Les Rocheuses, un écrin de beauté

  • Le Medicine Lake, à 15 km de Jasper, réputé pour ses variations importantes d'eau. (Collaboration spéciale Normand Provencher)

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    Le Medicine Lake, à 15 km de Jasper, réputé pour ses variations importantes d'eau.

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  • Une famille de mouflons d'Amérique croisée sur les rives du Medicine Lake. (Collaboration spéciale Normand Provencher)

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    Une famille de mouflons d'Amérique croisée sur les rives du Medicine Lake.

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  • En excursion vers le glacier Rae (Collaboration spéciale Normand Provencher)

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    En excursion vers le glacier Rae

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  • Une chèvre de montagnes et son petit, photographiés depuis le Glacier Skywalk. (Collaboration spéciale Normand Provencher)

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    Une chèvre de montagnes et son petit, photographiés depuis le Glacier Skywalk.

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  • Spirit Island, à l'extrémité méridionale de Maligne Lake, le point d'orgue de l'excursion en bateau sur le plus grand plan d'eau des Rocheuses. (Collaboration spéciale Normand Provencher)

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    Spirit Island, à l'extrémité méridionale de Maligne Lake, le point d'orgue de l'excursion en bateau sur le plus grand plan d'eau des Rocheuses.

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  • Le Glacier Skywalk, qui permet de jouir d'une vue spectaculaire sur la vallée de Sunwapta, 280m plus bas. (Collaboration spéciale Normand Provencher)

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    Le Glacier Skywalk, qui permet de jouir d'une vue spectaculaire sur la vallée de Sunwapta, 280m plus bas.

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  • Le Bow Lake (Collaboration spéciale Normand Provencher)

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    Le Bow Lake

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  • Un chien de prairies à Canmore (Collaboration spéciale Normand Provencher)

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    Un chien de prairies à Canmore

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Un voyage dans les Rocheuses canadiennes constitue un moment privilégié pour faire le plein de paysages grandioses, dans une nature sauvage propice à plusieurs randonnées. Compte-rendu d'un séjour entre Calgary et Jasper.

Lors des deux référendums sur la souveraineté du Québec, les partisans du Non étaient nombreux à confesser, en guise d'explication pour leur vote, ne pas vouloir perdre «leurs» Rocheuses. Blague ou pas, toujours est-il que leur fierté nationale semblait reposer en grande partie sur l'amour inconditionnel qu'il portait à ce joyau naturel de l'Ouest canadien.

La beauté des paysages de ce coin de pays influence-t-elle, inconsciemment ou non, les choix politiques de l'électeur québécois? On laisse aux analystes le soin de pousser plus loin la réflexion, après tout, les voyages n'ont pas été inventés pour se casser la tête...

Histoire d'éviter les redondances, épuisons tout de suite les superlatifs au sujet des Rocheuses canadiennes. Fabuleux, extraordinaire, grandiose, merveilleux, fantastique, sans oublier incroyable et tellement cool, tous s'appliquent pour qualifier ce mariage unique de massifs rocheux, de lacs, de rivières et de glaciers qui se dévoilent à chaque détour de la route entre Calgary et Jasper.

Bon an mal an, ils sont des millions de touristes à explorer l'endroit. En haute saison, c'est carrément l'invasion. À Banff, l'été dernier, la circulation était très lourde. Selon la mairesse de l'endroit, le patelin a dépassé sa capacité de près de 25 000 véhicules pendant 80 % du temps en juillet et en août.

On imagine le casse-tête pour l'été qui vient, avec l'achalandage monstre attendu à la suite de la décision d'instaurer la gratuité dans les parcs nationaux pour les fêtes du 150e anniversaire de la confédération, la faiblesse du dollar canadien et la décision de certains de boycotter le pays de Donald Trump. Chaud devant...

Canmore et les Three Sisters

Après avoir quitté Calgary, c'est avec bonheur que le conducteur verra se détacher au loin ses premières montagnes, sur l'ancienne autoroute 93, rebaptisée la Promenade des glaciers. L'une des plus belles voies panoramiques au monde a également été surnommée «la route dans les nuages» par les ouvriers qui ont participé à sa construction pendant la Crise de 1929.

Un arrêt à Canmore, une ancienne petite ville minière, permet de se dégourdir les jambes. Vous pourrez casser la croûte sur Main Street en admirant les montagnes Three Sisters qui dominent la région. Profitez-en pour faire une visite au Canmore Hotel (baptisé «The Ho») le plus ancien établissement du genre en activité en Alberta.

Pour les parents qui veulent montrer à leur marmaille leurs premières bestioles des Rocheuses, le rendez-vous est fixé sur le terrain du McDonald's, où de nombreux chiens de prairies, pas farouches pour deux sous, ont creusé leurs terriers. 

De l'autre côté de l'autoroute, une petite randonnée en suivant le lit de la rivière Cougar (Cougar Creek) vous donnera l'ampleur de l'inondation qui a frappé la région en juin 2013, et entraîné 1200 évacuations. Pour atténuer les impacts d'une autre montée subite des eaux, un immense filet de métal a été installé afin de retenir arbres, roches et sédiments qui sont charriés par la rivière.

