Chicago la grandiose

Chicago a toujours souffert d'un complexe d'infériorité face à New York. La... (collaboration spéciale Normand Provencher)

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(Québec) Chicago a toujours souffert d'un complexe d'infériorité face à New York. La «Second City» n'a pourtant rien à envier à sa grande rivale. Ses nombreux gratte-ciel, son impressionnante architecture, son métro aérien, ses bars de blues, ses musées et parcs font du patelin d'Oprah Winfrey, de Walt Disney et de Michael Jordan une terre bénie pour le touriste à la recherche de découvertes.

Chicago doit son look à une tragédie, soit le grand incendie d'octobre 1871, qui a causé la mort de 300 habitants, mis 100 000 personnes à la rue et détruit 18 000 bâtiments. Sur les cendres de cette ville meurtrie est né un laboratoire où se sont regroupés les noms de l'architecture les plus avant-gardistes de l'époque afin de peaufiner une nouvelle vision de la ville.

Le Fisher Building, le Chicago Temple, le Federal Building, la Tribune Tower, autant d'immeubles qui témoignent de cette période de bouillonnement créatif auquel contribuèrent les Daniel Burnham, Louis Sullivan et Mies Van der Rohe.

Une excursion guidée sur la rivière Chicago se doit de figurer en haut de liste de tout voyageur qui visite la ville pour la première fois. Les Architectural + Historical Cruises, organisées par le Chicago History Museum, valent le prix (43 $US par personne). Pendant une heure et demie, vous apprendrez tout ce qu'il y a à savoir sur les principaux édifices de la ville, dont la Trump International Tower, propriété de vous-savez-qui, quatrième building le plus élevé des États-Unis avec ses 423 mètres.

Difficile d'imaginer que cette rivière, maillon important de l'activité touristique de la ville, était jusque dans les années 70-80, une mal-aimée et servait de déversoir d'eaux usées...

Millenium Park

Les rues de Chicago sont de véritables galeries d'art. C'est la marque de commerce de la ville. À commencer par le grandiose Millenium Park, un vaste musée à ciel ouvert érigé en 2004, prolongement de Grant Park au nord. Le fameux «Cloud Gate», sorte de haricot géant en acier inoxydable, attire les foules. Les réflexions distordues de sa surface font la joie des photographes.

À voir également dans le secteur, la Crown Fountain et ses gargouilles virtuelles, ainsi que le Jay Pritzker Pavillion, un amphithéâtre à ciel ouvert, reconnu pour ses qualités acoustiques en dépit de sa structure atypique, fruit de l'imagination de l'architecte d'origine canadienne Frank Gehry, l'homme derrière le musée Guggenheim de Bilbao.

L'amateur d'architecture resté sur sa faim trouvera de quoi se rassasier avec une virée dans le quartier Oak Park, à une quinzaine de kilomètres à l'ouest du Loop. Frank Lloyd Wright, qui y habita de 1889 à 1909, a laissé sa marque dans le paysage. Sa maison, devenue monument national, accueille le siège du Frank Lloyd Wright Preservation Trust. Ouvrez l'oeil, c'est aussi le quartier d'origine du célèbre romancier Ernest Hemmingway. Sa maison natale a été transformée en musée.

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Le Cloud Gate, une sculpture de 110 tonnes dont la forme ressemble à un haricot, constitue l'un des points d'attraction du Millenium Park.

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Autre point d'attraction de Chicago, le «Magnificent Mile», l'avenue chic de la ville, où les grandes boutiques ont pignon sur rue. À découvrir, la Water Tower, un des rares immeubles à avoir été épargné par le grand incendie, et la Tribune Tower, dont la façade est recouverte de fragments de grands monuments du monde entier (pyramides d'Égypte, mur de Berlin, grande muraille de Chine...) rapportés par des correspondants du Chicago Tribune. La célèbre Billy Goat Tavern se trouve à deux pas de là, sous Michigan Avenue.

Dans la ville de la Prohibition, l'ombre d'Al Capone n'est jamais loin - ironiquement, Chicago est devenue ces dernières années l'une des villes américaines les plus dangereuses, avec 14 morts et quelque 100 blessés par balles, seulement lors du week-end du 4 juillet. Des tours dans le Chicago des années 30, avec guides en costumes d'époque, armes à la main, sont offerts aux curieux. Le fan de Brian de Palma est invité à faire un détour par la gare Union Station pour voir l'escalier de marbre, où le réalisateur de The Untouchables (Les incorruptibles) a tourné en 1987 sa célèbre fusillade avec le carrosse d'enfant, un hommage au Cuirassé Potemkine.

