreprise naissante où elle a besoin de beaucoup de billets verts pour amorcer les premières phases de la commercialisation de son produit.

En plus d'être hébergé dans les locaux de l'INO, l'entrepreneur en résidence bénéficie, pendant une période d'incubation pouvant atteindre 18 mois, d'une contribution de 200 000 $ de la Ville de Québec pour couvrir les frais de prédémarrage.

Au terme de la résidence à l'INO, l'entrepreneur s'engage à créer à Québec une entreprise utilisant une technologie de l'INO et à verser des redevances visant au remboursement de l'aide financière remboursable accordée par la Ville de Québec.

Rappelons que, depuis sa création, l'INO a essaimé 29 entreprises qui fournissent un gagne-pain à plus de 1000 personnes. Qu'il suffise de mentionner Fiso Technologies, Handyem, LeddarTech, Opsens, Optel Vision, Optosecurity, Obzerv ou TeraXion. 

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