Ascension du mont Tunnel

Une trentaine de kilomètres plus loin, à Banff, la rivière Bow et le fameux Banff Spring Hôtel - à l'époque de sa construction en 1888, le plus grand au monde - s'imposent comme des arrêts obligés. Il fait bon se promener le long de ce cours d'eau et aux abords de l'établissement, qui ont vu défiler nombre de personnalités. Marylin Monroe, pour n'en nommer qu'une, y a tourné River of No Return au début des années 50.

Pour avoir une vue panoramique de la région, allez savourer un lunch au sommet du mont Tunnel. Malgré ses 1692 mètres, l'ascension ne fera pas damner le néophyte. Sachez, question de piquer votre orgueil, qu'une résidente de Banff, Anne Ness, l'a monté plus de 8000 fois en 40 ans, parfois même deux fois par jour, son exploit équivalant à plus de 275 escalades du mont Everest. Toujours essoufflé?

Louise, Maligne et Medicine Lake

Les Rocheuses, ce sont aussi des lacs, beaucoup de lacs, tous plus beaux les uns que les autres, qui se retrouvent sur tant de calendriers. Par où commencer? Le lac Louise, le plus connu. C'est vrai qu'il est majestueux. Mais hélas, très couru par les touristes...

Comme plusieurs autres plans d'eau, sa couleur particulière est causée par la «farine de roche», des particules de roche pulvérisées par les glaciers et qui diffusent les composantes bleu vert de la lumière.

Le Château Fairmont Lake Louise, capable d'accommoder 2000 clients, veille sur ce plan d'eau long de deux kilomètres. L'envie vous prend d'aller faire un tour de canot? Ce n'est pas donné : 95 $ de l'heure.

Ne ratez pas le lac Maligne, le plus grand des Rocheuses, entouré de pics enneigés. Une agréable excursion en bateau (65 $ par personne) vous permet de gagner un endroit où, le temps d'un quart d'heure, le guide vous permettra de mettre pied à terre pour tirer des clichés d'anthologie de Spirit Island.

Un dernier pour la route? Medicine Lake, à 15 km de Jasper, réputé pour ses variations importantes d'eau. Presque à sec l'hiver et profond d'une vingtaine de mètres seulement l'été. Ses eaux s'échappent à travers une série de galeries et de cavités souterraines.

Le paysage du secteur porte encore les stigmates d'un incendie de forêt déclenché par la foudre, en juillet 2015. Avec un peu de chance, votre route croisera celle d'une famille de mouflons d'Amérique, que vous pourrez presque toucher tellement ils ne craignent pas les humains.

Et si, pour votre plus grand malheur, vous n'avez croisé aucun animal et que votre séjour achève, voici un tuyau. À Jasper, l'été dernier, quelques wapitis étaient toujours fidèles au rendez-vous en fin de journée, sur la route menant à Hinton, près du lac Talbot. Profitez-en pour transmettre nos salutations à l'ami Ti-Brun...

L'ours qui a vu l'homme

Un ours noir croisé à l'entrée du parc... (Collaboration spéciale Normand Provencher) - image 3.0

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Un ours noir croisé à l'entrée du parc national Jasper.

Collaboration spéciale Normand Provencher

Leonardo Di Caprio qui passe un mauvais quart d'heure entre les griffes d'un grizzly dans Le revenant, ça vous dit quelque chose? Si vous n'avez pas vu le film, ce serait préférable d'attendre votre retour des Rocheuses pour ne pas voir votre imagination s'emballer lors d'une sortie en forêt.

On a beau se dire que ce n'est que du cinéma, n'empêche que cette scène-choc a de quoi vous inspirer quelques appréhensions au début d'une excursion, surtout lorsque celle-ci se déroule dans la région même (Kananaskis) où a été tourné le long-métrage d'Alexandre Inarritu.

Les attaques de grizzlys et d'ours noirs sont rares dans les Rocheuses. Les bêtes fuient l'homme autant que celui-ci cherche à le faire, mais le danger existe, surtout si vous avez la malchance de croiser un ourson. L'équation est simple: ourson = maman ours pas loin = sauve qui peut exposant 10. 

Au Delta Lodge Hotel de Kananaskis, le guide est formel: pas question de s'aventurer en forêt sans avoir sur soi un répulsif à ours (bear spray). Lui-même dit ne jamais sortir en forêt sans cette arme, l'ultime recours pour faire fuir une bête trop agressive. Entre temps, sur votre sentier, il est recommandé d'installer une clochette sur votre pack-sac et de ne pas se gêner pour parler haut et fort afin d'indiquer sa présence. C'est lorsqu'il est surpris que l'ours ou le grizzly a le plus de risques de se montrer dangereux.

Si l'animal décide de charger, il faut dégainer la bonbonne et viser les yeux de l'animal. Si, par malheur, le vent souffle dans votre direction, c'est vous qui risquez d'être aveuglé, bonjour les ennuis. Vous restera la solution de dernier recours: faire le mort comme Leonardo, en souhaitant que la bête réalise d'elle-même que manger de l'humain, finalement, ce n'est pas si bon que ça...