Panorama du Hancock Center

Pendant longtemps le plus haut gratte-ciel au monde, avec ses 442 mètres et 110 étages, la Willis Tower (la Sears Tower à l'origine) monopolise le paysage de Chicago. Depuis 2009, les plus téméraires peuvent se promener, au 103e étage, sur un plancher de verre, coeurs sensibles s'abstenir...

Construite en 1869, la Chicago Water Tower a... (collaboration spéciale Normand Provencher) - image 4.0

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Construite en 1869, la Chicago Water Tower a été épargnée par le grand incendie de 1871. Pour les citoyens, l'édifice symbolise la force qui a permis à la ville de surmonter ce désastre.

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Le John Hancock Center représente une alternative intéressante pour une virée en hauteur. L'édifice noir est facilement reconnaissable avec ses poutrelles d'acier entrecroisées. Montez au 95e étage pour aller prendre un verre au Signature Room, ouvert en 1993. Le chic du chic. Avec des prix à l'avenant. Ce printemps, il en coûtait 80 $ US par personne pour le buffet de la fête des Mères.

Ils sont plusieurs à trouver que le Hancock Center offre la plus belle vue non seulement sur la ville, mais aussi sur la Gold Coast et le lac Michigan. Le panorama en soirée depuis la salle de bains des dames serait quelque chose à voir, dit-on, photos à l'appui...

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Trois choix de sorties

Un restaurant : The Berghoff

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Fondé en 1898 par un immigrant allemand, l'endroit a été premier bar à servir de l'alcool légalement après la fin de la prohibition. Ce vaste restaurant, très couru à l'heure du lunch, offre des plats copieux pour des prix très raisonnables. Un des meilleurs rapports qualité/prix dans le quartier Loop. Au menu : assiettes de viande fumées, saucisses Wiener Schitzel, smoked meat... Un décor qui fait la part belle aux boiseries, vitraux et photographies d'époque. 

17, West Adams Street

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Un musée : le Chicago Art Institute

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Un incontournable. Comptez une bonne demi-journée pour la visite du deuxième plus grand musée d'art américain. Dans cet édifice dont l'entrée est encadrée par deux immenses lions de bronze, le visiteur peut admirer la plus importante collection de toiles impressionnistes et postimpressionnistes à l'extérieur de la France. Des toiles des Manet, Monet, Renoir, Gauguin, Van Gogh, Toulouse-Lautrec, sans oublier le monumental Rues de Paris un jour de pluie, de Gustave Caillebotte. Des Picasso, Magritte, Chagall, Pollock, O'Keefe, Warhol, Bacon, excusez du peu, sont également au menu. Faites un détour pour voir les célèbres Nighthawks, d'Edward Hopper, et American Gothic, de Grant Wood. Juste en face du musée, sur Adams Street, un panneau indique le début de la mythique Route 66, qui s'étend sur 4000 kilomètres jusqu'à Santa Monica, en Californie.

111, South Michigan Avenue

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Un bar : le Buddy Guy's Legend

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Une visite à Chicago ne saurait être complète sans une soirée dans ce temple du blues. Cet endroit tenu par le légendaire Buddy Guy depuis 1989 réserve d'agréables surprises. Vaut mieux arriver tôt afin d'avoir une bonne place pour le spectacle de 22h. Au mur, derrière le bar, de multiples guitares électriques autographiées par quelques musiciens de renom, dont Éric Clapton, qui s'y est produit en 2004.

754, South Wabash Street

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Un stade d'une autre époque

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Construit en 1914, le mythique stade des Cubs de Chicago est le plus ancien des ligues majeures avec le Fenway Park, à Boston.

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Assister à un match des Cubs, au Wrigley Field, est une occasion à ne pas rater pour l'amateur de baseball de passage à Chicago pour la première fois.

Construit en 1914, le mythique stade de quelque 41 000 places est le plus ancien dans les ligues majeures avec le Fenway Park à Boston. Et aussi l'endroit où les billets se vendent le plus cher, 150 $ en moyenne.

