Charlottesville historique

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Le domaine Monticello, ancienne résidence du président Thomas Jefferson, est classé au patrimoine de l'UNESCO.

La Presse, François Roy

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La Virginie aime la politique. Lors des dernières élections, 66 % de la population y a exprimé son droit de vote (majoritairement en faveur d'Hillary Clinton), alors que le taux de participation n'était que de 54,2 % ailleurs au pays. Son passé y est certainement pour quelque chose : l'État a vu naître cinq présidents américains. Les maisons-musées de trois d'entre eux sont ouvertes au public. Visite.

1. La maison des merveilles : Monticello-Thomas Jefferson

Charlottesville a un héros. Un superhéros, même : Thomas Jefferson, troisième président américain et probablement l'un des plus importants de l'histoire du pays, enfant chéri de la région, et dont on ne manque pas de saluer la moindre réalisation, ici. Un hyperprésident, quoi, 200 ans après sa mort.

Son domaine, Monticello (classé au patrimoine de l'UNESCO), dont il a d'ailleurs dessiné les plans, est l'endroit tout désigné pour découvrir toute la complexité de l'homme. Car Jefferson s'intéressait à tout, ou presque : l'architecture, l'astronomie, la botanique, les langues - il en connaissait au moins sept - la cartographie, la littérature, alouette.

On le devine dès l'entrée de sa demeure, encadrée par une horloge de son cru, marquant le passage des jours de la semaine au gré d'un jeu de poids et leviers; sur son bureau : un dispositif permettant de recopier simultanément tous ses écrits en deux exemplaires; dans le salon : un système de tubulures pour que soient livrées ses bouteilles de vin directement de la cave - c'était aussi un bon vivant qui aimait bien boire, bien manger et beaucoup recevoir - ou dans son jardin, florissant d'espèces qu'il a contribué à améliorer au gré de croisements.

Près de 200 ans après sa mort (1826),... (La Presse, François Roy) - image 2.0

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Près de 200 ans après sa mort (1826), le souvenir de Thomas Jefferson est toujours vif à Charlottesville.

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Mais au fil de la visite, on découvre aussi certains aspects plus controversés de cet homme dit des Lumières, ce défenseur de l'égalité des droits des hommes qui possédait pourtant des dizaines d'esclaves sur sa plantation et aurait eu plusieurs enfants illégitimes avec l'une d'elles après la mort de sa femme. On évoque tout cela dans un tour guidé thématique - inclus dans le prix d'entrée - mené plusieurs fois par jour : à faire.

Thomas Jefferson s'est éteint à 83 ans, chez lui, sans le sou. Il a été enterré sur sa propriété, son épitaphe témoigne de l'ampleur de son legs : «Ici repose Thomas Jefferson, auteur de la déclaration d'indépendance des États-Unis, auteur de la loi sur la liberté religieuse en Virginie, fondateur de l'Université de Virginie.» Et cela n'inclut même pas ses deux mandats à la présidence américaine.

Informations : home.monticello.org

Prévoyez une demi-journée, et un pique-nique s'il fait beau pour profiter du jardin.

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2. La maison mystère : Highland-James Monroe

L'ancienne résidence de James Monroe, 5e président des... (La Presse, François Roy) - image 4.0

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L'ancienne résidence de James Monroe, 5e président des États-Unis.

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Thomas Jefferson avait un illustre voisin : James Monroe, dont la demeure, Highland, a aussi été transformée en musée. Cette dernière est toutefois beaucoup moins opulente que Monticello et les installations muséales y sont moins bien développées : on peut être déçu lorsqu'on visite les deux coup sur coup.

Cette relative modestie s'explique de deux manières : si Monroe admirait Jefferson et son mode de vie, il ne comptait pas sur la même fortune familiale que son mentor et Highland fut presque entièrement réduite en cendres au milieu du XIXe siècle (et rebaptisée à propos, jusqu'à tout récemment, Ashlands).

Les archéologues y font d'ailleurs encore des recherches et viennent de découvrir que l'un des rares bâtiments d'époque n'était pas une aile de la maison principale, mais bien une maison détachée pour les invités. On visite donc une reconstitution de la maison d'origine, chargée d'artefacts ayant appartenus aux Monroe.