Sur le glacier Columbia

Les touristes doivent monter à bord d'un imposant... (Collaboration spéciale Normand Provencher) - image 5.0

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Les touristes doivent monter à bord d'un imposant véhicule pour avoir accès au glacier Athabasca.

Collaboration spéciale Normand Provencher

Rouler des jours sur le Icefields Parkway sans avoir la chance de mettre le pied sur un glacier serait un voyage forcément incomplet. Le Columbia Icefield, le plus grand champ de glace des Rocheuses, également l'un des plus vieux (10 000 ans), à mi-chemin entre Lake Louise et Jasper, vous en offre la chance.

Le point de départ de la visite pour le glacier Athabasca se trouve de l'autre côté de la route, au centre du Champ-de-Glace, construit en 1996. Le Snowcoach, un immense autocar des neiges aux pneus surdimensionnés, conduit les touristes jusqu'au flanc du glacier en une vingtaine de minutes.

À longueur de journée, l'endroit vit au rythme des allées et venues de ces mastodontes. Le guide vous laissera là-haut une bonne demi-heure afin de vous permettre d'explorer le glacier, situé à 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer.

L'endroit est strictement délimité afin d'éviter que des voyageurs audacieux ne s'aventurent trop loin et disparaissent dans l'une des nombreuses crevasses, certaines profondes de 30 mètres. Des petits groupes sont organisés avec un guide expérimenté pour pousser l'exploration à pied.

En raison de la température assez fraîche, il est recommandé de vous munir d'un bon manteau et d'une bonne paire de souliers de marche. Il est assez sidérant d'apprendre que le glacier recouvrait au milieu du XIXe siècle l'endroit où se trouve aujourd'hui l'immense stationnement. Entre 1870 et aujourd'hui, la masse de glace a perdu plus des deux tiers de son volume et la moitié de sa superficie. Inquiétant.

La visite (49 $) comprend également un crochet vers le Glacier Skywalk, une plateforme semi-circulaire au plancher translucide - attention au vertige - qui surplombe la Sunwapta Valley, 280 mètres plus bas. Ouvrez l'oeil et le bon, avec un peu de chance, vous pourriez apercevoir dans la falaise une chèvre de montagne et ses petits. Si c'est le cas, vous ne regretterez pas d'avoir apporté vos jumelles.

Trois coins de nature

Un lac

Le lac Peyto, l'un des plus courus des... (Collaboration spéciale Normand Provencher) - image 7.0

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Le lac Peyto, l'un des plus courus des Rocheuses.

Collaboration spéciale Normand Provencher

Entre Banff et Jasper, le lac Peyto (prononcez Pi-To) tire sa renommée de la couleur bleue métallique de ses eaux et de sa forme rappelant celle d'un chien. L'endroit est facilement accessible, après une marche d'une dizaine de minutes, par un sentier menant à un belvédère qui domine le lac et le mont Mistaya. Pour la petite histoire, le lac tire son nom d'un célèbre guide, William «Wild Bill» Peyto, mort en 1943, célèbre pour ses pantalons de daim à franges et son fusil qu'il portait sur le côté.

Une montagne

Vue de Jasper depuis le mont Whistler... (Collaboration spéciale Normand Provencher) - image 8.0

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Vue de Jasper depuis le mont Whistler

Collaboration spéciale Normand Provencher

Impossible de faire un arrêt à Jasper sans monter au sommet du mont Whistler qui, avec ses 2463 mètres d'altitude, offre une vue imprenable sur les vallées fluviales de l'Athabasca et du Miette. Les plus courageux emprunteront un sentier de 8 km menant jusqu'au sommet; les autres, soit la grande majorité, préfèreront monter à bord du téléphérique (le Jasper Skytram). Sept minutes d'ascension et vous voilà sur une plateforme d'observation qui héberge un petit café. On vous recommande de vous éloigner de la foule, direction ouest, pour aller tomber dans la lune dans un silence absolu. Le panorama invite au recueillement. Le seul bruit risque d'être celui d'une marmotte, dont le sifflement (whistle) a donné son nom à la montagne.

Une rivière 

Les spectaculaires chutes Athabasca... (Collaboration spéciale Normand Provencher) - image 9.0

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Les spectaculaires chutes Athabasca

Collaboration spéciale Normand Provencher

La rivière Athabasca, qui coule dans le parc national Jasper, fait le lien entre l'eau douce gelée des champs de glace Columbia et l'eau salée de l'Arctique. Ses chutes spectaculaires valent le détour. Ici, le rugissement des eaux, toujours abondantes, est assourdissant. L'érosion a sculpté dans le roc un décor impressionnant. Avis aux téméraires, si vous quittez les sentiers, c'est à vos risques et périls. Les roches, couvertes de vapeur d'eau, sont extrêmement glissantes. Une fausse manoeuvre et c'est la noyade quasi certaine, comme il s'en produit à l'occasion. La famille d'un homme, mort à 24 ans, en 2012, a d'ailleurs fait installer une plaque commémorative rappelant le tragique événement.




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