Situé dans un quartier Lakeview, surnommé Wrigleyville, dans le nord de la ville, l'endroit porte les traces d'un riche passé. Il donne l'impression de sortir d'une autre époque. Le champ extérieur, couvert de lierres et où se perdent parfois les balles, le tableau indicateur actionné à la main, les gradins supplémentaires installés sur les toits des maisons voisines, sans oublier l'ambiance bon enfant, autant d'éléments qui contribuent à faire d'un match une expérience mémorable.

Billy Goat

Impossible de parler du Wrigley Field sans revenir sur la «malédiction de Billy Goat», jetée par le propriétaire de la Billy Goat Tavern lors de la Série mondiale de 1945. Furieux de s'être fait refuser l'accès au stade avec sa chèvre, sous prétexte que l'odeur de l'animal indisposerait les spectateurs, le propriétaire de l'établissement, Billy Sianis, avait décrété que les Cubs ne gagneraient plus jamais l'honneur suprême du baseball majeur.

La malédiction, que plusieurs partisans ont tenté de conjurer de mille et une façons au fil des décennies, a finalement pris fin en 2016 avec la victoire des Cubs contre les Indians de Cleveland, au terme d'une série palpitante. La disette aura duré 108 ans...

Comme petite douceur d'après-match, on vous recommande d'aller faire un tour à la Billy Goat Tavern (430, North Michigan Avenue). Autant vous prévenir, l'endroit, situé sous l'avenue Michigan, ne paie pas de mine et le menu n'est pas très élaboré - faites comme tout le monde, commandez un «cheeseborger» (fait à la vitesse de l'éclair) avec un chips et un Coke. Les murs de l'établissement sont tapissés de photos et de coupures de journaux relatant la petite histoire des lieux.

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Hot-dog sans ketchup

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À Chicago, il ne faut jamais mettre de ketchup dans son hot-dog, sous peine de se faire lapider.

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Même si Chicago regorge de tables réputées, la ville se démarque aussi par sa façon bien particulière d'apprêter deux fleurons de la cuisine américaine populaire : la pizza et le hot-dog.

L'amateur de pizza à croûte mince risque de subir une attaque d'apoplexie avec la deep-dish pizza qui, comme son nom l'indique, est cuite au four dans un moule de six centimètres de profondeur, pour être ensuite ensevelie sous une épaisse couche de garniture de tomates et de mozzarella.

Assez copieux, on s'entend, alors vaut mieux se mettre à trois ou quatre pour en venir à bout. Et ne pas être trop pressé : la cuisson nécessite un bon trois quarts d'heure. Sachez, voyageur solo, qu'il est pratiquement impossible d'en commander seulement une pointe. C'est tout ou rien.

Les réputés chiens chauds

La Pizzeria Uno (29, East Ohio), fondée dans les années 40, qui se considère comme la «birthplace of deep-dish pizza» et, à une centaine de mètres de là, la Pizzeria Due (619, Wabash).

Chicago est également reconnue pour ses «chiens chauds». Quelque 1800 stands en servent à travers la ville. Une saucisse cuite à la vapeur et servie dans un pain aux graines de pavot, avec des oignons, des rondelles de tomates, de la moutarde, des cornichons au vinaigre, de l'aneth, du sel et l'affaire est ketchup. Eh bien justement non, l'affaire n'est pas ketchup. À Chicago, il ne faut ja-mais en mettre dans son hot-dog sous peine de se faire lapider.

La meilleure adresse, selon notre guide

Portillo's (100, West Ontario, angle Clark), avec son décor kitsch et bric-à-brac où l'on ne sait plus où donner de la tête. On confirme : le chien chaud est succulent, même sans ketchup...

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La ville qui brasse de l'air...

C'est vrai que les vents en provenance du lac Michigan peuvent parfois décoiffer, mais le surnom de «ville des vents» accolé à Chicago ne tire pas son origine d'un phénomène météorologique, mais plutôt d'une rivalité avec New York. En 1893, alors que Chicago était en lice pour organiser l'exposition universelle visant à souligner le 400e anniversaire de l'arrivée de Christophe Colomb sur le continent, une éditorialiste du New York Times qualifia la ville de «windy city», une ville qui ne faisait que brasser de l'air. L'épithète de «windy» (pour vantard) est restée. En bout de ligne, Chicago fut choisie comme ville hôtesse et 27 millions de visiteurs débarquèrent en ville en six mois. Et vlan! pour New York...




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