James Monroe a vécu 33 ans ici, avec femme et enfants. Il a été élu 5e président américain le 4 décembre 1816. La visite est toutefois moins portée sur la carrière politique de l'homme, que l'homme en soi, sa famille, son mode de vie, ses intérêts. C'est une fenêtre intéressante sur le style de vie des notables de l'époque.

Comptez 1h30 pour la visite. Informations : highland.org

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3. La maison école : Montpelier-James Madison

La résidence de James Madison, 4e président des... (La Presse, François Roy) - image 6.0

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La résidence de James Madison, 4e président des États-Unis

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Quatrième président des États-Unis, James Madison est l'un des pères fondateurs du pays et l'un des principaux auteurs de la Constitution américaine : c'est dire son influence sur la destinée du pays.

Des trois résidences de présidents à visiter près de Charlottesville, celle de Madison est probablement la plus indiquée pour les amateurs de politique américaine : les visites guidées et les expositions y sont très enrichissantes, bien documentées et présentées. Et, fait rare, on a aussi fait une place à Dolly, sa femme, première «première dame» des États-Unis.

Ami proche de Thomas Jefferson, James Madison a conçu une maison qui n'est pas sans rappeler Monticello (où il avait d'ailleurs aussi ses quartiers). C'est en partie de son amour pour la France que viendrait le nom de Montpelier - une mauvaise orthographe de Montpellier, la ville du sud de l'Hexagone. «C'était une expression, pour lui. Faire Montpelier, c'était prendre du bon temps», a expliqué la guide pendant la visite. Comme on en prend en Provence, l'été, à se reposer au soleil, un imaginaire que James Madison aurait voulu recréer ici.

La maison a été parfaitement restaurée et des copies de baraquements d'esclaves ont été construites ce printemps, pour parfaire la visite de ce volet le plus sombre du domaine. Car Madison aussi, bien que militant contre la traite des Noirs, possédait son lot d'esclaves travaillant pour lui sur sa plantation. Le plus célèbre d'entre eux est Paul Jennings, qui a accompagné le président presque tout au long de sa vie,  jusqu'à son dernier souffle, pour être précis. Il écrira plus tard ses mémoires, document précieux sur cette époque : le musée parle abondamment de l'homme. Un autre de ses points forts.

Informations : www.montpelier.org/visit/tours

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Charlottesville, côté plaisirs

Charlottesville est une ville où on mange bien, on boit bien  du café comme du vin  et on passe de doux moments dans le centre-ville piétonnier où l'on aime se promener à la tombée de la nuit d'un pas paresseux. Voici quelques suggestions.

Pour bien manger : C&O

Le restaurant C&O est une institution à Charlottesville, avec plus de 40 années de services appréciés. Il fut l'un des précurseurs, ici, du mouvement de la ferme à la table, et on y retrouve encore un souci de promouvoir les producteurs locaux. Il est divisé en six salles de caractères distincts : plus chic à l'étage, plus rustique au sous-sol. La cour intérieure est la plus agréable.

515, Water Street; www.candorestaurant.com

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Pour se promener : The Mall

Un centre-ville sans voiture? C'est l'idée géniale qu'ont eue les dirigeants de Charlottesville en 1959 pour en dynamiser le coeur, proposant de créer une artère commerciale où seuls les piétons auraient droit de cité. Un choc, en cette époque où l'on découvrait encore tout juste les joies de l'automobile. Mais un franc succès, aujourd'hui, alors qu'une centaine de boutiques, de galeries d'art, bars et restaurants y ont pignon sur rue. Des spectacles gratuits y sont organisés chaque semaine, et on s'y promène nombreux jusque tard le soir, tous les soirs. Charlottesville fait preuve d'une énergie rare pour une ville de si petite taille. Il faut croire que, sans voiture, elle a conservé un coeur plus jeune.

www.downtowncharlottesville.net/about/contact

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Pour bien boire : Mudhouse

Ici, on ne fait pas que du café : on l'achète directement auprès des producteurs choisis pour leurs pratiques environnementales respectables  et rémunérés adéquatement, nous assure-t-on,  et on le torréfie sur place. Bref, on s'y connaît fort bien, et cela paraît dans la tasse. Le local, assez vaste, n'est pas le plus joli, mais l'été on peut s'installer en terrasse jusque tard le soir.

213, Main Street; mudhouse.com




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